Interview Kaoru Tokyo sports

Le groupe de rock DIR EN GREY a sorti le 03 août en digital leur 31ème single « Ochita Koto no Aru Sora ». Le leader Kaoru nous a parlé de la nouvelle chanson dans une interview avant d’enregistrer le programme Youtube « The Freedom of Expression ».

La nouvelle chanson est le premier single digital du groupe. Kaoru: « A la base il y a un package avec des illustrations donc nous étions opposés à une sortie digitale ».
A cause des dommages causés par le coronavirus il y avait des inquiétudes concernant la vente de CD, elle a donc été proposée en téléchargement.

« Nous avions aussi pensé à repousser la sortie, mais finalement nous nous sommes dit que nous allions faire ce que nous pouvions faire maintenant. Nous avons décidé de montrer que le groupe bouge, va de l’avant. »

« Ochita Koto no Aru Sora » est une chanson qui ne donne pas d’indice par rapport à son titre. Cependant, on ressent que les paroles sont liées à la situation actuelle… Elle disent « je veux que vous ressentiez quelque chose ».

La seconde chanson est le single CLEVER SLEAZOID sorti en 2005, les paroles en anglais ont été réenregistrées en japonais.

« Ça a été réenregistré en japonais, est-ce que c’est un changement? » plaisante Kaoru.

« Kyo utilise sa voix comme un instrument donc que ce soit en japonais ou en anglais ça sonne de la même manière. J’ai pensé « ça ne change rien » (rire). Mais quand vous regardez et écoutez des paroles japonaises ça peut donner une impression différente. »

La tournée Sogai lors de la catastrophe du coronavirus a été annulée, et la nouvelle chanson devait être présentée lors du dernier concert au Pia Arena MM. Ils n’avaient pas pensé que ça irait aussi loin mais « pendant cette période de confinement les anciennes chansons du groupe, le fait de regarder les clips nous a fait profondément ressentir comment les chansons et le groupe doit être. C’est pour ça que nous avons essayé de faire un concert sans public. En ce sens, je pense que c’était une période nécessaire » déclare Kaoru en prenant les choses positivement.

Ça a été très compliqué pour l’industrie de la musique pendant cette période de confinement, mais certaines choses ont été découvertes pendant cette pause.

Pour la fin il fait monter la hype « DIR travaille sans s’arrêter. Cette année nous travailleront probablement sur un nouvel album. Attendez le s’il vous plait ».

https://news.yahoo.co.jp

Interview Kaoru Tokyo Sports

Le leader de DIR EN GREY parle de la possibilité de donner des concerts sans public

La diffusion de concerts sur internet pourrait-elle se populariser dans le futur?
En mars, Kaoru, le leader du groupe de rock DIR EN GREY qui a donné un concert diffusé sur internet dans le monde entier, a discuté avec notre journal de cette expérience, et des possibilités ainsi que des problèmes de ce genre de lives.

A cause du coronavirus, concerts et divers événements publics sont forcés d’être annulé non seulement au Japon, mais dans le monde entier.
Dans ces circonstances, de nouvelles expériences sont menées: la diffusion de concerts sur internet sans public.
“Pour les fans qui manquent ces concerts, c’est une opportunité précieuse et populaire. Particulièrement pour les artistes qui peuvent proposer leur travail au monde entier, les fans du monde entier peuvent rejoindre un live diffusé partout simultanément” (selon une personne travaillant dans l’industrie de la musique)

Sur Youtube, les fans peuvent également donner de l’argent, faisant sentir un souffle nouveau pour les concerts.

Le 28 mars, sur leur chaîne Youtube, DIR EN GREY a diffusé en live un concert de dernière minute “The World You Live In” depuis le KT Zepp Yokohama dans la préfecture de Kanagawa.

Les fans japonais, mais aussi de toute l’Asie, d’Europe, d’Amérique du sud et de bien d’autres régions du monde ont pu regarder, faisant de ce concert un véritable succès.

Le leader de DIR EN GREY, Kaoru, nous a dit de cette expérience: “nous pensions que cela pouvait être fait à cause des conditions dans lesquelles nous vivons désormais, donc nous avons essayé”.

Sur le fait de jouer dans une salle vide, il a dit “J’ai été capable de me donner à 100%, mais d’un autre coté j’ai senti que je ne pouvais que me donner à 100%. C’était comme faire quelque chose pour lequel tu t’es préparé. Au final, on se rend compte que les concerts sont vraiment une expérience que tu partages avec le public. Bien sûr, j’ai tout de même ressenti que les fans nous regardaient” dit-il.

Comme on dit, “les concerts sont une expérience vivante”, ce qui lui a fait réaliser à nouveau à quel point l’enthousiasme des fans est indispensable pour créer une atmosphère sur scène. Certaines études ont conclu que la situation due au coronavirus, au moins à l’étranger, ne se calmerait pas avant fin 2022. Il n’y aura pas de reprise des concerts cette année.

A propos de la diffusion de concerts sur internet qui devenait une possibilité dans le futur, Kaoru dit “et bien, ce n’est pas facile”.

“Parce que comme c’est une vidéo, cela peut donner l’impression de regarder un clip. Il y a un moyen de le faire, mais …”

Il y a aussi un problème de budget. Non seulement les membres du groupe, mais aussi plusieurs membres du staff sont inclus dans le processus de donner un concert. Il y a également le problème de louer une salle.

“Par exemple, si on décide qu’on a tel budget pour le faire, cela peut-être faisable. Peut-être que ce sera une salle plus compacte/petite. Nous avons pu faire le concert du Zepp Yokohama car la salle était déjà réservée, étant donné que c’est là où nous devions commencer la tournée”, dit Kaoru.

En temps normal, le bénéfice est fait en partie avec les ventes de tickets, ce qui n’est pas possible en diffusant un concert sur internet. Les artistes sont donc à la recherche d’un nouveau  moyen pour pouvoir recommencer les concerts.

tokyo-sports.co.jp/entame/news/1834479

Merci à Mélissa pour la traduction!

Interview Shinya Londres

Le nom de cette tournée est This Way to Self-Destruction, pouvez-vous expliquer le sens?

Shinya: Lorsque nous avons sorti l’album The Insulated World au Japon, nous avons tourné l’année suivante, en 2019. Cette tournée s’appelait This Way to Self-Destruction et je suppose que si vous l’avez remarqué dans la setlist, vous pouvez voir que nous avons joué beaucoup de chansons de cet album. C’est donc par rapport à la sortie du dernier album, c’était aussi le même nom de tournée en Amérique et maintenant, en Europe.

Cela fait un peu plus d’un an que DIR EN GREY a fait une tournée en Europe en 2018. Qu’est-ce qui vous a fait revenir en Europe?

Shinya: Il y avait un grand écart depuis la dernière tournée avant de revenir en 2018, même pendant cette tournée, nous parlions déjà de la suivante. C’est la raison pour laquelle nous sommes revenus si rapidement car nous avions déjà commencé à planifier depuis la dernière fois que nous étions ici en Europe.

À quelle chanson les fans ont-ils le plus réagi au cours de cette tournée?

Shinya: Quand nous jouons Merciless Cult dans notre set – une très vieille chanson – et quand l’intro commence, c’est probablement l’une des réactions les plus fortes que nous obtenons des fans.

Avez-vous déjà joué un concert où vous avez senti que tout était parfait? Si la perfection n’est pas votre objectif, y a-t-il quelque chose qui se rapproche de ce sentiment?

Shinya: Pour moi, je me sens proche de la perfection lors de toutes les tournées de DIR EN GREY.

Le récent single de DIR EN GREY, The World of Mercy, est une chanson épique de 10 minutes. Quelles idées vouliez-vous explorer musicalement et thématiquement?

Shinya: En ce qui concerne The World Of Mercy, nous avons décidé dès le départ que nous allions faire une longue chanson. Notre méthode habituelle d’écriture de chansons est que nous apportons tous divers éléments et idées, il y a en fait beaucoup d’aspects différents, mais cette fois, nous voulions nous en tenir à un thème du début à la fin d’un morceau de plus de 10 minutes.

The World of Mercy passe par différentes phases tout au long de la chanson. Y avait-il un message ou une émotion particulière que vous vouliez insuffler?

Shinya: Il n’y a pas de message particulier ou quoi que ce soit que je voudrais que les gens comprennent ou retiennent de cette chanson, mais je veux vraiment que les gens perçoivent la chanson comme ils le veulent en l’écoutant simplement.

Comment s’est déroulée la composition de votre dernier album The Insulated World?

Shinya: Notre processus d’écriture de chansons est toujours le même. Les membres proposent une idée simple ou basique puis on mixe tout.

Y a-t-il une chanson particulière de The Insulated World dont vous vous sentez particulièrement fier ou satisfait?

Shinya: Personnellement, j’aime la partie batterie de la chanson Aka. J’ai l’impression d’avoir pu me révéler dans chaque phrase de la chanson.

Y a-t-il des philosophies musicales auxquelles vous vous en tenez quand vous jouez ou cela change-t-il d’album en album?

Shinya: Il n’y a rien de fixe pour moi et ce n’est pas vraiment par album, c’est plus comme si je devais adapter mon style à chaque chanson.

Chaque œuvre que vous sortez dégage une certaine atmosphère. Utilisez-vous cela comme une base sur la façon de diriger votre performance scénique?

Shinya: Bien sûr, les chansons bougent et changent continuellement pendant que nous les interprétons en live. Parce qu’il y a beaucoup de choses que vous ne découvririez pas par vous-même en écrivant un album ou en l’enregistrant en studio. Ces choses ne se réalisent qu’en jouant devant un public. Même des parties d’une chanson qui pour nous étaient une partie basse, les gens y réagissent et cela nous fait réaliser que c’est une partie haute grâce à la réaction du public. Au fur et à mesure que nous l’exécutons, nous pensons à de nouvelles idées et cela est ensuite transféré dans la prochaine performance live.

Est-ce planifié à l’avance ou fait soudainement?

Shinya: C’est définitivement en temps réel. Ça vient à nous pendant la performance.

Faites-vous cela souvent vous-même?

Shinya: En tant que batteur, je ne peux tout simplement pas faire ça.

En 2018, ici à Londres, vous avez rencontré des problèmes techniques malheureux mais avez quand même réussi à présenter les meilleures qualités de DIR EN GREY. Comment gérez-vous habituellement ce genre de situations?

Shinya: En fait, nous avons été assez choqués car normalement nous n’avons pas beaucoup de problèmes. Mais quand quelque chose ne va pas, tout le monde s’enflamme et veut tirer le meilleur parti de la situation, c’est pourquoi nous pouvons toujours profiter de nos concerts malgré ces difficultés.

DIR EN GREY a accompli beaucoup de choses au cours de sa longue carrière, mais y a-t-il encore des objectifs ou des réalisations que vous visez?

Shinya: Absolument! Malgré la longueur de notre carrière, au Japon ou à l’étranger, il y a encore des gens qui ne connaissent pas DIR EN GREY. En tant que tel, il y a toujours de nouveaux objectifs et rêves à poursuivre. Pour attirer tous ces gens qui ne savent toujours pas qui nous sommes, nous devons définitivement continuer à poursuivre de nouveaux objectifs et nous serions heureux de voir ces personnes venir à nos concerts.

https://jrocknews.com

Interview Kyo ROCK AND READ vol.87

[Eh bien préparez vous un thé, je vous propose une petite lecture]

-Vous surprenez peu importe ce que vous portez. C’est incroyable.

