Interview Die x Shinya Spice

Dir en grey a sorti une nouvelle chanson conceptuelle de plus de 10mn, leur 30ème single « The world of mercy ». Que signifie cette chanson pour un groupe avec une telle carrière? Je suis allé demander à Die (Gt) et Shinya (Dr).

-« The world of mercy » est le 30ème single, avez-vous réalisé le long chemin parcouru?

Die: Eh bien, je pense que nous avons sorti beaucoup de singles. Quand je repense aux premiers singles, la qualité sonore était différente mais les fondamentaux du groupe n’ont pas changé. Ça inclut aussi la partie émotionnelle…. « Akuro no oka », « Zan » ou « Yurameki » c’est bizarre de les inclure ici mais je sens que la racine d’origine n’a pas changé.

-Même si l’image sonore a évolué, dans le cas de ce groupe, le noyau et la saveur n’ont pas été perdus. C’est aussi le cas de la mélodie ressentie à la racine.

Die: Tout à fait. Ça fait 20 ans depuis la sortie des singles de nos débuts en 99. Comme The world of mercy dure 10 minutes, c’est comme si nous avions sorti 3 singles (single de longueur normale). Ça me rappelle quand nous avions sorti 3 singles simultanément à nos débuts. C’est marrant de se dire que les éléments de type ballade, pop et hard core de cette époque ont été rassemblés en une seule chanson.

-Je vois!… C’est un résumé de cette interview (rire).

Die: Hahaha, j’aurais dû le dire à la fin (rire).

-C’est pas grave (rire)

Shinya: J’ai réalisé que c’était le 30ème single quand on me l’a dit pour une interview, donc bien sûr je ne l’ai pas fait en étant conscient de ça mais, maintenant que vous en parlez, je pense que c’est une chanson qui contient une étape importante de Dir en grey.

-Donc je pense qu’une des choses les plus importantes quand le groupe sort un single est naturellement l’impact, comment avez-vous crée The world of mercy?

Die: Jusqu’à présent, même à nos débuts on avait des chansons rapides comme « Zan », des chansons comme « Agitated scream of maggots ». Ensuite ces deux singles « Utafumi » et « Ningen wo kaburu » sont des chansons compactes de 3 minutes, donc le prochain single serait aussi compact… nous avons surmonté les obstacles et réfléchi à ce qu’il fallait faire, incluant l’impact. En faisant ça Kyo a proposé l’idée de faire un single avec une longue chanson de 10 minutes et nous avons commencé à créer en se basant sur ça.

-Je vois. Mais une chanson de 10mn c’est toujours « votre style » n’est-ce pas. Ce ne serait pas réaliste pour Dir en grey de faire une chanson pop pour un single.

Die: Ah… eh bien, ça serait aussi intéressant (rire). Au contraire, quel genre de chose pouvons nous faire maintenant? L’accord majeur serait aussi nouveau.

-Ah bon. J’aimerais écouter même si ça ne sort pas.

Die: Hahaha. Nous avons aussi travaillé sur la production pendant la tournée de printemps. Comme nous baignions constamment dans le son en live, même après avoir quitté la scène et s’être mit à composer il restait une sensation naturelle, une sensation de groupe. Est-ce que le son qui résonne pénètre le corps? Je pense que cette sensation de groupe a eu un bon effet pour la composition de ce single. Personnellement je voulais être conscient du groove, où je dois être dans le groupe, pendant que je jouais les lives je voulais devenir quelque chose de plus réel comme un souffle humain. L’enregistrement est plus pratique maintenant. Si j’enregistre une phrase et que je la connecte, ça sera joli mais je veux continuer de jouer. Je peux faire des erreurs en chemin mais je voulais enregistrer de cette façon. Ça a servi comme partie émotionnelle.

-Il semble que ça a prit plus de 6 mois à produire, quelles sont les raisons?

Shinya: Nous avons déjà fait des longues chansons mais elles étaient construites avec beaucoup de développements, cette fois ça suit The insulated world, c’est une longue chanson avec un style différent…. c’était difficile parce que c’était une nouvelle expérience. Et puis ce sont deux chansons originales qui sont devenues une chanson donc ça a prit du temps à faire.

-Dans le passé il y avait « Vinushka » et « Diabolos » comme longues chansons, mais elle est différente de celles-ci.

Die: Naturellement nous avons composé en faisant en sorte qu’il n’y ait pas la même image. C’était compliqué de trouver un compromis pour aller plus loin mais comme tout le monde travaillait avec cette image, le chant est devenu le point central. Changer le back pour faire du chant la base… Les accords ont été déterminés par le chant, tout le monde a soigneusement organisé les accords qui avaient été joués et la chanson progressait comme ça. A la fin il y a un chœur qui ressemble à une chorale donc si on fait une note le nombre de sons augmente. Il y a aussi un calcul précis pour créer un espace entre le chant et la mélodie afin que les sons ne se heurtent pas. L’intro commence avec le chant donc, d’une certaine manière, je pense que c’est une chanson construite autour du chant.

-Qu’en est-il de votre partie Shinya?

Shinya: En gros je l’ai volontairement fait rapidement. J’ai essayé de faire des phrases qui ne soient pas trop en désordre et qui donnent une impression de groove pendant les lives. J’en ai un peu parlé tout à l’heure mais les deux chansons avaient une atmosphère différente et quand elles sont devenues une chanson, elle avait presque la même forme que maintenant.

-Au fait, qui a composé chacune des chansons?

Shinya: C’est Kaoru et moi.

-Ah! Vous avez composé, c’est important ce que vous dites ici!

Die: Hahaha! [Oui Die? un commentaire?]

Shinya: Non (rire). Cependant, j’ai joué comme ça (avec l’importance du groove) mais ça n’avait pas de lien avec le fait que j’avais composé. J’ai eu conscience de cette façon de jouer quand j’ai tout redécouvert avec la forme actuelle.

-Le single précédent « Ningen wo kaburu » avait une phrase avec un fill en continu mais c’est joué d’une façon différente.

Shinya: Oui. A l’époque de « Ningen wo kaburu » c’était très compliqué mais j’ai l’impression d’avoir passé le style de The insulated world et maintenant j’en suis là.

Die: Mais c’est quand même pas facile une chanson de 10 minutes. Je pense que ça demande beaucoup plus d’efforts qu’une autre chanson. [Je crois qu’on a compris XD]

-Le résultat fait qu’on atteint l’apogée plusieurs fois et c’est ce qui retient l’auditeur donc c’est une composition superbe. Chaque section a un lien entre le son, le chant et les paroles, je pense que c’est la forme dans laquelle les pensées / sentiments de chaque membre se sont regroupées.

Die: C’est magnifique ce que vous dites (rire)

-C’est vrai! (rire). Pendant la production, aviez-vous planifié une construction dramatique pour les solos de guitare?

Die: Aah… est-ce que j’ai joué un solo de guitare récemment?

-« Aka » dans « The insulated world » ou « Uroko » dans l’album précédent « Arche », c’est un solo harmonieux en twin lead?

Die: Oui oui. Avec ce genre de longue chanson on a tendance à imaginer un groupe de metal progressiste non? C’était aussi le cas avec « The insulated world » mais récemment on a supprimé le style metal, peut-être qu’il persiste. De toute façon quand on ajoute un solo de guitare on se dit « ah, c’est vrai ».

-Vous ne vouliez pas que ça ressemble à du metal.

Die: Non. On veut éviter qu’il y ait un style. Par exemple, « Dum spiro spero » était composé d’une beauté de construction [pardon, c’est pas très français mais je sais pas comment le dire] mais même si c’est 10 minutes, je bombarde de riffs et je me préoccupe particulièrement de la guitare qui crée l’atmosphère. Je pense que ça c’est du Dir en grey. C’est ça, nos longues chansons.

-Je vois. D’autre part, la chanson en elle même évoluera d’une manière drastique.

Shinya: Eh bien, je suis doué pour le changement de rythme.

Die: Le tempo aussi change en plein milieu?

Shinya: Oui.

Die: A l’endroit où le bang se prolonge le rythme du métronome change, ça a l’air difficile à suivre. Sur 10 minutes, il faut se rappeler tous les détails pour le live non?

Shinya: Oui….. (rire) [Cherche pas Die, y’a que toi qui te plaint]

-Aussi, il y a le refrain après l’accélération du tempo, dans le cas de Dir en grey, il y a beaucoup de choses qui ont un haut degré de difficulté pendant les performances live.

Die: Mais oui! Mais cette fois je sens qu’il y a un bon feeling.

Shinya: Eh bien, ce n’est pas que cette chanson mais je ne la fais pas pour les lives…..

Die: Tu la fais dans ton cœur / âme?

Shinya: Oui, dans mon cœur / âme (rire). Mais je participe activement à l’enregistrement.

Die: S’il n’y a pas la voix de Shinya, il n’y aurait pas assez de sons graves.

-Vous parlez de la death voice?

Die: Oui.

Shinya: Non (rire), ce n’est pas la death voice.

-Ah? C’est quelque chose de différent?

Die: C’est un homme de l’ombre. Avec la voix la plus profonde……. n’est-ce pas?

Shinya: Oui, c’est ça. c’est exactement ça.

-(rire) Le premier single de la dernière période « Utafumi » a fini dans The insulated world, je me demande si la tension de cette chanson n’a pas quelque part prédit l’album.

Die: Aah, oui oui. Si on pense ça… est-ce que le prochain album sera épique? (rire) Mais, si ça se produit…..

-Il contiendrait 6 chansons?

Die: Hahaha! Mais ça serait intéressant. En fait, c’est lors de la prochaine tournée qu’on ressentira quel genre de chanson sera souhaité pour l’album. Comme je l’ai dit avant, je veux plus de groove. Je ne veux pas simplifier les choses en les réduisant mais je veux exprimer davantage avec le groupe ce que font les humains comme ressentir la respiration, la peau de tout le monde. Même en live je voudrais pouvoir faire les choses librement, comme dans le passé quand on courait ensemble en plein milieu d’une chanson…. c’est ce que j’aimerais faire maintenant. [qu’il est nostalgique ce garçon]

-Des choses qui ne soient pas trop carrées.

Die: Oui. Le métronome est la première raison parce qu’on doit être synchro avec la performance live. Mais si on ne s’occupe que de ça, au fil de la tournée on en abuserait, en quelque sorte. Si vous êtes à l’aise avec le métronome et la synchronisation et que vous faites juste le live simplement, honnêtement vous pouvez continuer sans problème. Mais si vous jouez normalement c’est déjà faux. Je pense qu’il ne faut pas s’y habituer. Naturellement c’est important pour nous de se diriger mais je veux faire les lives en priorisant le groupe tout en en faisant bon usage [du métronome].

-Vous aussi vous vous dirigez vers cette impression de vrai groupe Shinya?

Shinya: Oui, ces derniers temps je me dirige vers ça.

-Est-ce que ça se reflète dans la composition des chansons?

Shinya: Non, pendant la composition je ne me préoccupe de rien, je compose juste normalement. Quand j’ai fini on assemble le son de tout le monde, on fait l’arrangement et là on pense au groove qui est encore plat.

-Et donc, au stade de la composition….

Shinya: Il n’y a rien.

-D’accord (rire). Parlons de la version acoustique de « Dozing green ». C’est un bon arrangement, le développement rythmique de l’interlude contient un air frais / naturel.

Die: L’idée de base était d’essayer de la faire en acoustique tout en gardant les riffs de la chanson originale. Ensuite j’utilise un accord que j’apprécie personnellement et le remplace par un « tension chord ». A l’opposé de la chanson titre, j’ai crée la forme en 1 jour en jouant de la guitare acoustique chez moi.

Shinya: Pour la batterie, je l’aie enregistrée en partant du principe que je la jouerai en live, je l’ai fait avec un set de base. Quand l’arrangement de Die a été présenté ça avait presque cette forme et le son de la batterie a été peaufiné.

Die: Tu as pu le faire correctement?

Shinya: J’ai tout de suite compris juste en entendant ce que ça donnait.

Die: Tu cherche le son qui convient le mieux.

Shinya: Dès que j’ai eu une direction claire c’était fluide.

-Ça me donne envie de voir le set unplugged du Yokohama pacifico (2007) avec la forme actuelle de Dir en grey.

Die: Vous avez bonne mémoire (rire). Bien sûr on la jouera en live, mais l’acoustique d’un son live, prendre le rythme, [et j’ai pas bien compris la suite, un truc du style « capturer l’écart / l’espace et le son ça devient très difficile »]

Shinya: Je suis pour les chansons acoustiques en live mais je pense que ça serait mieux un live fait uniquement de ça.

-Ooh, est-ce que quelque chose est prévu?

Shinya: (sourire)

Die: On n’a jamais fait de live composé uniquement d’acoustique. Si on le fait le groupe pourra se developper, je suis d’accord avec ça. Mais je pense qu’il nous faudra une semaine en camps d’entrainement (rire). Eh bien, en 22 ans on n’a jamais eu ce genre de live. C’est amusant de faire des choses qu’on n’a jamais faites, si tout le monde est motivé ça pourrait se faire.

-Je suis impatient. Quand vous écoutez les chansons composées par les autres membres, pouvez-vous voir la couleur de chacun?

Die: Eh bien…… en ce qui concerne Shinya, c’est étincelant [ça essaye de pécho!]. Il y a des parties qui étincellent joliment, je les reconnais de suite. Pour Kaoru, ça me fait penser qu’il a beaucoup réfléchi, comment dire….. c’est facile d’élargir l’image à partir de là. C’est une chanson qui élargi ma toile.