Kyo; Ah oui? En fait c’est quelque chose que je voulais faire depuis un moment, je me suis dit que c’était le bon timing. Ce que je ne peux pas faire dans la vision du monde de DIR EN GREY, je le fais avec sukekiyo.

-Vous vouliez le faire depuis longtemps, est-ce une idée qui s’est développée au fil du temps dans votre imagination?

Kyo: J’ai fait un concert avec sukekiyo au Nakano Sun Plaza, on a fait une collaboration avec la marque de vêtements DRESSEDUNDRESSED, les vêtements pour le photoshoot viennent d’eux aussi, que ce soit les vêtements des membres sur scène où la performance des deux hommes masqués, on a tout imaginé ensemble.

-D’où est venue cette idée.

Kyo: Je me suis toujours dit que c’était bien que l’amour ait plusieurs forme. Il n’y a pas seulement l’amour entre un homme et une femme mais l’amour entre deux hommes, l’amour entre deux femmes. L’amour n’a pas de genre. J’avais cette idée depuis longtemps. Et c’est pourquoi j’ai voulu essayé de faire un photoshoot dans ce genre de vêtements.

-Est-ce différent du monde perverti? Vous avez déjà parlé de votre enfance dans « ROCK AND READ ». Quand vous étiez jeune vous avez vécu une expérience traumatisante concernant l’amour, on sent que l’amour a une grande présence en vous.

Kyo: Ça se pourrait. Chaque année il y a de plus en plus d’homosexuels dans le monde. Je pense que le Japon est juste en retard. Pourtant ce n’est plus aussi pertinent qu’il y a 10 ou 20 ans.

-Depuis 1 ou 2 ans le terme LGBT s’est popularisé.

Kyo: Oui. Je ne suis pas homosexuel mais je ne rejette pas du tout ces personnes. Au contraire, je les trouve toujours belles. Il y a un sentiment pur / véritable. Je chante à propos de différents amours avec sukekiyo. C’est pourquoi je ne m’y oppose pas.

-sukekiyo a débuté il y a 6 ans en 2013. Je l’avais déjà demandé à ce moment mais vous aviez ce concept il y a 3 ou 4 ans. Vous êtes resté sur le thème de l’amour depuis ce moment?

Kyo: Ça n’a pas augmenté jusqu’à maintenant, mais c’est vrai qu’il y avait beaucoup de chansons sur le thème de l’amour. C’est comme si ça allait plus loin et que ça se dispersait dans différentes directions.

-Quand vous avez commencé sukekiyo vous avez souvent dit que c’était différent de DIR EN GREY. A ce moment là vous aviez dit exprimer votre conscience féminine dans sukekiyo. La féminité ne peut-elle pas être exprimée dans DIR EN GREY?

Kyo: Non, ce n’est pas ça. Ça ne veut pas dire que les deux sont complètement différents. Cependant, la couleur et l’atmosphère des membres le rendent comme ça naturellement. Ce n’est pas différent mais si les membres de DIR EN GREY changeaient leur aura ou l’atmosphère des chansons qu’ils apportent, alors ce que j’apporte ou ce que j’exprime changera aussi. Si les membres sont différents, l’expression est aussi différente. L’atmosphère, le mode de chanson ou la vision du monde qu’apportent naturellement les membres de sukekiyo est énorme. C’est un peu différent chez DIR EN GREY. Mais on ne le ressent quasiment pas. Le son de la guitare n’est pas tout à fait le même chez DIR EN GREY et sukekiyo. Parce que la façon de la ressentir est différente. C’est comme être différent naturellement.

-Le style principal de DIR EN GREY dans la composition des chansons est que les membres présentent des idées et les assemblent. Lorsque sukekiyo a commencé Takumi a expliqué que les idées viennent de vous et a parlé des techniques utilisées pour les incarner. Est-ce que ça vous motive d’avantage à exprimer le monde qui se trouve en vous?

Kyo: Non, ce n’est pas ça. Je pense à la vision du monde dans les deux. Par exemple dans DIR EN GREY c’est bien sûr par les paroles mais aussi la vidéo du clip de The World Of Mercy dont j’avais parlé plus tôt, les lives, je pense à l’image entière. C’est pareil avec sukekiyo. Cette vision du monde, cette image, les transmettre aux membres dans une certaine mesure, quand je chante une chanson, pense aux vidéos ou à l’éclairage d’un live, l’image et la vision du monde se solidifient et s’incarnent. A ce moment il s’agit juste de donner un peu plus d’explications aux membres. C’est pourquoi sukekiyo ce n’est pas seulement moi, je ne suis pas en solo. sukekiyo est aussi un groupe.

-Vous ne contrôlez pas tout mais intégrez les pensées et idées de chaque membre et les fusionnez.

Kyo: Bien sûr. Pour la musique je n’aime pas être en solo. J’aime faire partie d’un groupe. Si j’étais en solo il n’y aurait que le chant et du piano, ou de la guitare et du chant, c’est tout ce que je connais. Après tout ça serait le son d’un groupe.

-Pour quelle raison tenez vous à ce point à être dans un groupe?

Kyo: J’y tiens parce que j’aime les groupes, tout simplement. Parce que j’ai pu entrer dans le monde de la musique avec un groupe. Il y a beaucoup de personnes de groupes qui chantent en solo n’est-ce pas. Mais ça ne me correspond pas. Ça pourrait être bien de faire les choses seul en tant que chanteur. Quoi qu’il en soit, je suis fait pour chanter dans un groupe. J’aimerai faire les deux en même temps. Je préfère les groupes.

-Faire un groupe avec des membres permanents.

Kyo: Oui oui, ça ne marche pas bien avec des membres temporaires.

-La motivation qui influence les membres et le fait que ça change en fonction des idées apportées et une bonne chose pour le groupe. Au commencement de sukekiyo le mot « apatride » musicalement parlant est ressorti.

Kyo: Oui, en effet.

– Était-ce un mot clé musical partagé par tous les membres?

Kyo: C’est vieux. Oui en effet. Au départ nous voulions toujours créer quelque chose qui n’existe pas. Bien sûr c’est toujours le cas mais maintenant on ne se fixe plus là dessus. Quand on ajoute le chant dans une chanson, quand tous les sons des membres se chevauchent, c’est une chanson qu’on ne peut nommer.

-Pensez vous que les autres membres voient sukekiyo d’une façon différente?

Kyo: Je pense. La direction à prendre, ce que je veux faire pour la suite, la couleur du son, ces idées viennent parfois de moi. Les membres y réfléchissent et les appliquent.

-Le premier live de sukekiyo était en décembre 2013. Je pense qu’il y avait une attente considérable de la part du public. Quand vous étiez debout sur scène, avez vous ressenti quelque chose d’étincelant ou quelque chose de différent?

Kyo: Je n’y ai pas vraiment pensé au fait que ce soit comme DIR EN GREY ou pas. Je suis resté dans les loges jusqu’à la dernière minute. Je n’ai pas pu changer ma façon de faire pour la première fois.

-Les performances live ont un sentiment grotesque. C’est rempli de chagrin et mélancolie.

Kyo: Aa, mais ça non plus je n’en suis pas conscient. C’est le pouvoir des chansons et des paroles. La mélodie et le chant qui naissent des chansons apparaissent naturellement. Je n’ai vraiment rien changé dans ma tête ou fait les choses différemment.

-Quand vous êtes sur scène vous préoccupez vous de ce que ressent le public?

Kyo: Pas du tout. Je ne m’en préoccupe pas une seconde. Si j’y pense ça devient commercial. C’est mieux d’être soi même. Devant moi il y a des fans mais je ne pense pas qu’il y a des personnes qui veulent se faire leur propre plaisir. Surtout chez les fans de DIR EN GREY et de sukekiyo. Je pense qu’il y a beaucoup de personnes qui aiment voir ce que nous faisons comme nous le voulons. Si ce n’est pas le cas ça n’a pas d’importance pour moi. Je pense comme ça depuis longtemps (rire). Si quelqu’un demandait de faire ce qu’il leur plait je penserais « après tout ce temps? ». C’est pourquoi je n’y pense pas du tout.

-Mais vous avez un autre endroit pour vous exprimer. Q’avez vous ressenti lorsque c’est devenu réel? Par exemple l’impression de cracher quelque chose qui s’est accumulé, vous purifier.

Kyo: Bien sûr. Mais il y a beaucoup de choses que je veux faire. Ça ne veut pas dire que ça se réduit en faisant sukekiyo.

-C’est ce que je pensais. En effet plus il y a de chansons plus les frontières se dissipent. Votre appétit créatif à toujours surpris les membres de sukekiyo. C’est pourquoi, on ressent que plus vous avez d’endroits où vous exprimer, plus vous vous éveillez.

Kyo: Je ne veux plus m’éveiller (rire). Ça me cause des soucis. Je n’ai pas assez de temps. Si je pouvais le faire sans aucune restriction, je le ferais sans cesse. Mais les membres de Sukekiyo sont aussi incroyables. Même si la sortie n’a pas été décidée, près de 6 chansons ont déjà été finalisées. Je ne sais pas quand ça deviendra un album mais on dit combien de chansons on collecte et ils m’envoient des nouvelles chansons. C’est pendant la tournée de DIR EN GREY. J’en avait reçu de la part du bassiste Yuchi quand nous avons fait le concert à Nagoya. J’avais reçu des arrangements des autres membres donc ça s’est empilé. A l’hôtel à Nagoya j’ai chanté des paroles temporaires tout en passant une chanson sur l’ordinateur, puis je l’ai enregistré dans mon téléphone et je l’aie renvoyée aux membres. J’ai fait la même chose avec d’autres chansons. Voilà comment je procède. Tout le monde travaille vite et veut faire plein de choses. Ils me répondent autant que possible alors je le fais aussi. Voilà comment nous composons les chansons.

– C’est les meilleurs conditions pour un groupe. Lorsque Sukekiyo a commencé, vous l’avez vu comme un projet très conceptuel.

Kyo: En effet. On dit que c’est différent mais cela a toujours été dit.

-Mais en vous écoutant on sent à quel point c’est libre.

Kyo: Oui, je me sens libre de lâcher prise (rire)

– Une des raisons qui rend le groupe conceptuel est la scène. Demander au public de venir dans des vêtements noirs. Maintenant ce sont des places debout mais au début c’était des places assises, c’était très pesant quand le public ne pouvait pas se lever et crier, c’était comme des funérailles.

Kyo: Je pense qu’il y a beaucoup de personnes qui ont fait des lives en interdisant de crier. Mais je n’ai jamais entendu parler d’un live où ça avait été respecté. Je voulais vraiment le faire au début, j’ai pensé que les funérailles étaient vraiment du sukekiyo et personnellement j’aime beaucoup ça. Vous n’avez pas besoin d’autre son que celui des membres. Nous essayons de garder le plus de personnes possible hors de la scène. Il n’y a presque pas de staff sur scène, les membres semblent pouvoir gérer. J’aimerais pouvoir prendre soin de ces parties essentielles à l’avenir mais je les enlève parfois et fait des lives où on peut faire ce qu’on veut. La dernière fois nous avions fait un live où on pouvait faire ce qu’on voulait mais personne n’a bougé. Certaines personnes criaient mais la majorité était silencieuse. Aa, oui, ça ressemble (rire). Il n’y a pas beaucoup de groupe avec un tel lien, je me suis demandé « est-ce que je peux en avoir un? ».

-Avant de commencer sukekiyo vous aimiez les troupes underground et GENET de AUTO-MOD était venu voir un live de sukekiyo. Il y avait en fait une performance live.

Kyo: Je ne connaissais aucun des membres de la troupe et je ne suis pas allé les voir. J’aime Banyuuinryoku mais je n’ai pas fait de recherche ou je ne me suis pas informé à propos d’eux. Au contraire, je ne veux pas étudier. Je veux exprimer ce sentiment comme s’il s’agissait d’un vrai corps, si je m’informe ou apporte des connaissances, ça restera dans ma tête et ça ressemblera à une imitation. D’un autre côté je n’aime pas voir quelque chose fait naturellement et penser à le refaire à l’identique. Je n’aime pas être attaché. Donc je ne veux rien apporter. J’aime ce que j’aime mais je ne fais pas de recherche approfondie. Je chante et bouge toujours aussi naturellement que possible.

-Je vois. Moins vous en savez, moins vous êtes attaché. C’est en 2015 que le premier concert avec le groupe de danseurs Banyuuinryoku a eu lieu. Je pense que la scène étrange et l’expressivité ont largement fait connaitre leur caractère distinctif qui est complètement différent des autres.

Kyo: Surement. Quel genre de réaction chimique se produira lorsque la vision du monde de sukekiyo s’ajoutera à la performance de Banyuuinryoku? Moi aussi je voulais le voir. C’est complètement différent maintenant mais je pense que ça serait intéressant d’avoir de plus en plus de réactions chimiques. N’est ce pas le plus amusant pour nous de nous dire « je me demande comment ça va se passer. C’est excitant » Si vous pouvez voir la forme complète ce n’est pas amusant. Quelque chose comme « ça sera peut être comme ça, comme je l’imaginais c’était comme ça, et donc?… »

-Je pense que vous voulez vous amuser de ce qui pourrait se passer car vous êtes pur / vrai.

Kyo: C’est pourquoi je ne suis pas si différent des fans.

-Quand vous partagez la scène avec les danseurs, on veut connaitre l’histoire qu’il y a derrière tout ça. Ça accentue l’intérêt. N’était-ce pas planifié?

Kyo: Même si c’était ça, ce n’est pas vraiment ce à quoi je pensais en le faisant. On fait seulement ce qu’on veux faire. Même si l’histoire est grand en quelque sorte, on n’ose pas donner de réponse complète. N’est-ce pas ennuyeux? Parce qu’il n’y a qu’une seule réponse. C’est pourquoi on peut y penser de différentes manières. et ne pas donner de réponse c’est un peu bizarre. Je ne veux pas que ça se produise. Les personnes pensent et détiennent des choses différentes, le vrai et le faux est également différent. Ressentir les choses naturellement, ce qu’on ressenti ces personnes est leur réponse. C’est bien comme ça. Quand les réponses de tout le monde se connectent, tout se disperse et c’est très bien. C’est pourquoi ce n’est pas ce que je visais mais si c’est ce que ça donne c’est très bien. Je ne pense pas avoir toutes les vérités donc je veux que vous ressentiez les choses librement.

-Mais les couleur de sukekiyo sont la tristesse. Ça ne prend pas direction heureuse.

Kyo: C’est la base. Je n’accepte pas les choses heureuses. Je me demande pourquoi. Je ne sais pas, je veux être heureux.

-Un vrai sentiment?

Kyo: Oui. Mais je ne peux pas. Avoir une telle personnalité. Je ne suis pas assez pur pour rendre les gens heureux (rire)

-Vous dites ça en riant (rire)

Kyo: Je pense que même s’il y a toujours des gens qui ont l’air heureux, ils portent forcément quelque chose de sombre. Mais bon, je pense que ça va si on se sent bien.

-Les personnes qui pensent comme ça ne veulent jamais être invitées à un mariage. Elles ne sont pas invitées.

Kyo: Hahaha! Mais peu importe qui est invité, je pense que 10% ou 20% sont inutiles. A la télé il y a des mariages et des nouvelles joyeuses. Non, ils ont l’air heureux mais ils prennent peut être des médicaments.

-Je vais jeter les journaux des arts du spectacle (rire)

Kyo: Si je ne pense plus comme ça je ne peux pas vivre. Peut-être que les gens qui sont 100% heureux peuvent célébrer le bonheur des gens à 100%. Je n’ai pas ça donc je ne peux pas me permettre de célébrer le bonheur des gens à 100% (rire). Je ne veux pas être considéré comme une bonne personne. Je suis comme ça. Je pense que c’est bien d’avoir une seule personne comme ça.

-Mais pourquoi? Vous savez que vous pouvez ne pas célébrer le bonheur des autres? Il y a des personnes qui ne se regardent pas et détournent les yeux de leur personnalité.

Kyo: Oui, il y en a. Je la vois. Moi je la vois. Je pense que je suis vraiment tout en bas. Je suis clairement tout au fond. Après tout c’est moi… C’est ma personnalité. Donc quand je parle à des gens on me dit souvent « n’est-ce pas plus amusant pour vous? » je ne pense pas du tout que ce soit le cas. La raison est le fait que je sois au fond tout en aillant beaucoup d’ambition. Il y a beaucoup de choses que je veux faire et elles sont connectées. C’est effrayant. Je ne suis pas toujours satisfait de ce que je fais. Quand je me dis que j’ai fait quelque chose de bien, le lendemain je me dis « c’est vide » donc je sens toujours que je ne suis pas satisfait. Et bien sûr quand je pense que ce que je fais est bien, je me dis toujours qu’une autre personne aurait fait mieux. C’est vraiment être tout au fond. Je pense que tout le monde est au dessus… à bien des égards. Quand les gens de l’entreprise me parlent et disent « ça doit être bien d’être vous » je trouve ça insupportable.

-Mais vous faites toujours des tournées mondiales à laquelle tout groupe aspire, et des festivals à l’étranger etc, ce n’est pas bien?

Kyo: Non pas moi. Il y a peut être des gens qui l’envient mais moi j’envie ceux qui ne font que des tournées au Japon. Je me dis « remplacez moi s’il vous plait ». Je ne veux pas aller à l’étranger. Si vous voulez nous voir, venez depuis l’étranger. C’est bas mais, pourquoi c’est moi qui doit y aller? Je sais que les étrangers veulent nous voir mais si c’est le cas, venez au Japon. Pourquoi c’est moi qui doit y aller? Je ne déteste pas les étrangers. C’est juste que c’est compliqué.

-C’est stressant de voyager à l’étranger.

Kyo: Le voyage aussi, avant d’aller à l’étranger [en Amérique] on a un entretient au Japon pour le visa. C’est ça qui est stressant. Je ne parle pas du tout anglais et on me demande en anglais des trucs comme « vous partez pour combien de temps? », « quel est votre profession, que faites vous? ». C’est que du stresse.

-Vous avez mentionné qu vous n’étiez pas satisfait mais vous avez probablement ressenti du plaisir la première fois que vous étiez dans un groupe et que vous vous êtes tenu sur scène, je pense que la performance live était satisfaisante.

Kyo: Tout a commencé à partir de là.

-Quand est-ce que ce sentiment d’insatisfaction a commencé?

Kyo: C’est depuis quand déjà. Au moment où j’ai commencé sukekiyo, avant ça je tournais en rond dans la musique, mais quand je suis sorti, quand j’ai pensé que tout allait bien le monde s’est trop élargi. C’est très grand. Aussi, écouter différents genres de musique est très stimulant. Je me suis dis « il y a un tel monde ». Même quand vous regardez un dessin / une peinture il y a beaucoup de sentiments. Quand je touche à ce genre de chose j’espère ne pas m’exprimer par la technique. Parce que je suis bas, c’est toujours embarrassant d’exprimer ce genre de chose pour quelqu’un qui n’a jamais dessiné ou prit de photo. Il y a beaucoup de personnes différentes, personne ne se ressemble. Si la personne crée naturellement, dessine naturellement, s’exprime naturellement, elle ne ressemblera pas aux autres, donc je me suis dis que c’était bien comme ça. Si vous n’avez pas besoin de technique le frein qui est en vous disparaît. Les choses que je veux faire se sont multipliées.

-Donc vous avez commencé à peindre, à prendre des photos, à faire des expositions etc, à vous exprimer de diverses façons.

Kyo: Oui. Je pense que c’est bien même sans talent. Ça me ressemble. Certaines personnes disent que ce n’est pas bien, peu importe la qualité de la peinture. Ou alors « je ne comprends pas trop mais c’est bien ». Ça dépend des gens. Ça me préoccupais et je n’ai pas pensé aux basiques ou à étudier à partir de zéro. En fait je n’ai jamais étudier le chant ou pris de leçon. Les professeurs de chants doivent penser que je n’ai pas les bases mais ça ne m’empêche pas de chanter. Je fais juste ressortir mes émotions. Dans beaucoup de travaux les émotions sont bloquées, si je peux les faire ressortir c’est bien. Le monde s’élargi quand on change notre position.

-Et en même le sentiment d’insatisfaction s’intensifie.

Kyo: C’est vraiment ça. Les choses que je veux faire tourbillonnent dans ma tête, et il y a aussi beaucoup de choses qui apparaissent d’un coup. Dès que ça flash je le fais. Quand je suis allé au bureau aujourd’hui j’ai parlé avec les employés en attendant, et quelque chose m’est venu en tête. Ça arrive comme ça. C’est arrivé deux ou trois fois pendant notre discussion. Ça arrive souvent. Je fais attention à ces flashs quand ils apparaissent.

-Chez sukekiyo et DIR EN GREY la vitesse à laquelle vous travaillez pour le chant, du début à la fin de la création, est surprenante.

Kyo: Je n’ai jamais vraiment comparé. C’est vrai?

-Les membres le disent souvent. Même si l’arrangement de la chanson n’a pas été déterminé en détail, l’enregistrement du chant est déjà terminé.

Kyo: Eh bien, oui en effet.

-Est-ce que c’est une information correcte!?

Kyo: Pour moi c’est normal. Je ne regarde pas la vitesse des autres. Il n’y a rien de spécial, c’est juste que je déteste être en retard. Je suis arrivé 0 minute avant l’heure. Je suis du genre à vouloir terminer ce que je veux faire le plus vite possible et commencer autre chose. Je rallonge rarement les concerts aussi . Même si je change de maquillage dans les loges, je reviens très vite près de la scène. Si vous pensez que l’attente pour le encore est longue, ce n’est pas de ma faute (rire). Je n’aime pas faire les choses lentement quand je peux les faire rapidement. Le temps est le même pour tout le monde mais il est limité. Selon la façon dont vous utilisez votre temps, tout peut changer, comme votre façon de vivre ou ce que vous pouvez faire. C’est pour ça qu’il y a des moments où le temps est précieux. Bien sûr il y a aussi des personnes qui créent de bonnes choses en prenant le temps de réfléchir, je ne le nie pas du tout. Mais chez moi ça vient d’un coup. C’est ma façon de faire, je ne peux pas la changer.