– C’est une chanson qui stimule l’imagination.

Die: Oui, de là c’est facile de voir comment les choses sont connectées et sont liées avec la chanson. Si c’était moi qui avait composé je me demande s’il y aurait eu autant de connexions (rire). Il y a une partie que j’ai calculée moi même, et ça ne va pas si ce n’est pas comme ça. Beaucoup d’accords et sons ont été décidés au début.

Shinya: Cette chanson de Die a des accords impressionnants, on peut clairement voir qu’on a une bonne mélodie quand il n’y a plus de mélodie. Quand j’écoute la chanson de Kaoru je me dis « aah, on prend ce chemin pour la suite »…. c’est sa nouvelle tendance. Je comprends en écoutant.

-Ça donne un indice rapide sur le genre de chanson qui sortira la prochaine fois.

Die: Oui, c’est pourquoi il y a un bon feeling actuellement. Plutôt que de viser quelque chose en particulier, j’ai pensé que c’était mieux de faire les choses naturellement. Quand on fait l’arrangement avec le groupe, c’est bien si on peut le faire en pensant au groove. C’est pourquoi, le fait que Shinya ajoute quelque chose d’étincelant apporte un vent nouveau au groupe.

-La tournée nationale qui débute en septembre sera t-elle sous la forme de ce single?

Die: Oui. Comme il y aura des longues chansons ce ne sera pas uniquement un live dynamique, puis il y aura des chansons de « The insulated world » qui n’ont pas encore été jouées en live, cette fois toutes les chansons seront jouées. L’atmosphère changera radicalement par rapport à la tournée précédente. Les chansons longues nécessiteront plus de concentration de la part des membres. Le métronome sera nécessaire. Ensuite le groupe changera à nouveau et je voudrais qu’on dise « je peux le faire même sans le métronome ».

-Il s’agit de savoir comment s’équilibrer soi-même, n’est-ce pas.

Shinya: C’est une longue chanson qui ne fait pas partie de « The insulated world » donc c’est deux longues chansons qui sont intégrées, ce n’est pas juste de l’énergie, quelque chose comme…… une bonne ambiance….

Die: « une bonne ambiance » (rire)

Shinya: (rire)….. je me demande si ça sera comme ça. J’aime écouter ce genre de chansons, mais les jouer en live c’est très fatiguant.

Die: Ça serait bien d’expérimenter les deux. En décidant de travailler dur tu veux ressentir la fatigue physique du genre « je l’ai fait! ». Si c’est seulement ton esprit qui est fatigué tu te sentira très seul. Tu te demande ce que t’étais en train de faire.

-En plus de ça cette fois il y a une tournée à grande échelle incluant l’Amérique, le Mexique et l’Europe.

-Die: Oui… mais pour Okinawa, en fait la première fois qu’on y a fait un live c’était il y a deux ans. Avant ça j’y étais allé qu’une fois pour un voyage pour le fanclub en 98. On se croirait à l’étranger. Eh bien, c’est Okinawa donc le live aura une bonne ambiance, c’est quelque chose qui ne change pas (rire).

Shinya: Comme c’est rare je pense que je vais aller visiter.

Die: Hein? Mais on y est allé la dernière fois.

Shinya: On y est allé… on était au patrimoine mondial?

Die: Aah, ça ressemble à un « power spot ». Ensuite pour l’outre mer c’est éprouvant, surtout le transport. C’est vraiment comme si on voyageait du matin au soir, sauf pour les lives.

-Pour le transport vous utilisez le bus de tournée et l’avion?

Die: Pour l’Amérique et l’Europe c’est le bus de tournée. Donc quand le live est fini et qu’on retourne dans le bus devant la salle, on peut dormir immédiatement. Quand je me réveille je suis dans un autre pays, mais si je me réveille tard, le staff et les membres sont partis et tout le monde est déjà dans la salle de concert.

-Hahaha, personne ne vous réveille (rire)

Die: Non. Si je ne peux pas les joindre par téléphone je ne peux pas y aller seul. Et je ne sais pas où est l’entrée de derrière pour les membres. Donc si je descend du bus et que je vais là où le staff entre et sort, les fans devant la salle me disent « Non, Die! C’est pas là, c’est ici! ».

-Hahahaha [Zéro compassion XD]

Die: Je leur dis « aah, merci » (rire) Si par erreur je me réveille vers 15h, il n’y a personne dans le bus. Je me dis « je suis où? ». [L’angoisse mon dieu O_O]

-Shinya, vous ne l’appelez pas?

Shinya: Eh bien…. (rire) [Ça lui fait des vacances, il va pas tout gâcher]

Die: Tu as une connexion internet dans la salle?

Shinya: Oui (rire) L’outre mer c’est fatiguant mais le transport est plus simple qu’au japon.

-Aah, parce que vous faites tout en bus.

Shinya: C’est ça. On n’a pas besoin d’aller d’une gare à l’autre.

Die: Ouais. On s’est habitués à certaines choses depuis qu’on a commencé les tournées à l’étranger il y a une dizaine d’années. Comme ne pas s’énerver pour des petites choses (rire). Parce que ça ne résout rien.

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Pfiou! Elle était longue celle là! Mais hyper intéressante! C’est toujours compliqué à traduire quand ils utilisent des images ou métaphores pour décrire la musique, mais j’espère que ça allait! Et j’adore quand ils racontent des anecdotes de tournée haha!

Interview Shinya livret TWOM

-Tout d’abord pouvez-vous nous dire comment The world of mercy a été achevé?

Shinya: Ça a prit un certain temps à produire donc à la fin c’était comme « on l’a fait! ».

-Quand avez-vous commencé la composition?

Shinya: Ça a commencé en février, en plein milieu il y a eu la tournée The insulated world et ça a encore changé en fonction de ça. On a travaillé dessus jusqu’à récemment. (interview faite en juillet).

-Elle a cette forme maintenant mais on dirait que c’est un genre de chanson qui change avec les lives et le temps.

Shinya: En effet. Je pense que c’est une chanson qui peut changer.

-Quelle est l’origine de cette chanson?

Shinya: Il y avait une sélection de chansons et 2 sont restées et ont été combinées.

-Y avait-il une raison de combiner deux chansons au lieu d’en utiliser qu’une?

Shinya: A la base nous voulions que le prochain single soit une longue chanson. Ensuite Kaoru a relié deux chansons et a fait l’arrangement.

-Le thème était de faire un long single.

Shinya: Oui. c’était avant la tournée.

-D’où vous est venu cette idée?

Shinya: Dans l’album précédent il y a beaucoup de chansons courtes et speed donc nous avons sorti quelque chose de différent.