-C’est mieux d’exprimer quelque chose qui est apparu d’un coup, la qualité est meilleure.

Kyo: C’est vrai. Si je n’exprime pas ce qui m’est venu d’un coup c’est stressant. Je suis là « je veux faire ça, et ça… » je n’ai que ça en tête. Je suis déjà stressé.

-Nous avons tous le même temps mais, il y a longtemps, Tommy, le directeur de la compagnie a dit « Kyo n’aura pas une longue vie »……

Kyo: C’est horrible (rire).

-Parce que vous êtes du genre pressé.

Kyo: On me dit souvent que je suis pressé mais ce n’est pas le cas, pour moi tout le monde est juste lent (rire). Je suis normal, je ne me précipite pas. Je fais les choses normalement. De mon point de vue ce sont les gens autour de moi qui sont lents. Dire que je suis pressé est un malentendu.

-Je pense qu’il y a beaucoup de gens qui réduisent leur diversité musicale en vieillissant. Mais chez vous j’ai l’impression que ça augmente de plus en plus.

Kyo: Non non, pas du tout.

-Je pense que la musique que j’écoutais quand j’étais jeune était la meilleure, avec un champ de vision plus large. Les gens deviennent plus étroits.

Kyo: Aa, je comprends ce que vous voulez dire. Récemment j’aime écouter Madonna. J’avais commencé à écouter ces dernières années. Je n’aimais pas tellement.

-Vous n’écoutez pas ses derniers albums mais ce qu’elle a fait dans les années 80?

Kyo: Oui, c’est ancien. Le son cheap des années 80 est en moi maintenant. Je fais ce genre de demande aux membres. J’aime vraiment le son cheap de cette époque. Je me demande si je peux créer de bonnes choses avec sukekiyo avec ce genre de son. Mais je n’ai pas l’impression d’être si diversifié. Je n’écoute et ne m’informe pas tant que ça sur la musique. Je la sens naturellement.

-Le dernier album de sukekiyo est « INFINITUM ». Je pense que l’ampleur et la profondeur musicale ont atteint un niveau hors du commun. Il y a bien sûr du progressisme, de l’électro et des chansons délicates. Je sentais qu’il se passait quelque chose dans le groupe avec tous ces éléments.

Kyo: Les membres sont géniaux. Je trouve qu’ils sont géniaux, vraiment. Tout en faisant ce que je veux faire, je veux le faire de cette façon, ils arrivent parfaitement à introduire ce dont on a parlé.

-Quand vous dites que vous aimez le son cheap des années 80, avez vous une réponse immédiate?

Kyo: Oui oui. Les choses sont expliquées une par une, bien assimilées et prêtes. N’est ce pas un travail incroyable?

-Je pense que les choses que vous leur présentez sont différentes pour chaque chanson. mais est-ce qu’il vous arrive de leur présenter les choses d’une autre façon?

Kyo: Oui, c’est réciproque. Il y a une chanson dont je ne m’attendais pas. je me suis dis « hein, ça? » mais je l’ai ajouté dans la chanson. Et ça donne une bonne forme. C’est la chanson « dorothy ». Je me suis dis « on est arrivé jusque là, on le fait ». Takumi qui a composé la chanson l’a présentée comme un défi, quelque chose qui peut être intéressant à faire. Nous nous sommes amusés et sommes partis dans plusieurs directions.

-Est-ce que chaque membre continue de proposer des choses pour inciter ses collègues?

Kyo: Tout le monde propose des choses ensemble. Tu es allé là, alors je vais là. Oh tu es allé ici, alors je vais un peu plus loin. En empilant les choses comme ça, ça devient du sukekiyo. Dès que les propositions sont assemblées c’est du sukekiyo.

-La production est rapide mais saine.

Kyo: C’est ce que je pense. Je ne décide pas d’une date de sortie, je compose quand j’en ai envie et quand j’ai le temps. Au lieu d’étudier pour un examen, j’étudie sans qu’il y ait d’examen de prévu. C’est libre. Comme jouer quand tu veux jouer et étudier quand tu veux étudier. Et se dire finalement ça serait bien d’étudier. Comme « on s’en fiche des examens » (rire). C’est pourquoi même pendant la tournée de DIR EN GREY je recevais des nouvelles chansons de la part des membres. Même si la sortie n’est pas décidée.

-Ils savent que vous êtes occupé pendant les tournée donc ils envoient juste des chansons (rire).

Kyo: Non non, ce n’est pas un problème. Il y avait beaucoup de tension. Est-ce que je l’envoie à ce moment? C’est intéressant, n’est ce pas? Il y a une réponse tout de suite. Ce sont les meilleurs.

-Vous vous amusez aussi dans ce processus. Il n’y a pas beaucoup d’exemple de project band qui tiennent aussi longtemps, mais vous avez déjà passé 6 ans avec sukekiyo et tous les membres ont un appétit musical plus fort qu’au début.

Kyo: Tout le monde travaille en s’amusant, vraiment.

-C’est quelque chose qu’on ne pourra jamais enlever à sukekiyo, savez vous ce qui fait la base principale du groupe?

Kyo: Je ne peux rien dire. Il n’y a pas de mot pour le retranscrire. Mais il y a quelque chose. Il y a une ligne dans sukekiyo et nous pouvons faire les choses sans en sortir. Après tout, la base principale de sukekiyo se sont peut-être les chansons, ou l’atmosphère ou les sentiments qu’on ressent pendant les lives. C’est pourquoi on le fait naturellement. sukekiyo n’a rien de particulièrement féminin ou facile à comprendre. Cependant tous les membres savent quelle est la ligne de sukekiyo. Ça n’a pas été dit explicitement mais je pense qu’elle se ressent.

-Comment en parlez vous avec les membres?

Kyo: Tout le monde parle du son mais on ne parle pas vraiment de la forme dans son ensemble. Si c’est une vague image d’une chanson je dis « pour la prochaine j’ai ce genre d’image ». Je suppose que l’idée est de savoir comment chaque membre interprète ce que j’ai dit, le colorer et l’agrandi.

-Ça ressemble vraiment à un groupe. Enfin, je sais que c’est un groupe (rire).

Kyo: C’est un groupe et je suis vraiment libre. Parce que c’est fatiguant quand il y a des délais et des dates de sortie. Autant que possible, j’aimerais que les membres fassent les choses librement, je dis seulement que ça serait bien de sortir quelque chose dans l’année. Alors, quand chaque personne a le temps, on compose quelque chose. N’est ce pas la meilleure façon de composer? Sukekiyo travaille dans ce genre de tension. C’est pourquoi on fait parfois calmement des chansons inachevées en live. N’est-ce pas intéressant?

-Quand vous ne faisiez que DIR EN GREY, les mélodies et les paroles changeaient brusquement pendant les lives. Dans sukekiyo vous le faites aussi bien sûr, mais vous ajoutez également des nouveaux instruments qui change la perception de la chanson.

Kyo: Les autres membres sont aussi intéressés (rire). Wow, vraiment, comment tu fais ? Je le fais le jour des répétitions et si ça na va pas bien sûr je ne le fais pas. C’est un minimum, mais en général ça amuse tout le monde. Ça conduit finalement à la croissance de la chanson. Ça serait pas bien de le faire pour l’enregistrement ? Chaque fois que nous faisons un live les chansons changent. En fait j’ai toujours envie de faire un album après un live ou une tournée mais je ne peux pas, donc je fais les lives sérieusement en créant un environnement aussi proche que possible des membres. Je ne peux pas expliquer mieux que ça. C’est la même chose avec DIR EN GREY. D’après moi, je fais les deux très sérieusement. Je ne le fais pas comme un simple travail.

-Aussi, les lives c’est un endroit pour annoncer les compositions.

Kyo: C’est ça.

-Pensez vous que les lives sont un endroit pour la création?

Kyo: Oui. Je ne dis pas aux fans « on a composé cette chanson, écoutez là s’il vous plait ». On aime la jouer donc on la fait même si elle n’est pas complète.

-On se demande comment sera cette chanson au prochain live, bien que ce soit une chanson qu’on connait de l’album on espère un changement et une différence émotionnelle.

Kyo: Même si c’est un live on décide de la construction et du développement, la setlist ne change quasiment pas, ça augmente bien sûr le degrés de perfection. En tant que professionnel je comprends mais ça ne m’attire pas vraiment. En tant qu’être humain mes émotions sont différentes chaque jour. Quelque fois je me sens bien, quelque fois je me sens mal. Je veux les faire ressortir directement. Je veux toujours le faire de façon crue / brute. Je suis attiré par les choses déformées. A chaque fois que vous venez à un concert il n’y a rien d’identique. Bien sûr c’est comme ça pour la plupart des groupes mais, la distorsion est à chaque fois différente et plus grosse. Je me dis que c’est ce qu’est sukekiyo.

-Ce « ROCK AND READ » sortira le 25 décembre. Ceux qui le lisent vous verront quelques jours plus tard à Shibuya. Ce sera un live du nouvel an exceptionnellement rallongé.

Kyo: Je voulais faire un live de fin d’année mais je ne pouvais pas le faire si le planning de DIR EN GREY était complet. J’ai d’abord décidé du planning de DIR EN GREY et ensuite celui de sukekiyo quand je suis libre. C’est comme ça que ça a pu se réaliser. C’est bien de ne pas être heureux comme nous pour la nouvelle année.

-En plus c’est à Shibuya que les gens font du bruit sur le passage piéton.

Kyo: C’est Shibuya, mais c’est bien que des gens tout en noir se rassemblent et fassent encore plus de bruit. C’est bien qu’il y ait des gens comme ça. C’est une cérémonie d’ouverture, vous pouvez crier, vous pouvez être violent, vous pouvez faire ce que vous voulez, c’est nouvel an.

-Si c’est nouvel an vous pouvez faire ce que vous voulez, c’est une bonne façon de voir les choses (rire). C’est une fête libre.

Kyo: Oui. C’est bien d’avoir des jours comme ça. Parce qu’il y a aussi des jour où on ne peut pas bouger.

-Avez vous prévu de présenter des nouvelles chansons à nouvel an ?

Kyo: Nous allons faire un live en deux parties et nous présenterons une chanson à chaque fois. Donc il y a 2 nouvelles chansons. On peut le faire même si elles ne sont pas encore terminées. J’ai décidé quelles chansons jouer donc je les jouerai absolument.

-L’harmonie entre les membres lors de l’exécution des chansons en live se reflète également dans la chanson jouée, n’est-ce pas? Je pense que les personnes qui seront devant vous ce jour là deviendrons une illustration de clameur / vacarme. Cela pourrait-il changer l’harmonie des nouvelles chansons ?

Kyo: Oui, bien sûr. Jusqu’à maintenant le public ne bouge pas, ne crie pas, la seule réaction chimique est entre le son des membres et l’atmosphère de la salle. Dans cette cérémonie d’ouverture, ce qu’on fera sera impacté par la réaction du public, qu’est ce que ça donnera à l’enregistrement ? Je pense que ça va changer.

-Et une tournée a été décidée pour février prochain.

Kyo: C’est une tournée supplémentaire parce que je n’ai pas assez joué INFINITUM. Je ne sais pas combien de nouvelles chansons seront ajoutées mais je veux faire une nouvelle tournée de l’album car je ne l’ai pas assez fait et je voudrais montrer de nouvelles couleurs.

-La première date de la tournée sera le jour de votre anniversaire le 16 février.

Kyo: Oui, en effet. Je ne m’en soucis pas vraiment. Je le fais seulement pour les fans.

-Moi aussi ça m’intéresse. Vous ne voulez pas célébrer le bonheur des gens (rire) mais vous voulez fêter votre anniversaire.

Kyo: Aa, je célèbre finalement, je suis du genre à me dire « c’est l’année prochaine de toute façon ». Je vis avec l’idée qu’il n’y a rien qui dure toute une vie. Parce que c’est long ou court. Je dis « merci » tout en pensant que je ne serai plus là dans quelques années. Je suis honnête. Tout le monde devrait penser comme ça. On ne montre pas cette mauvaise partie parce que nous sommes des adultes (rire).

-Je suis confus (rire) Vous aviez vos jambes à l’air pour le photoshoot, vous aviez tous ces tatouages ?

Kyo: Ce n’est pas grand chose, je n’ai pas encore tout rempli.

-Même si vous dites qu’il n’y en a pas beaucoup, c’est un moyen de montrer que votre corps est une œuvre.

Kyo: Eh bien, oui. Mais j’y mets des tatouages seulement parce que je le veux.

-Vous n’êtes pas satisfait et vous en voulez plus ?

Kyo: C’est ça. C’est comme la coiffure, ça change tout le temps. Je me fatigue.

-Vous n’avez pas encore trouvé la forme idéale, vous questionnez vous sur ce que vous n’avez pas encore fait ?

Kyo: Il n’y a pas d’idéal. Pour dire les choses simplement, je voulais être beau. N’est-ce pas ce que tout le monde pense ? Mais je ne peux pas l’être (rire). Donc je n’ai pas d’idéal. Ce n’est pas une pensée positive que de détenir un idéal qu’on atteindra jamais…. (rire). Donc je me fatigue moi-même. Certaines personnes ont une vie difficile et ne peuvent pas gaspiller leur temps. Je veux avoir plus de temps. Mais je ne peux pas me le permettre parce que je ne suis pas satisfait.

-Quelle est la chose que vous voulez le plus maintenant ?

Kyo: Du temps. Aussi, je voudrais rester en forme sans dormir. J’ai supprimé le sucre. C’est comme un jeu qu’on endure depuis 3 mois avec les fans, ils disent qu’ils ne prennent pas de sucre. Ça m’énerve de me dire que j’ai supprimé une des choses chose qui me faisait le plus plaisir (rire). Bien que ça soulage du stresse.

-C’est différent que de se réprimander de façon stoïque. Même si ça a l’air stoïque c’est amusant tout en étant frustrant.

Kyo: Oui, en effet.

-Du côté de la musique, avez vous un peu économisé en créant un autre endroit d’expression avec sukekiyo?

-Bien sûr. Nous avons quelques albums, je ne veux vraiment pas être arrêté / restreins.

Interview Kaoru Jame

L’interview est en finnois donc c’est du google traduction.

DIR EN GREY a brisé les frontières de l’art depuis sa création en 1997. Avec son dernier album, The Insulated World, DIR EN GREY atteint de nouvelles dimensions avec une musique dynamique et lourde. La dernière tournée du groupe, This Way to Self-Destruction in North America, a présenté un certain nombre de concerts à guichets fermés et a préparé le terrain pour la prochaine tournée européenne qui débutera le 25 janvier à Moscou, en Russie. Le groupe se produira en Finlande le mardi 28.

JaME s’est entretenu avec le guitariste et compositeur du groupe Kaoru pour discuter de l’attrait de longue date du groupe avant son premier concert nord-américain au Regent Theatre de Los Angeles.

Félicitations pour le concert à guichets fermés ici à Regent! Qu’est-ce que ça fait en tant que groupe japonais de faire des concerts soldout à l’étranger?

Kaoru : Bien sûr, je suis vraiment heureux. Cela fait un moment depuis notre dernière représentation, donc un concert à guichets fermés signifie que les gens nous attendaient. Je suis vraiment reconnaissant à tous ceux qui viennent nous voir aujourd’hui.

Bien sûr, chaque membre du groupe apporte ses propres forces au processus de composition. Comment cela a-t-il évolué au fil des ans et comment apparaît-il sur votre dernier album The Insulated World ?

Kaoru: Avant notre dernier album, notre objectif était toujours de faire un album différent de son prédécesseur. Quelque chose de différent, quelque chose de mieux, nous avons donc toujours agi ainsi. Cet album est le résultat de 10 albums consécutifs qui ont essayé d’être différents les uns des autres. Jusqu’à l’album précédent, nos chansons étaient plus mélodiques, mais c’est un album plus lourd.

On dit que DIR EN GREY ne s’écarte jamais de ses thèmes macabres et nihilistes. Pourtant, ce style séduit les fans et leur apporte joie et confort. Pourquoi pensez-vous que les fans aiment ces thèmes?

Kaoru : Je ne pense pas que les gens ne trouvent le bonheur que dans des chansons joyeuses. Cela ne fonctionne probablement pas de cette façon. Je crois que les gens trouvent de la joie et du réconfort lorsqu’ils se sentent connectés et peuvent s’identifier aux paroles et à la musique. C’est pourquoi les fans ont l’air heureux après nos concerts, et c’est génial.

Si vous vouliez dire aux fans une chose ou une sagesse dont vous aimeriez qu’ils se souviennent en tant qu’artiste, quelle serait-elle?

Kaoru : Bien sûr, il y a de nombreux revers dans la vie de chacun, mais nous devons continuer à pousser.

Qu’est-ce qui vous inspire en ce moment? Quelles pensées ou sentiments ont conduit à la création de votre dernier album, The Insulated World ?

Kaoru : Je ne sais pas pourquoi, mais pour le moment il n’y a rien de spécial qui m’inspire. Je ne sais pas si c’est à cause de mon âge, mais je ne bouge pas autant qu’avant.

Vous jouez ensemble depuis 1997. Selon vous, quelle est la chose la plus importante qui aide un groupe comme vous à rester ensemble pendant plus de deux décennies?

Kaoru : Patience. Cela demande beaucoup de patience.

Vos lives sont devenus plus grands et plus visuellement audacieux au fil des ans. À quoi le public américain peut-il s’attendre lors de cette tournée?

Kaoru : Nous nous concentrons naturellement sur notre nouvel album de cette tournée, donc nous jouons principalement de nouvelles chansons. Vous serez assuré d’une expérience nouvelle et différente.

Avant de monter sur scène, que dites-vous avec les autres membres pour vous préparer pour le concert?

Kaoru: Habituellement, jusqu’au moment de la représentation, nous faisons ce que les gens normaux font maintenant. Juste avant de monter sur scène, nous nous réunissons, nous exclamons, puis les lumières de la scène s’allument.

Que prévoit DIR EN GREY après les tournées américaines et européennes?

Kaoru : C’est déjà annoncé. Après la tournée européenne, nous retournons au Japon et faisons la tournée au printemps. En été, nous terminons la tournée lors de notre dernier concert à Yokohama, puis commençons à faire un nouvel album.

https://www.jame-world.com

Interview Kyo COS

Ce que ça apporte aux gens de voir des concerts de DIR EN GREY.

Kyo: Selon moi, certaines personnes viennent à notre concert et rentrent probablement à la maison comme si elles venaient de perdre leur temps à nous regarder en live tandis que d’autres rentreraient comme si elles venaient de voir le meilleur show de leur vie. Il y a tellement de types de personnes qui se présentent à nos concerts qu’il n’y a aucun moyen de vraiment dire ce que quelqu’un devrait ressentir ou recevoir de notre concert. A chacun sa propre expérience.

La différence culturel entre les tournées américaine et les tournées en Asie. [Ah! ça c’est la question que je me suis toujours posée!]

Kyo: Probablement la réaction des fans lors de nos concerts. Les fans japonais sont toujours à l’unisson, ils ont leur façon de réagir à nos chansons. Ils sont extrêmement silencieux pendant nos chansons plus lentes, tandis qu’à l’étranger, les fans hurlent et se déchaînaient quel que soit le tempo de la chanson que vous jouiez. C’est probablement la plus grande différence que je vois.

A quels obstacles il fait face en tant que musicien asiatique essayant d’importer sa musique à l’international.

Kyo: Je ressens toujours le langage comme un obstacle, mais nous jouons comme toujours.

Grandir au Japon et sa scène musicale rock et metal.

Kyo: Au Japon, le rock et le métal sont deux scènes très distinctes. Je me souviens en grandissant que le rock était plutôt mainstream alors que le métal était presque tabou.

Le premier concert auquel il est allé au Japon.

Kyo: J’ai assisté pour la première fois à un concert du groupe japonais Strawberry Fields dans une salle appelé Kyoto MUSE. Tout était si frais et nouveau, j’ai vraiment pensé « c’est génial! »

Des nouveaux groupes japonais comme « BABYMETAL ».

Kyo: En ce qui concerne BABYMETAL, on ne peut rien dire de mal à leur sujet, n’est-ce pas? Les musiciens sont très talentueux et les filles sont des chanteuses puissantes. Les chanteuses sont de très jeunes femmes qui travaillent dur et qui pourraient être vos propres filles, comment pourriez-vous ne pas penser qu’elles font un excellent travail? C’est presque comme une question piège, je pense.

Si sa famille a soutenu son amour de la musique et sa carrière de musicien.

Kyo: Quand j’ai commencé un groupe, j’avais environ 17 ans et j’ai dû beaucoup demander l’aide de mes parents. Je leur ai aussi emprunté beaucoup d’argent, mais dès que les choses ont prises pour nous, je leur ai remboursé chaque centime. À notre époque indies, nous jouions tellement de concerts que je ne pouvais même pas faire un petit boulot à côté pour joindre les deux bouts. Ma mère me soutient toujours à ce jour mais je ne sais pas si mon père pense que je fais une bonne chose, même aujourd’hui.

Comment la culture japonaise a impacté sa musique et ses paroles.

Kyo: Je pense que cela a beaucoup d’impact. J’ai souvent une sorte d’image «japonaise» dans ma tête lorsque je compose des paroles.

Sa connexion avec ses chansons et ses paroles.

Kyo: Bien sûr, toutes mes paroles sont personnelles pour moi, je m’identifie à chacune d’elles. Mais les plus récentes sont pour moi les plus personnelles en ce moment, naturellement.

Les 20 ans de leur premier album GAUZE.