-Comment c’était pour vous personnellement? Après l’album précédent, vous êtes vous dit que vous vouliez faire une longue chanson?

Shinya: Oui. Je me suis dis que je voulais faire quelque chose de différent.

-A quoi étiez-vous confronté sur cette chanson?

Shinya: Faire un arrangement simple sans déformer.

– C’est simple mais « l’expression du son lui-même » brille. La basse profonde avec le tempo moyen au début se démarque particulièrement. Qu’en pensez-vous?

Shinya: On a fait le son en une fois pendant l’enregistrement. Je pense au tuning des phrases. Ça n’a pas prit beaucoup de temps, c’était fait à l’instinct.

-A partir du milieu ça devient rapide. c’est un développement dramatique.

Shinya: Le tempo change donc la sensation change aussi. Il y a eu des essais et des erreurs jusqu’à ce que ce soit fluide.

– Dir en grey a déjà crée des longues chansons mais cette fois c’est différent des longues chansons complexes, je trouve qu’elle a été créée de manière à ce qu’on puisse voir le contour de chaque son. Qu’en est-il?

Shinya: Ces dernières années nous essayons de ne pas faire de choses complexes. Concernant les phrases de cette chanson, nous les avons faites aussi simples que possible.

-Y a t-il quelque chose que vous pouviez voir en le faisant simplement?

Shinya: Pendant les lives on peut ressentir le groove avec les autres instruments. Ça fait vraiment « groupe ».

-Ça fait plaisir d’entendre « ça fait vraiment groupe » d’une personne qui fait partie d’un groupe depuis 20 ans. Vous pouvez ressentir un nouveau plaisir / intérêt avec le groupe?

Shinya: Ah, oui. Avant les phrases étaient complexes donc je ne les jouais que dans mon propre monde. Comme les autres instruments s’assemblent avec la batterie je jouais de toutes mes forces. Maintenant je joue en profitant des lives. J’écoutes bien le son de tout le monde et je m’assemble avec. Tous les membres font ça maintenant.

-Ensuite, la deuxième chanson est la version acoustique de Dozing green. De quelle manière avez-vous fait l’arrangement?

Shinya: Si je ne me trompe pas on avait dit qu’on ferait Dozing green en coupling pendant la tournée, Die a probablement crée la base et a fait l’arrangement en fonction.

-Dans le cas de l’acoustique, on peut sentir la tendance récente de Dir en grey pour des choses « simples » ou « coupées ». Qu’en pensez-vous?

Shinya: Ça devient vraiment beaucoup plus compact pendant l’arrangement.

-Sans parler de la mélodie, The world of mercy dure plus de 10mn, Dozing green à peu près 3mn, on dirait deux chansons opposées mais leur point commun est d’avoir été « coupées ».

Shinya: C’est exact.

-Il y a la tournée 2019 This way to self destruction à partir du mois de septembre. On a hâte de voir de quelle manière la chanson changera.

Shinya: Oui. Il y a aussi une longue chanson dans The insulated world donc j’ai hâte de voir ce que les deux donneront.

-Pour finir, avez-vous un message pour les lecteurs?

Shinya: La chanson est longue mais souvenez-vous-en et profitez-en en live.

Interview Toshiya livret TWOM

– Je pense que The world of mercy est une chanson que seul Dir en grey peut faire.

Toshiya: Merci. Mais « que seul Dir en grey peut faire », je pense que la longueur de la chanson, l’atmosphère et l’attitude du groupe incluant tout ce qui a été fait jusqu’à présent a été exprimé.

– Pensez-vous que ça a une influence sur la suite de The insulated world?

Toshiya: Au final, The insulated world…… hm, c’est, je ne sais pas si je m’exprime correctement mais je vois ça comme une réponse. Plutôt qu’influencer la suite, je la vois comme une destination de The insulated world.

– The insulated world est le 10ème album, vous avez passé une étape.

Toshiya: Que ce soit pour les albums ou les singles, je pense toujours à ce qui suivra mais la différence avec ce single c’est qu’il met fin à l’album. Il n’y a pas de suite à la source sonore de cet album. Et puis quand la chanson est sortie elle n’était pas dans The insulated world, on sent vraiment qu’on va à un autre endroit.

– Pourquoi l’avez vous conçu de cette façon?

Toshiya: Je ne sais pas. Mais c’est la sensation que j’ai. Aussi, l’image qu’on a à la fin de l’album et la tour de Babel. C’est comme si nous construisions notre propre château vers les cieux et que chaque pièce est une chanson. Finalement je ne sais pas encore ce qui est arrivé à ce château. Peut-être a t-il été détruit par le tonnerre, ou alors il a grandi jusqu’au ciel? Je pense que c’est une chanson qui enrichi la fin de l’histoire.

– The world of mercy est magnifique mais elle a été coupée / rognée. On voit la tendance récente de Dir en grey.

Toshiya: En effet. Quand c’est une longue chanson, les éléments de l’atmosphère ou ceux de l’organisation deviennent toujours très similaires donc c’était assez difficile à faire.

– Je pense qu’à notre époque la musique en elle même devient plus compact dû à l’utilisation du streaming ou la diffusion. Sortir une longue chanson donne une identité, mais avez vous pensé à ça?

Toshiya: Notre époque… J’y pense beaucoup. Si nous pouvions garder un œil dessus tout en avançant ça serait l’idéal, mais au bout d’un an, même un jour ou deux, les tendances sont déjà passées. C’est pourquoi, au lieu de courir après les tendances je pense que c’est mieux que nous suivions ce que nous sommes actuellement.

-Vous faites seulement ce que vous voulez faire.

Toshiya: C’est ça. Bien sûr j’ai aussi ma propre volonté mais c’est surtout la volonté du groupe. Mais ne vous méprenez pas, ça ne veut pas dire que je ne fais pas ce que je veux.

-Dir en grey a une forte impression depuis les débuts et ça n’a pas changé, mais le groupe vient d’atteindre les 20 ans et je trouve que le groove devient de plus en plus fascinant.

Toshiya: En effet. Ce qu’on peut faire à 5, la production du son ou les lives, tout est connecté, tout se répond. Je suis très reconnaissant et je trouve ça génial de l’avoir fait pendant 20 ans, avoir toujours marché ensemble…… c’est peut-être bizarre de dire ça comme ça mais, il y a des personnes qui créent le sol qui nous soutient. C’est pourquoi nous pouvons faire ce que nous aimons.

-Il n’y avait pas de sol.

Toshiya: Au début il n’y avait personne.

-Vous n’avez pas dérangé le sol de quelqu’un d’autre, vous avez cultivé le votre avec vos auditeurs.

Toshiya: C’est exact.

-Avec ça on peut facilement sortir une excellente musique.

Toshiya: En effet. Je pense que c’est unique [seulement maintenant]

-Si je peux me permettre, je trouve qu’il y a un côté humain et une gentillesse qui ressort de cette chanson. Peut-être dû à ce feeling dont vous parliez.

Toshiya: Je pense que les gens sont seuls peu importe où ils vont, c’est quelque chose d’incompréhensible mais, dans cette solitude, j’ai rencontré les membres à travers la musique, grâce à cette rencontre j’ai rencontré le staff qui suit le groupe et j’ai rencontré les fans qui nous soutiennent plus que n’importe qui, le cercle du monde qui m’entoure s’élargi, ça s’est changé en son et c’est devenu quelque chose de magnifique.

Interview Die livret TWOM

-Dites nous ce que vous ressentez à propos de The world of mercy.

Die: Ça fait un an depuis la création de The insulated world et ça faisait longtemps qu’on n’avait plus composé, c’était rafraîchissant. Comme nous n’avons fait qu’une tournée pour The insulated world nous ne sommes pas passé à autre chose, c’est le son du Dir en grey actuel.

-On dirait que nous sommes toujours dans la vision du monde de The insulated world.

Die: Ça se ressent fortement. Ça sera aussi le cas pour la prochaine tournée. On va jouer dans cet état d’esprit donc on ressentira le lien. C’est pourquoi je pense que c’est une extension de l’album.

– Que pouvez-vous dire sur le fait que cette chanson dure plus de 10 minutes?

Die: La définition d’un single est différente pour chaque personne mais dans notre cas c’est toujours un soucis. Parce que c’est une seule chanson. Les deux derniers singles étaient des chansons condensées en seulement 3 minutes. A cause de ça on penserait qu’on sortirait encore le même genre de chanson donc on s’est dit « et si on sortait une longue chanson comme single ». Personne d’autre ne le fera et il n’y a que nous pour pouvoir le faire. [Il y a une dernière phrase que je n’ai pas compris].

-Je pense que Dir en grey est un groupe qui peut montrer la vision du monde d’un album, c’est pourquoi les singles sont plus compliqués.

Die: C’est ça à chaque fois. Une chanson facile à écouter et facile à comprendre, si c’est un single basique on n’a pas besoin de faire ça. Malgré ça on compose une chanson à l’opposé, on se demande « pour quoi on compose un single? ». Je pense que c’est important de faire comprendre la signification d’un single et de nous exprimer en une seule chanson.

– Comme cette chanson n’a pas beaucoup de « décoration » vous étiez plus préoccupé par chaque son?

Die: C’est exact. Je n’ai pas joué beaucoup de track, il y a le backing de base et deux autres [il parle des pistes d’accompagnement]. Les deux guitares utilisent une dizaine de tracks et des parties inaudibles. C’est pourquoi cette fois ce n’est pas simple mais on a le nécessaire.

– Comment pouvez-vous identifier ce qui est nécessaire?

Die: Quand je me sens soulagé quand je l’ajoute. Ça s’entend tout de suite, d’une certaine façon, ça change votre point de vue / perspective. Finalement, quand on joue en live le son des 5 devient le son principal, c’est l’image qu’on a en écoutant. Ce n’est pas propre à cette chanson, c’est le mode actuel.

– Die, quel est votre son idéal?

Die: Ce n’est pas juste un son « edge » [violent et aiguë]. Je ne trouve pas les bons mots mais, quelque chose de naturel, d’humain.

– Au début il y a un son grave avec un tempo moyen.

Die: En effet. L’intro commence avec le chant de Kyo et un rythme lent. L’impression du début est le plus important.

– Je pensais que l’intro serait courte mais elle continue jusqu’à la moitié. Je me suis dit que c’était la première trahison agréable.

Die: Si quelqu’un qui ne connait pas écoute, il penserait « quand est-ce que ça commence? » A partir de là le monde change rapidement et comme on peut voir différentes scènes dans cette chanson je me demande ce qu’elle donnera en live. C’est plus que ce que j’imagine. Je sens que c’est vraiment une chanson que seul Dir en grey peut faire.

– Quand est-il de la version acoustique de la deuxième chanson, « Dozing green »?

Die: Eh bien, il y avait d’anciennes chansons qui pouvaient être faites en acoustique et d’autres pas. Comme on a joué pas mal de chansons en acoustique le choix était étonnement restreint. Parmi les quelques chansons possibles, la chanson qui semblait pouvoir élargir l’arrangement des accords était Dozing green donc nous l’avons choisie. Ensuite nous l’avons analysée et fait plusieurs essais. Nous avons changé l’approche des accords sans changer grossièrement la composition de la chanson.

– Quel est le son acoustique idéal de Dir en grey?

Die: Ce n’est pas lumineux, ça laisse une atmosphère sombre. Ensuite c’est la façon dont sonne la guitare.

– La tournée 2019 « This way to self destruction » débute en septembre. Cette chanson sera incluse dans la setlist, l’atmosphère des lives changera n’est pas.

Die: Je pense que ça changera considérablement. Ça sera tendu. J’ai l’impression que ce single sera le point central. Ce sera 10 minutes impressionnantes.

Interview Kaoru livret TWOM

-Comment s’est passé la production de The world of mercy?

Kaoru: Hm……….. c’était éprouvant.

-Qu’est ce qui était éprouvant?

Kaoru: Simplement créer la chanson. A chaque fois, les idées me viennent à l’esprit comme un bang, si je pense que ça ne va pas, je la refais avec des modifications mais je me suis dis que ça serait difficile si les membres interfèrent, donc j’ai tout composer seul. Ensuite je leur faisais écouter en demandant ce qu’ils en pensent. Tout faire tout seul était éprouvant. Je créais en écoutant les opinions des membres dans une certaine mesure, mais si je faisais écouter à mi parcours ils ne comprendraient pas bien, je ne pouvais pas leur faire écouter tant que ce n’était pas aussi bien que possible. C’était éprouvant jusqu’à ce que j’y arrive.

-Ça vous a pris beaucoup de temps de composer seul.

Kaoru: En effet. On peut se demander ce que ça aurait donné avec les autres membres.

-The world of mercy est une longue chanson, c’est une idée qui est venue de Kyo n’est-ce pas?

Kaoru: C’est ça. Il a dit qu’il voulait faire une longue chanson. Mais comme c’était étrangement en désordre j’ai pensé dans une certaine mesure que c’était quelque chose dont je devais m’occuper, c’est la raison pour laquelle je l’ai fait seul.

-A la base c’était deux chansons qui sont devenues une?

Kaoru: Nous avions deux chansons pile au moment où nous avions eu l’idée de faire une longue chanson. Nous avons utilisé les mélodies de ces deux chansons et avons essayé d’en faire une seule.

-C’est une longue chanson après The insulated world, elle est grandiose mais pas complexe, le superbe final est rafraîchissant.