Kyo: Nous avons obtenu un contrat en major avec Gauze. À l’époque, passer de la scène indies à la scène major était un gros problème. Cela signifiait qu’il était enfin temps que votre groupe et votre musique soient présentés sur à la télévision et dans les magazines. Je me souviens que c’était une époque où nous étions en même temps très inquiets mais pleins d’attentes.

Sa relation avec la légende de X Japan Yoshiki, qui a produit des chansons de GAUZE.

Kyo: Je voulais être dans un groupe à cause de groupes comme X Japan et Buck Tick, donc Yoshiki était une grande inspiration pour nous à l’époque. C’est quelqu’un que nous respectons tous beaucoup.

Ce qui est prévu pour la suite.

Kyo: Nous allons fair une tournée en Europe début 2020, puis reviendrons au Japon en mars. Nous avons également annoncé un concert de deux jours au Pia Arena MM à Kanagawa les 23 et 24 juillet. Cette salle a une capacité de 10 000 personnes, nous sommes excités.

https://consequenceofsound.net

Interview Shinya

C’est la première tournée américaine de Dir en grey en quatre ans. Le groupe a-t-il interrompu ses tournées pendant cette période ou a t-il tourné ailleurs? [sérieusement?]

Shinya: Nous étions toujours actifs au Japon depuis quatre ans. Nous avons tournée en Asie et en Europe, c’est juste que nous ne sommes pas revenus aux États-Unis jusqu’à présent.

Vous faites de nombreux concerts lors de cette tournée. À quoi attribuez-vous la longévité du groupe dans ce pays?

Shinya: Nous savons que nous n’allons pas continuer ce groupe pour toujours. Nous avons réalisé un jour … « Whoa, ça fait maintenant 20 ans que nous sommes ensemble! » On a juste fait une chose à la fois, et avant de le savoir, voilà où nous en sommes.

The Insulated World est le 10eme album de Dir en grey. Comment le processus d’écriture et d’enregistrement du groupe a-t-il changé au cours des deux dernières décennies?

Shinya: Nous essayons de faire quelque chose de différent avec chaque album. Avant The insulated world il y avait Arche (2014). Celui-là avait plus de mélodie; c’était plus un tempo moyen, et après avoir joué cet album [pendant quelques années], nous avons réalisé que nous voulions aller vers quelque chose de plus lourd, quelque chose de plus agressif. C’est pourquoi nous avons crée The Insulated World.

Dir en grey a toujours alterné anglais et japonais dans ses titres de chansons et d’albums. Vous souvenez-vous pourquoi vous avez commencé à utiliser l’anglais dans votre musique?

Shinya: Même depuis le premier album, nous utilisions déjà des titres anglais pour les chansons. À l’époque, beaucoup de groupes japonais utilisaient l’anglais pour les titres de chansons ou les titres d’albums. Nous ne pensions pas, « Oh oui, nous voulons pouvoir aller à l’étranger un jour. » C’était juste quelque chose qu’on faisait à l’époque… et aujourd’hui aussi, je suppose.

J’adore «The world of mercy». D’après le clip, je peux comprendre que la chanson aborde la violence dans les écoles, ce qui est un problème d’actualité en Amérique. Dans quelle mesure les paroles de la chanson sont-elles liées à ce sujet?

Shinya: La vidéo est basée sur ce que Kyo, notre chanteur, voulait relier à ses paroles. Je pense que la vidéo est ce que les paroles véhiculent.

Le clip est nettement plus court que le morceau de 10 minutes de « The world of mercy ». Comment voyez vous le fait de raccourcir une chanson aussi longue pour une vidéo?

Shinya: Pour « The world of mercy », nous n’avions pas vraiment à éditer la chanson; nous avons simplement coupé la chanson à 3:00. Ce n’était pas aussi difficile que de restructurer une longue chanson.

Mais il y a tellement de choses qui arrivent après ce passage dans la chanson. Pensez vous que le message est correctement transmis dans cette version abrégée?

Shinya: Bien sûr, on a l’impression qu’il n’y a qu’une partie qui a été faite. Mais il y aura quelque chose d’autre qui sortira plus tard. Il suffit d’attendre et de voir, car l’histoire n’est pas encore terminée.

Donc il y aura une autre partie à cette vidéo?

Shinya: Peut-être.

Quand a été composé «THE world of mercy!»? [La personne écrit toujours « World of Mercy, c’est insupportable XD] Ça a commencé avec un concept lyrique ou une idée musicale?

Shinya: Nous avons commencé à travailler sur la composition en février de cette année. Pour cette chanson la musique est venue avant les paroles.

Je pense que ça a son avantage en tant que single, alors qu’elle pourrait ne pas recevoir autant d’attention dans un album.

Shinya: Oui!

Dir en grey a parcouru tant de terrains musicalement dans sa carrière. Y a-t-il des chansons ou des albums pour lesquels vous avez perdu votre connexion ou que vous n’aimez plus? Y a-t-il d’autres périodes du groupe qui, selon vous, sont intemporelles?

Shinya: Pour moi, il n’y a pas de chansons avec lesquelles je ne me sens plus connecté. La chanson que j’aime le plus est probablement «Macabre», mais pas la version originale; la nouvelle version extra longue. Cette chanson est ma préférée.

Sans rien révéler, à quoi les fans peuvent-ils s’attendre pour les concerts aux États-Unis?

Shinya: Les visuels sur scène ont toujours fait partie intégrante de Dir en grey, donc les fans peuvent s’attendre à mieux comprendre le monde du groupe. Bien sûr, c’est une vitrine du dernier album et du nouveau single, « The world of mercy ». C’est une combinaison des deux.
Cela fait quatre ans que nous [avons joué pour la dernière fois en Amérique]. Nous sommes meilleurs, plus forts et plus puissants aujourd’hui. Nous espérons voir tout le monde à nos concerts. Il n’en reste que quelques-uns, alors j’espère qu’on se verra là bas.

https://wmms.iheart.com

Interview Dir en grey tournée américaine

Le phénomène du métal avant-gardiste japonais, Dir en grey, maîtres de la bizarrerie, inhabituel et inquiétant, est de retour en Amérique du Nord pour la première fois depuis 2015. Avec une tournée en tête d’affiche, TOUR19 This Way to Self-Destruction, composée de huit dates aux États-Unis et au Mexique en décembre. Nous avons discuté avec le groupe de différents sujets, y compris The insulated world de 2018 et leur retour aux États-Unis.

-Le processus d’enregistrement a-t-il changé au fil du temps ou le groupe a-t-il établi une routine qui n’a pas changé?

Die: La plus grande différence sur cet album est que nous avons travaillé avec un nouvel ingénieur, Dan Lancaster, avec qui nous n’avions jamais travaillé auparavant. Il nous a fallu un certain temps pour nous connaître et pour qu’il comprenne notre musique, la communication était donc essentielle.

-Sur le plan thématique, vos albums sont en constante évolution et foulent de nouveaux horizons. Comment ces thèmes se forment-ils habituellement? Est-ce un effort de groupe?

Die: Oui, c’est un effort de groupe car pendant que nous travaillons sur la musique, Kyo écrit des paroles qui façonnent le monde autour de l’album. Tout est lié et nous avançons avec tout ce qui semble bien à ce moment-là.

-Par rapport aux albums précédents, comment a été l’enregistrement de The Insulated World? Y a-t-il eu des moments particuliers qui vous ont marqué?

Toshiya: L’enregistrement de cet album n’était pas très différent des albums précédents, on a toujours l’impression de lutter contre le temps avec chaque album que nous enregistrons. A chaque fois nous terminons juste avant notre date limite. Nous sommes toujours pressé mais c’est bien! Quant aux moments qui se sont démarqués… sans rapport avec notre processus d’enregistrement, notre ingénieur attendait un bébé et je me souviens à quel point il attendait que sa femme accouche pendant que nous étions dans le studio.

-Quel genre de concerts préférez-vous jouer: petits lieux ou festivals? Dans quel cadre pensez-vous que Dir en grey prospère? [on se demande hein XD]

Kaoru: Lorsque nous sommes en tête d’affiche de concerts au Japon, nous avons notre équipe principale avec nous et, souvent, nous jouons dans des salles auxquelles nous sommes habitués. En ce sens, c’est toujours plus confortable, juste parce que vous savez dans quoi vous vous embarquez. Les festivals en général sont plus imprévisibles et vous amenez votre live sur un terrain inconnu, mais ce n’est certainement pas la raison pour laquelle nous n’en faisons pas beaucoup. Être sur scène dans n’importe quel contexte est toujours excitant pour nous.

-Cela fait quatre ans depuis votre dernière tournée en Amérique. Pensez-vous que les concerts seront très différents ou une expérience familière?

Shinya: Je ne pense pas que ce soit si différent, mais qui sait ce qui se passera une fois sur scène. Je dois dire que les chansons que nous jouons maintenant sont plus excitantes et avec une sensation différente. Je pense que la perception générale de nos chansons est différente aujourd’hui par rapport à il y a quatre ans. Vous devriez venir voir par vous-même pour en faire l’expérience.

-Quelles sont les choses que le groupe aime faire pour passer le temps sur la route? Y a-t-il des traditions de tournée?

Toshiya: Quand j’ai le temps, j’aime me promener dans le quartier où se trouvent nos salles. C’est toujours agréable de voir ce qui se passe dans les villes que nous visitons.

-Est-ce que la performance de vos nouvelles chansons a été difficile ou s’est-elle bien déroulée d’après vos années d’expérience?

Kaoru: Lorsque nous jouons nos chansons pour la première fois, ce n’est pas seulement une question de technicité sur scène, mais aussi de réaction du public. Il y a beaucoup de choses que nous ne pouvons pas prévoir avant de jouer de nouvelles chansons sur scène pour la première fois, donc dans ce sens, c’est toujours difficile.

-Que pensez-vous que l’avenir réserve à Dir en grey? Les fans peuvent-ils s’attendre à plus de tournées américaines dans les années à venir?

Shinya: Nous venons de commencer la tournée en Amérique du Nord et nous avons hâte de voir nos fans réagir aux nouvelles chansons. Si tout se passe bien, nous aimerions certainement revenir, chaque année si possible. Nous espérons donc que la réponse est positive!

https://www.metalinsider.net

Interview Die x Shinya Spice

Dir en grey a sorti une nouvelle chanson conceptuelle de plus de 10mn, leur 30ème single « The world of mercy ». Que signifie cette chanson pour un groupe avec une telle carrière? Je suis allé demander à Die (Gt) et Shinya (Dr).

-« The world of mercy » est le 30ème single, avez-vous réalisé le long chemin parcouru?

Die: Eh bien, je pense que nous avons sorti beaucoup de singles. Quand je repense aux premiers singles, la qualité sonore était différente mais les fondamentaux du groupe n’ont pas changé. Ça inclut aussi la partie émotionnelle…. « Akuro no oka », « Zan » ou « Yurameki » c’est bizarre de les inclure ici mais je sens que la racine d’origine n’a pas changé.

-Même si l’image sonore a évolué, dans le cas de ce groupe, le noyau et la saveur n’ont pas été perdus. C’est aussi le cas de la mélodie ressentie à la racine.