Kaoru: C’est vrai, mais quelque chose de nouveau dans le groupe n’est pas forcément nouveau dans le monde. En ce sens c’est un équilibre. Je pensais à jusqu’où nous pouvons nous étendre et comment placer notre personnalité dans la partie étendue.

-Vous pensiez à l’équilibre parce que c’est une longue chanson.

Kaoru: L’équilibre est toujours difficile. Les chansons longues ont beaucoup de développement. J’ai essayé de le réduire autant que possible. Mais les membres voulaient tel développement, tel feeling donc j’ai tout mixé.

-Dans The insulated world le son transmet les sentiments du groupe. Que pensez vous du son idéal du Dir en grey actuel?

Kaoru: L’augmentation du pouvoir de persuasion de chaque instrument et du chant. Plutôt que de faire du remplissage, combien de sons peuvent être crées / joués par chaque membre? C’est ce qui fait que je n’ai pas ajouté trop de « désordre » [trop de sons. C’est ce dont parlait Die « seulement le son de nous cinq ».].

-Vous êtes-vous intéressé par ce genre de son récemment?

Kaoru: Je pense que, depuis récemment, le son du groupe se dirige dans cette direction. Je pense que ça correspond mieux à cette période de rajouter un son dit pop plutôt que le son d’avant qui était plus « docha » [un son lourd peut-être… je ne suis pas sûre pour cette dernière phrase]

-En prenant votre propre chemin, vous pensez à cette période et vous transmettez la direction que Dir en grey ou que vous (Kaoru) prenez.

Kaoru: J’y pense…… ça aurait été mieux que je dise que je n’y pense pas vraiment (rire). C’est notre façon de faire.

-C’est une fin sublime comparé au développement et au nombre de notes.

Kaoru: C’est devenu comme ça pendant l’arrangement. Quand je composais, l’ending n’était pas la première chose que je pouvais faire. Ça a été crée dans l’ordre à partir du début et ça a donné cette atmosphère.

-Dans une longue chanson je pense que c’est compliqué de procéder d’une façon ordonnée, est-ce que cet ordre était visible depuis le début?

Kaoru: Même si ce n’est pas particulièrement ordonné, si ça devient une chanson intéressante c’est bien, mais comme cette fois c’est un single, c’était ordonné dans une certaine mesure, je me suis dis que ça serait bien que ce soit une chanson qui ne laisse qu’un « ? » après l’écoute. Mais je n’ai pas vu l’ordre à la première étape. Je l’ai vu juste avant de faire écouter aux membres.

-Comment ça s’est passé avec les guitares?

Kaoru: Je pense que j’ai crée des phrases qui me correspondent. J’ai crée des loop tout en pensant à la façon dont ça pourrait être développé avec deux guitares. Avec ce que Die joue du côté droit comme un stroke [je sais pas] en faisant sonner mes sentiments simplement.

-J’ai hâte de voir ce que fera Dir en grey en 2020. Y a t-il des choses de prévues pour la suite?

Kaoru: Oui. Il y a plein de choses dont je ne peux pas encore parler donc attendez avec impatience s’il vous plait.

Interview Kyo livret TWOM

-Quel genre de chanson est The world of mercy?

Kyo: C’est le Dir en grey actuel. Ce n’est pas la dernière chanson de The insulated world mais c’est comme ça que je la vois. C’est pourquoi, plutôt que d’intégrer le prochain album, The world of mercy complète The insulated world. C’est de là que viennent le titre et les paroles.

-Vous dites que l’album n’était pas complet, aurait-il eu une autre signification?

Kyo: Je pense que l’album est complet mais s’il y avait une autre chanson comme ça, une expression complète aurait pu être faite.

-C’est une conclusion? Ou un épilogue?

Kyo: C’est plutôt comme une autre fin.

-Je vois. The insulated world a l’air d’être droit / direct, en faisant une chanson longue je me suis demandé s’il y avait eu une réaction [entre l’album et le single], qu’en pensez vous?

Kyo: Il n’y en a pas eu. Cependant, comme il y avait beaucoup de chansons courtes et hardcore on peut faire quelque chose même avec une chanson comme celle ci. Si l’album + a sont trop resserrés, ça fera une masse, si ce n’est pas une chanson qui peut pleinement exprimer une vision du monde à elle seule, ça ne va pas.

-J’ai trouvé que les paroles sont très faciles à comprendre.

Kyo: Ça vient directement de The insulated world. Je continue à exprimer ce que je suis.

-Y a t-il eu un moment où vous êtes passé en mode honnête / franc?

Kyo: Non. C’est seulement des choses que je ressentais ou que je voulais faire à ce moment là.

-Depuis les débuts de Dir en grey il n’y a jamais eu de moment où vous avez pensé avoir épuisé les choses que vous voulez chanter.

Kyo: Il n’y en a pas. Les choses que je veux chanter, si je pense qu’il n’y en a pas il n’y en a pas, et si je pense qu’il y en a il y en a. S’il y a des paroles que je ne peux pas écrire, j’écris des choses que je ne peux pas.

-C’est vous qui décidez s’il y en a ou pas.

Kyo: Oui. Je décide moi-même des limites et c’est moi-même qui pense si c’est douloureux.

-Les mots et les idées jaillissent de plus en plus.

Kyo: Je sors juste ce qu’il y a en moi. Il y a beaucoup de choses qui rejoignent ce que je dis dans The insulated world. Je l’ai fait volontairement, je ne les ai pas séparés / pas fais de différence. Un seul message suffit pour tout l’album.

-En dehors de Dir en grey vous avez d’autres activités musicales et diverses. D’un point de vue extérieur on peut penser que c’est génial que les idées ne s’arrêtent pas, mais d’après ce que vous venez de dire, elles sortent de plus en plus.

Kyo: Ça serait bien qu’elles ne sortent plus.

-Hé? vraiment?

Kyo: Je veux faire les choses parce que les idées sortent. Si elles ne sortent plus j’arrêterai de faire plein de choses.

-Quand elles sortent vous voulez leur donner forme.

Kyo: C’est ça. Il reste encore différentes choses, je pense « est-ce que la signification de moi-même ressortira finalement? ». Je ne veux pas me dire plus tard « j’aurais du le faire ». Je m’énerve moi-même. Finalement, peu importe ce qu’on me dit, je n’ai pas de regret dans ma vie.

-The insulated world s’est clos avec ce single, est-ce que vous pouvez voir la suite de Dir en grey?

Kyo: Ça dépend de la direction que prennent les membres, donc je ne sais pas. Mais avant ça nous devons terminer le clip de The world of mercy (interview réalisée au mois de juillet). Le clip est différent de ce qu’on a fait jusqu’à présent, les paroles et la vidéo ont un lien, pour que la vision du monde des paroles ressorte dans ce sens je fais beaucoup de réunions avec le producteur. Cette fois je dirige tout jusqu’au moindre détail. Comme c’est la première fois que je fais ça je me demande ce que ça donnera.

-Pourquoi vous investissez-vous à ce point?

Kyo: A chaque fois la vision du monde des paroles et le clip avaient l’air d’être liés mais ils ne l’étaient pas ou avaient une image différente, j’ai souvent eu cette impression. C’est pourquoi cette fois je veux faire quelque chose qui soit parfaitement lié. Ce n’est pas seulement la vidéo, ça inclut aussi la jaquette. Je me suis dis que je voulais le faire correctement au moins une fois.

-Cette fois vous avez déjà une image claire du visuel ou de la vidéo?

Kyo: Oui. J’ai tout écrit, je l’ai présenté au producteur et aux membres, nous avons discuté de la façon de faire, maintenant je me demande comment ça va se passer.

-J’ai hâte de voir l’expression live de The world of mercy.

Kyo: Chaque live est différent. Je ne cherche pas à faire des lives entre 90 et 100 (points) à chaque fois. Je cherche juste à exprimer ce que je suis réellement à ce moment là.

Interview Die et Toshiya Barks

-La chanson s’appelle The world of mercy et dure un peu plus de 10 minutes. Pouvez vous nous en dire plus?

Die: Nous nous sommes d’abord demandé quel genre de single nous allions sortir. Comme les deux derniers singles étaient des chansons courtes d’à peu près 3 minutes, en prenant la même direction nous aurions été défini comme faisant des singles courts et nous devions casser cette image. Nous voulions pouvoir exprimer ce que nous sommes actuellement, quelque chose qui a un impact, c’est comme ça que Kyo a eu l’idée d’une chanson longue.

-C’était une suggestion de Kyo?

Die: Mais c’est difficile de faire une longue chanson. Il y en a eu plusieurs jusqu’ici, mais l’une d’entre elles, Vinushka, est une chanson qui inclue des scènes impressionnantes, notamment les performances live. Nous devons la surpasser. Mais je pense que ce n’est pas possible si on ne peut pas lier l’immobilité et le mouvement, mais en faisant ça elle aura la même évolution. C’est pourquoi nous étions vraiment dans le flou. Nous voulions faire une longue chanson mais par où commencer? Comment la composer? Que devons nous faire? Comme point de départ nous avions deux chansons de 3 et 4 minutes avant de décider de les mettre ensemble pour en faire une longue.

-L’album The insulated world est synchro avec le titre, aviez-vous remarqué le lien?

Die: Personnellement je n’y ai pas pensé. nous n’avons fait qu’une tournée pour l’album et nous ne nous sommes pas dit « composons à partir de ça » (de The insulated world). Quand vous décidez de faire une chanson longue, comment la composer? Nous pensions seulement à ça. En tant que groupe nous voulons faire quelque chose qui se ressent, qui groove, pas seulement ce single mais aussi les lives et les autres travaux.

-Qu’en pensez-vous Toshiya?

Toshiya: Quand nous sortons un single nous pensons aux nuances basées sur le timing. Je pense que la façon dont nous abordons les singles a changé ces dernières années. Personnellement je trouve que c’est difficile de faire un single, sauf si c’est un tie-up. Mais cette fois le mot clé « long » est ressorti et j’en ai donné un sens. Je pense que les singles doivent aussi avoir un impact niveau business. De cette façon, notre force est de pouvoir faire ce que d’autres artistes ne peuvent faire. Mais « long »… aucune chanson ne peut être faite facilement mais pour une longue nous devons fournir le travail de 2 ou 3 chansons. En un sens, c’était aussi une solution de dernier recours de faire de deux chansons une.

-Oui

Toshiya: Mais aucune des deux ne correspondait en tant qu’une seule chanson. Les deux ont des bons points mais rien de décisif pour les choisir. C’est en les réunissant que ça a donné quelque chose de satisfaisant. Aussi, en ce qui concerne la relation avec The insulated world, il y a une certaine connexion, je pense que cette chanson est la dernière pièce de l’album. Pour moi, cette chanson est une nouvelle étape, mais pas « une nouvelle étape en dehors de l’album ». Elle a été créée pendant la tournée, c’est la dernière chanson née de The insulated world.

La signification d’un single, la signification de votre vous actuel, la signification de la suite de The insulated world, The world of mercy représente tout ça. Dir en grey est un groupe qui ne choisi pas le chemin le plus simple.

Toshiya: On ne peut pas le faire simplement (rire).

Die: Ça a surement éloigné la sortie du prochain album (rire). Parce que ça prend 6 mois. Si on avait voulu le faire, on aurai fait la moitié de l’album. Il est plutôt produit en parallèle, ce qui nous permet de changer notre point de vue. Comme les singles sont concentrés sur un point, on s’arrête et on réfléchi donc ça peut prendre autant de temps. (qu’un album).

-J’ai entendu que Kaoru a mis en place une organisation et l’a présentée aux membres. Est-ce que c’était vraiment ça?

Die: Sans organisation de base on ne pouvait pas faire d’arrangement, on a laissé le soin à Kaoru de lier les deux chansons et avons attendu que ce soit fait. Je crois qu’à ce moment là on ne savait pas encore si ça allait être un single. Kaoru a dit « faisons ça pour voir » mais comme d’autres chansons étaient susceptibles de devenir un single, les autres membres travaillaient dessus en même temps.

-Est-ce qu’il y a une grande différence entre l’étape où Kaoru a présenté son organisation et la forme finale?

Die: Ça n’a pas été trop long jusqu’à la forme finale. L’organisation s’est étendue, nous avons inclut le chant et ajouté le refrain.

-Ça signifie que vous avez longuement tâtonné?

Die: Um…. honnêtement je ne sais pas quand ça s’est terminé (rire). Est-ce que c’est bien comme ça? Où est la ligne qui montre que c’est ok pour une sortie single? Voilà ce qui m’inquiétait. Avant l’enregistrement la longueur de la chanson était définie mais pour le son il y avait encore des parties que je ne connaissais pas.

-Vous avez commencé avec le chant?

Die: Oui, le chant a été le plus rapide à terminer. à partir de là on pouvait se concentrer sur l’arrangement avec les instruments. On sent que c’est tirer par le chant.

-Ça commence doucement, devient violent et se termine sur une magnifique fin qui donne l’impression d’avoir une suite, à quoi pensiez vous pour créer le son?

Die: Je pense que chaque membre le voit différemment, mais pour moi l’intro me coupe le souffle. Le sentiment d’être dans une pièce close, dans l’obscurité, d’errer dans un endroit prêt à exploser. Est-ce qu’on survit?

-Et vous Toshiya?