Die: Tout à fait. Ça fait 20 ans depuis la sortie des singles de nos débuts en 99. Comme The world of mercy dure 10 minutes, c’est comme si nous avions sorti 3 singles (single de longueur normale). Ça me rappelle quand nous avions sorti 3 singles simultanément à nos débuts. C’est marrant de se dire que les éléments de type ballade, pop et hard core de cette époque ont été rassemblés en une seule chanson.

-Je vois!… C’est un résumé de cette interview (rire).

Die: Hahaha, j’aurais dû le dire à la fin (rire).

-C’est pas grave (rire)

Shinya: J’ai réalisé que c’était le 30ème single quand on me l’a dit pour une interview, donc bien sûr je ne l’ai pas fait en étant conscient de ça mais, maintenant que vous en parlez, je pense que c’est une chanson qui contient une étape importante de Dir en grey.

-Donc je pense qu’une des choses les plus importantes quand le groupe sort un single est naturellement l’impact, comment avez-vous crée The world of mercy?

Die: Jusqu’à présent, même à nos débuts on avait des chansons rapides comme « Zan », des chansons comme « Agitated scream of maggots ». Ensuite ces deux singles « Utafumi » et « Ningen wo kaburu » sont des chansons compactes de 3 minutes, donc le prochain single serait aussi compact… nous avons surmonté les obstacles et réfléchi à ce qu’il fallait faire, incluant l’impact. En faisant ça Kyo a proposé l’idée de faire un single avec une longue chanson de 10 minutes et nous avons commencé à créer en se basant sur ça.

-Je vois. Mais une chanson de 10mn c’est toujours « votre style » n’est-ce pas. Ce ne serait pas réaliste pour Dir en grey de faire une chanson pop pour un single.

Die: Ah… eh bien, ça serait aussi intéressant (rire). Au contraire, quel genre de chose pouvons nous faire maintenant? L’accord majeur serait aussi nouveau.

-Ah bon. J’aimerais écouter même si ça ne sort pas.

Die: Hahaha. Nous avons aussi travaillé sur la production pendant la tournée de printemps. Comme nous baignions constamment dans le son en live, même après avoir quitté la scène et s’être mit à composer il restait une sensation naturelle, une sensation de groupe. Est-ce que le son qui résonne pénètre le corps? Je pense que cette sensation de groupe a eu un bon effet pour la composition de ce single. Personnellement je voulais être conscient du groove, où je dois être dans le groupe, pendant que je jouais les lives je voulais devenir quelque chose de plus réel comme un souffle humain. L’enregistrement est plus pratique maintenant. Si j’enregistre une phrase et que je la connecte, ça sera joli mais je veux continuer de jouer. Je peux faire des erreurs en chemin mais je voulais enregistrer de cette façon. Ça a servi comme partie émotionnelle.

-Il semble que ça a prit plus de 6 mois à produire, quelles sont les raisons?

Shinya: Nous avons déjà fait des longues chansons mais elles étaient construites avec beaucoup de développements, cette fois ça suit The insulated world, c’est une longue chanson avec un style différent…. c’était difficile parce que c’était une nouvelle expérience. Et puis ce sont deux chansons originales qui sont devenues une chanson donc ça a prit du temps à faire.

-Dans le passé il y avait « Vinushka » et « Diabolos » comme longues chansons, mais elle est différente de celles-ci.

Die: Naturellement nous avons composé en faisant en sorte qu’il n’y ait pas la même image. C’était compliqué de trouver un compromis pour aller plus loin mais comme tout le monde travaillait avec cette image, le chant est devenu le point central. Changer le back pour faire du chant la base… Les accords ont été déterminés par le chant, tout le monde a soigneusement organisé les accords qui avaient été joués et la chanson progressait comme ça. A la fin il y a un chœur qui ressemble à une chorale donc si on fait une note le nombre de sons augmente. Il y a aussi un calcul précis pour créer un espace entre le chant et la mélodie afin que les sons ne se heurtent pas. L’intro commence avec le chant donc, d’une certaine manière, je pense que c’est une chanson construite autour du chant.

-Qu’en est-il de votre partie Shinya?

Shinya: En gros je l’ai volontairement fait rapidement. J’ai essayé de faire des phrases qui ne soient pas trop en désordre et qui donnent une impression de groove pendant les lives. J’en ai un peu parlé tout à l’heure mais les deux chansons avaient une atmosphère différente et quand elles sont devenues une chanson, elle avait presque la même forme que maintenant.

-Au fait, qui a composé chacune des chansons?

Shinya: C’est Kaoru et moi.

-Ah! Vous avez composé, c’est important ce que vous dites ici!

Die: Hahaha! [Oui Die? un commentaire?]

Shinya: Non (rire). Cependant, j’ai joué comme ça (avec l’importance du groove) mais ça n’avait pas de lien avec le fait que j’avais composé. J’ai eu conscience de cette façon de jouer quand j’ai tout redécouvert avec la forme actuelle.

-Le single précédent « Ningen wo kaburu » avait une phrase avec un fill en continu mais c’est joué d’une façon différente.

Shinya: Oui. A l’époque de « Ningen wo kaburu » c’était très compliqué mais j’ai l’impression d’avoir passé le style de The insulated world et maintenant j’en suis là.

Die: Mais c’est quand même pas facile une chanson de 10 minutes. Je pense que ça demande beaucoup plus d’efforts qu’une autre chanson. [Je crois qu’on a compris XD]

-Le résultat fait qu’on atteint l’apogée plusieurs fois et c’est ce qui retient l’auditeur donc c’est une composition superbe. Chaque section a un lien entre le son, le chant et les paroles, je pense que c’est la forme dans laquelle les pensées / sentiments de chaque membre se sont regroupées.

Die: C’est magnifique ce que vous dites (rire)

-C’est vrai! (rire). Pendant la production, aviez-vous planifié une construction dramatique pour les solos de guitare?

Die: Aah… est-ce que j’ai joué un solo de guitare récemment?

-« Aka » dans « The insulated world » ou « Uroko » dans l’album précédent « Arche », c’est un solo harmonieux en twin lead?

Die: Oui oui. Avec ce genre de longue chanson on a tendance à imaginer un groupe de metal progressiste non? C’était aussi le cas avec « The insulated world » mais récemment on a supprimé le style metal, peut-être qu’il persiste. De toute façon quand on ajoute un solo de guitare on se dit « ah, c’est vrai ».

-Vous ne vouliez pas que ça ressemble à du metal.

Die: Non. On veut éviter qu’il y ait un style. Par exemple, « Dum spiro spero » était composé d’une beauté de construction [pardon, c’est pas très français mais je sais pas comment le dire] mais même si c’est 10 minutes, je bombarde de riffs et je me préoccupe particulièrement de la guitare qui crée l’atmosphère. Je pense que ça c’est du Dir en grey. C’est ça, nos longues chansons.

-Je vois. D’autre part, la chanson en elle même évoluera d’une manière drastique.

Shinya: Eh bien, je suis doué pour le changement de rythme.

Die: Le tempo aussi change en plein milieu?

Shinya: Oui.

Die: A l’endroit où le bang se prolonge le rythme du métronome change, ça a l’air difficile à suivre. Sur 10 minutes, il faut se rappeler tous les détails pour le live non?

Shinya: Oui….. (rire) [Cherche pas Die, y’a que toi qui te plaint]

-Aussi, il y a le refrain après l’accélération du tempo, dans le cas de Dir en grey, il y a beaucoup de choses qui ont un haut degré de difficulté pendant les performances live.

Die: Mais oui! Mais cette fois je sens qu’il y a un bon feeling.

Shinya: Eh bien, ce n’est pas que cette chanson mais je ne la fais pas pour les lives…..

Die: Tu la fais dans ton cœur / âme?

Shinya: Oui, dans mon cœur / âme (rire). Mais je participe activement à l’enregistrement.

Die: S’il n’y a pas la voix de Shinya, il n’y aurait pas assez de sons graves.

-Vous parlez de la death voice?

Die: Oui.

Shinya: Non (rire), ce n’est pas la death voice.

-Ah? C’est quelque chose de différent?

Die: C’est un homme de l’ombre. Avec la voix la plus profonde……. n’est-ce pas?

Shinya: Oui, c’est ça. c’est exactement ça.

-(rire) Le premier single de la dernière période « Utafumi » a fini dans The insulated world, je me demande si la tension de cette chanson n’a pas quelque part prédit l’album.

Die: Aah, oui oui. Si on pense ça… est-ce que le prochain album sera épique? (rire) Mais, si ça se produit…..

-Il contiendrait 6 chansons?

Die: Hahaha! Mais ça serait intéressant. En fait, c’est lors de la prochaine tournée qu’on ressentira quel genre de chanson sera souhaité pour l’album. Comme je l’ai dit avant, je veux plus de groove. Je ne veux pas simplifier les choses en les réduisant mais je veux exprimer davantage avec le groupe ce que font les humains comme ressentir la respiration, la peau de tout le monde. Même en live je voudrais pouvoir faire les choses librement, comme dans le passé quand on courait ensemble en plein milieu d’une chanson…. c’est ce que j’aimerais faire maintenant. [qu’il est nostalgique ce garçon]

-Des choses qui ne soient pas trop carrées.

Die: Oui. Le métronome est la première raison parce qu’on doit être synchro avec la performance live. Mais si on ne s’occupe que de ça, au fil de la tournée on en abuserait, en quelque sorte. Si vous êtes à l’aise avec le métronome et la synchronisation et que vous faites juste le live simplement, honnêtement vous pouvez continuer sans problème. Mais si vous jouez normalement c’est déjà faux. Je pense qu’il ne faut pas s’y habituer. Naturellement c’est important pour nous de se diriger mais je veux faire les lives en priorisant le groupe tout en en faisant bon usage [du métronome].

-Vous aussi vous vous dirigez vers cette impression de vrai groupe Shinya?

Shinya: Oui, ces derniers temps je me dirige vers ça.

-Est-ce que ça se reflète dans la composition des chansons?

Shinya: Non, pendant la composition je ne me préoccupe de rien, je compose juste normalement. Quand j’ai fini on assemble le son de tout le monde, on fait l’arrangement et là on pense au groove qui est encore plat.

-Et donc, au stade de la composition….

Shinya: Il n’y a rien.

-D’accord (rire). Parlons de la version acoustique de « Dozing green ». C’est un bon arrangement, le développement rythmique de l’interlude contient un air frais / naturel.

Die: L’idée de base était d’essayer de la faire en acoustique tout en gardant les riffs de la chanson originale. Ensuite j’utilise un accord que j’apprécie personnellement et le remplace par un « tension chord ». A l’opposé de la chanson titre, j’ai crée la forme en 1 jour en jouant de la guitare acoustique chez moi.

Shinya: Pour la batterie, je l’aie enregistrée en partant du principe que je la jouerai en live, je l’ai fait avec un set de base. Quand l’arrangement de Die a été présenté ça avait presque cette forme et le son de la batterie a été peaufiné.

Die: Tu as pu le faire correctement?

Shinya: J’ai tout de suite compris juste en entendant ce que ça donnait.

Die: Tu cherche le son qui convient le mieux.

Shinya: Dès que j’ai eu une direction claire c’était fluide.