Toshiya: Je trouve que cette chanson signifie la patience. Zetsuentai dans The insulated world est aussi une longue chanson mais en comparaison elle (The world of mercy) est plus détachée. Je veux y mettre une vague mais elle est tuée (pas trop compris). Comme ça a été dit avant, l’organisation d’une longue chanson est semblable aux autres (longues) chansons. C’est pourquoi je pense que tout le monde était inquiet, mais pour la basse j’ai décidé de le faire d’une manière plus détachée. Même si la guitare est coupée en plusieurs petits morceaux, tout a été pensé en fonction de la grande étendue de la basse. L’unisson aussi, ce n’était pas un unisson précis, j’ai seulement assemblé le début et la fin. Ce sont les changements que je souhaitais faire personnellement.

-« patience », « détaché » c’est nouveau dans votre façon de vous exprimer Toshiya

Toshiya: En effet. J’aime les phrases qui bougent mais j’ai osé arrêter pour cette fois.

-Est-ce que ça colle à cette chanson? (cette façon de faire)

Toshiya: Oui ça colle.

-Die, est-ce que c’est la même chose pour la guitare?

Die: Les guitaristes veulent que leur phrases soient correctement entendues, mais j’ai fait le son en pensant « de quelle manière existe cette phrase? ». Je voulais quelque chose qui ne s’entende pas clairement… comme dans un brouillard, et des sons qui ne sont pas trop mis en avant. A part la distorsion basique, j’étais relativement conscient de l’aspect du son en pensant à la chanson en général. A cause de cette image, le mixage et le mastering ont été très difficile.

-L’ingénieur du mixage est Dan Lancaster et l’ingénieur mastering est Brian « Big bass » Gardner.

Die: Comme ce sont des ingénieurs étrangers ça sonne vraiment métal, c’est vraiment explosif et énergique. C’était à l’opposé du son que j’avais imaginé avec des push-pull et wabisabi. Il y avait un impact mais ce n’est pas juste une chanson à impacte, donc nous avons essayé de la rendre plus profonde et plus émotionnelle.

-Ce n’est pas simplement le son d’un groupe, c’est une chanson qui doit chérir la vision du monde axée sur le chant, c’est pourquoi vous avez fait attention au moindre détail.

Die: C’est ça. Ce n’était pas simple car c’est une chanson qui a été conçue en incluant une texture du son. Si on le fait avec un ingénieur qui renvoie un son trop puissant, ça n’ira pas.

-Je pense que c’était nécessaire de faire face aux interprétations de chacun pour cette chanson.

Die: Nous avons beaucoup échangé là dessus. Parce que ce qu’on peut comprendre / accepter devient de plus en plus profond. Mais étant donné que les instructions étaient traduites et envoyées en anglais, ces échanges étaient… vraiment j’ai pensé que ça aurait été mieux qu’au moins un membre aille sur place. Pour être honnête, les ingénieurs japonais peuvent le faire avec plus de minutie. Je me suis dis que, même si ça prend du temps pour échanger des détails, nous devrions le faire pour la prochaine fois. Quand on échange avec un ingénieur étranger, si on propose « je voudrais qu’on puisse faire écouter cette chanson à ce volume », le travail ne sera pas terminé. Quand on a ces discussions il y a encore d’autres choses qu’on voudrait dire et jusqu’à ce qu’on se comprenne ça peut prendre un an seulement pour le mixage. Et sera t-il bien? Ça peut ne pas être le cas.

-Je vois

Die: Donc j’ai dû faire des compromis. C’est pourquoi, à partir de maintenant je veux pouvoir correctement communiquer avec l’ingénieur et je souhaite que pour chaque travaux l’ingénieur connaisse la personnalité de chacun de nous. Comme ce sont des étrangers ils ne perçoivent que le son en tant que tel, ils ne comprennent peut être pas exactement la signification des chansons. Je pense que ça pourrait être intéressant de leur demander avec quel feeling ils travaillent (rire).

-C’est vrai. Ça changera aussi pour les performances live.

Die : Oui. Ça fait seulement trois jours qu’on la joue avec le groupe (rire). C’est l’étape où le son n’est toujours pas en adéquation avec le corps. J’ai l’impression d’avoir à peine commencé à la jouer. Je dois dépasser ce stade.

-Toshiya, c’était comment de la jouer avec le groupe ?

Toshiya : C’était amusant (rire)

-Parlons des autres chansons du single. La deuxième chanson est la version acoustique de Dozing green. Le son de chaque instrument a été arrangé de sorte à faire ressortir la beauté de la chanson.

Die: Il n’y avait pas beaucoup de chanson choisies pour un arrangement acoustique. Nous avons pensé que c’était cette chanson là qui semblait pouvoir changer d’accord pour un arrangement acoustique. Comme nous avions déjà visualisé ce que nous voulions faire le travail a été rapide. On ne voulait pas modifier la longueur ou la réarranger, nous avons pensé « faisons la de la même manière en acoustique ». Je pense qu’on l’a faite en un jour à peu près.

-Le temps que ça a prit contraste avec The world of mercy.

Die: C’est parce qu’il y avait The world of mercy. Comme c’est la première chanson, Dozing green est plus simple, sobre, composée seulement du son de nous 5.

Toshiya: En la faisant en acoustique on peut voir les parties mélodieuses que ça apporte et les sons de la composition, on réalise / comprend sa beauté. C’est un arrangement qu’on a fait en plein milieu du travail de The world of mercy donc on a pu la rafraîchir.

-La troisième chanson, Grief, vient du live au Shinkiba Studio Coast du mois d’avril de cette année.

Die: Grief est sortie il y a 10 ans et le groove a beaucoup changé en live. Je pense qu’il y a des petits changements dans chaque phrase donc ça serait intéressant de comparer avec la chanson originale.

-On les espère pour les prochains lives, la tournée This way to self destruction débute le 15 septembre.

Die: L’emplacement de The world of mercy dans la setlist est important, je pense que l’atmosphère changera par rapport à la tournée précédente.

Toshiya: J’ai hâte de voir comment sera The world of mercy pendant la tournée.

-A la fin de l’année vous avez une tournée en Amérique pour la première fois depuis 4 ans et une tournée européenne en début d’année. Comment sera vu The world of mercy à l’étranger?

Die: Je me demande. Les étrangers réagissent librement. Par exemple, même si on fait une chanson calme, au Japon on peut l’écouter, mais dans les autres pays il y a des réactions surprenantes comme des cris, des dive. C’est assez embêtant quand il y a des riffs de guitare. Ça arrive qu’ils applaudissent soudainement, le son est trop fort, je n’entend plus le métronome dans les écouteurs et je n’entend plus mon propre son. Je perd le rythme « pourquoi vous applaudissez là? J’entends rien! » (rire).

-En effet, c’est libre (rire)

Die: Les membres voudraient être aussi libre que le public (sourire amer). Il y a moins de staff et il y a eu des problème à la tournée européenne l’année dernière mais s’il y a le même problème je pense que c’est un pas en avant pour la suite. Je veux pouvoir tout accepter.

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