-Ça me donne envie de voir le set unplugged du Yokohama pacifico (2007) avec la forme actuelle de Dir en grey.

Die: Vous avez bonne mémoire (rire). Bien sûr on la jouera en live, mais l’acoustique d’un son live, prendre le rythme, [et j’ai pas bien compris la suite, un truc du style « capturer l’écart / l’espace et le son ça devient très difficile »]

Shinya: Je suis pour les chansons acoustiques en live mais je pense que ça serait mieux un live fait uniquement de ça.

-Ooh, est-ce que quelque chose est prévu?

Shinya: (sourire)

Die: On n’a jamais fait de live composé uniquement d’acoustique. Si on le fait le groupe pourra se developper, je suis d’accord avec ça. Mais je pense qu’il nous faudra une semaine en camps d’entrainement (rire). Eh bien, en 22 ans on n’a jamais eu ce genre de live. C’est amusant de faire des choses qu’on n’a jamais faites, si tout le monde est motivé ça pourrait se faire.

-Je suis impatient. Quand vous écoutez les chansons composées par les autres membres, pouvez-vous voir la couleur de chacun?

Die: Eh bien…… en ce qui concerne Shinya, c’est étincelant [ça essaye de pécho!]. Il y a des parties qui étincellent joliment, je les reconnais de suite. Pour Kaoru, ça me fait penser qu’il a beaucoup réfléchi, comment dire….. c’est facile d’élargir l’image à partir de là. C’est une chanson qui élargi ma toile.

– C’est une chanson qui stimule l’imagination.

Die: Oui, de là c’est facile de voir comment les choses sont connectées et sont liées avec la chanson. Si c’était moi qui avait composé je me demande s’il y aurait eu autant de connexions (rire). Il y a une partie que j’ai calculée moi même, et ça ne va pas si ce n’est pas comme ça. Beaucoup d’accords et sons ont été décidés au début.

Shinya: Cette chanson de Die a des accords impressionnants, on peut clairement voir qu’on a une bonne mélodie quand il n’y a plus de mélodie. Quand j’écoute la chanson de Kaoru je me dis « aah, on prend ce chemin pour la suite »…. c’est sa nouvelle tendance. Je comprends en écoutant.

-Ça donne un indice rapide sur le genre de chanson qui sortira la prochaine fois.

Die: Oui, c’est pourquoi il y a un bon feeling actuellement. Plutôt que de viser quelque chose en particulier, j’ai pensé que c’était mieux de faire les choses naturellement. Quand on fait l’arrangement avec le groupe, c’est bien si on peut le faire en pensant au groove. C’est pourquoi, le fait que Shinya ajoute quelque chose d’étincelant apporte un vent nouveau au groupe.

-La tournée nationale qui débute en septembre sera t-elle sous la forme de ce single?

Die: Oui. Comme il y aura des longues chansons ce ne sera pas uniquement un live dynamique, puis il y aura des chansons de « The insulated world » qui n’ont pas encore été jouées en live, cette fois toutes les chansons seront jouées. L’atmosphère changera radicalement par rapport à la tournée précédente. Les chansons longues nécessiteront plus de concentration de la part des membres. Le métronome sera nécessaire. Ensuite le groupe changera à nouveau et je voudrais qu’on dise « je peux le faire même sans le métronome ».

-Il s’agit de savoir comment s’équilibrer soi-même, n’est-ce pas.

Shinya: C’est une longue chanson qui ne fait pas partie de « The insulated world » donc c’est deux longues chansons qui sont intégrées, ce n’est pas juste de l’énergie, quelque chose comme…… une bonne ambiance….

Die: « une bonne ambiance » (rire)

Shinya: (rire)….. je me demande si ça sera comme ça. J’aime écouter ce genre de chansons, mais les jouer en live c’est très fatiguant.

Die: Ça serait bien d’expérimenter les deux. En décidant de travailler dur tu veux ressentir la fatigue physique du genre « je l’ai fait! ». Si c’est seulement ton esprit qui est fatigué tu te sentira très seul. Tu te demande ce que t’étais en train de faire.

-En plus de ça cette fois il y a une tournée à grande échelle incluant l’Amérique, le Mexique et l’Europe.

-Die: Oui… mais pour Okinawa, en fait la première fois qu’on y a fait un live c’était il y a deux ans. Avant ça j’y étais allé qu’une fois pour un voyage pour le fanclub en 98. On se croirait à l’étranger. Eh bien, c’est Okinawa donc le live aura une bonne ambiance, c’est quelque chose qui ne change pas (rire).

Shinya: Comme c’est rare je pense que je vais aller visiter.

Die: Hein? Mais on y est allé la dernière fois.

Shinya: On y est allé… on était au patrimoine mondial?

Die: Aah, ça ressemble à un « power spot ». Ensuite pour l’outre mer c’est éprouvant, surtout le transport. C’est vraiment comme si on voyageait du matin au soir, sauf pour les lives.

-Pour le transport vous utilisez le bus de tournée et l’avion?

Die: Pour l’Amérique et l’Europe c’est le bus de tournée. Donc quand le live est fini et qu’on retourne dans le bus devant la salle, on peut dormir immédiatement. Quand je me réveille je suis dans un autre pays, mais si je me réveille tard, le staff et les membres sont partis et tout le monde est déjà dans la salle de concert.

-Hahaha, personne ne vous réveille (rire)

Die: Non. Si je ne peux pas les joindre par téléphone je ne peux pas y aller seul. Et je ne sais pas où est l’entrée de derrière pour les membres. Donc si je descend du bus et que je vais là où le staff entre et sort, les fans devant la salle me disent « Non, Die! C’est pas là, c’est ici! ».

-Hahahaha [Zéro compassion XD]

Die: Je leur dis « aah, merci » (rire) Si par erreur je me réveille vers 15h, il n’y a personne dans le bus. Je me dis « je suis où? ». [L’angoisse mon dieu O_O]

-Shinya, vous ne l’appelez pas?

Shinya: Eh bien…. (rire) [Ça lui fait des vacances, il va pas tout gâcher]

Die: Tu as une connexion internet dans la salle?

Shinya: Oui (rire) L’outre mer c’est fatiguant mais le transport est plus simple qu’au japon.

-Aah, parce que vous faites tout en bus.

Shinya: C’est ça. On n’a pas besoin d’aller d’une gare à l’autre.

Die: Ouais. On s’est habitués à certaines choses depuis qu’on a commencé les tournées à l’étranger il y a une dizaine d’années. Comme ne pas s’énerver pour des petites choses (rire). Parce que ça ne résout rien.

https://spice.eplus.jp

Pfiou! Elle était longue celle là! Mais hyper intéressante! C’est toujours compliqué à traduire quand ils utilisent des images ou métaphores pour décrire la musique, mais j’espère que ça allait! Et j’adore quand ils racontent des anecdotes de tournée haha!

Interview Shinya livret TWOM

-Tout d’abord pouvez-vous nous dire comment The world of mercy a été achevé?

Shinya: Ça a prit un certain temps à produire donc à la fin c’était comme « on l’a fait! ».

-Quand avez-vous commencé la composition?

Shinya: Ça a commencé en février, en plein milieu il y a eu la tournée The insulated world et ça a encore changé en fonction de ça. On a travaillé dessus jusqu’à récemment. (interview faite en juillet).

-Elle a cette forme maintenant mais on dirait que c’est un genre de chanson qui change avec les lives et le temps.

Shinya: En effet. Je pense que c’est une chanson qui peut changer.

-Quelle est l’origine de cette chanson?

Shinya: Il y avait une sélection de chansons et 2 sont restées et ont été combinées.

-Y avait-il une raison de combiner deux chansons au lieu d’en utiliser qu’une?

Shinya: A la base nous voulions que le prochain single soit une longue chanson. Ensuite Kaoru a relié deux chansons et a fait l’arrangement.

-Le thème était de faire un long single.

Shinya: Oui. c’était avant la tournée.

-D’où vous est venu cette idée?

Shinya: Dans l’album précédent il y a beaucoup de chansons courtes et speed donc nous avons sorti quelque chose de différent.

-Comment c’était pour vous personnellement? Après l’album précédent, vous êtes vous dit que vous vouliez faire une longue chanson?

Shinya: Oui. Je me suis dis que je voulais faire quelque chose de différent.

-A quoi étiez-vous confronté sur cette chanson?

Shinya: Faire un arrangement simple sans déformer.

– C’est simple mais « l’expression du son lui-même » brille. La basse profonde avec le tempo moyen au début se démarque particulièrement. Qu’en pensez-vous?

Shinya: On a fait le son en une fois pendant l’enregistrement. Je pense au tuning des phrases. Ça n’a pas prit beaucoup de temps, c’était fait à l’instinct.

-A partir du milieu ça devient rapide. c’est un développement dramatique.

Shinya: Le tempo change donc la sensation change aussi. Il y a eu des essais et des erreurs jusqu’à ce que ce soit fluide.

– Dir en grey a déjà crée des longues chansons mais cette fois c’est différent des longues chansons complexes, je trouve qu’elle a été créée de manière à ce qu’on puisse voir le contour de chaque son. Qu’en est-il?

Shinya: Ces dernières années nous essayons de ne pas faire de choses complexes. Concernant les phrases de cette chanson, nous les avons faites aussi simples que possible.

-Y a t-il quelque chose que vous pouviez voir en le faisant simplement?

Shinya: Pendant les lives on peut ressentir le groove avec les autres instruments. Ça fait vraiment « groupe ».

-Ça fait plaisir d’entendre « ça fait vraiment groupe » d’une personne qui fait partie d’un groupe depuis 20 ans. Vous pouvez ressentir un nouveau plaisir / intérêt avec le groupe?

Shinya: Ah, oui. Avant les phrases étaient complexes donc je ne les jouais que dans mon propre monde. Comme les autres instruments s’assemblent avec la batterie je jouais de toutes mes forces. Maintenant je joue en profitant des lives. J’écoutes bien le son de tout le monde et je m’assemble avec. Tous les membres font ça maintenant.

-Ensuite, la deuxième chanson est la version acoustique de Dozing green. De quelle manière avez-vous fait l’arrangement?

Shinya: Si je ne me trompe pas on avait dit qu’on ferait Dozing green en coupling pendant la tournée, Die a probablement crée la base et a fait l’arrangement en fonction.

-Dans le cas de l’acoustique, on peut sentir la tendance récente de Dir en grey pour des choses « simples » ou « coupées ». Qu’en pensez-vous?

Shinya: Ça devient vraiment beaucoup plus compact pendant l’arrangement.

-Sans parler de la mélodie, The world of mercy dure plus de 10mn, Dozing green à peu près 3mn, on dirait deux chansons opposées mais leur point commun est d’avoir été « coupées ».

Shinya: C’est exact.

-Il y a la tournée 2019 This way to self destruction à partir du mois de septembre. On a hâte de voir de quelle manière la chanson changera.

Shinya: Oui. Il y a aussi une longue chanson dans The insulated world donc j’ai hâte de voir ce que les deux donneront.

-Pour finir, avez-vous un message pour les lecteurs?

Shinya: La chanson est longue mais souvenez-vous-en et profitez-en en live.