Interview Kyo Petit Brabancon

L’album est enfin terminé. Quels sont les retours?

Kyo: Je pense qu’ils sont bons. Oui.

La dernière fois que nous avons parlé vous n’aviez sorti que trois chansons et n’aviez pas encore fait de concerts. Je ne pense pas que vous aviez déjà une image de ce qu’allait être Petit Brabancon. Maintenant que l’album est terminé et que vous avez fait deux concerts, avez-vous une idée plus précise du genre de groupe que vous êtes?

Kyo: Honnêtement je ne sais pas encore. Nous n’avons pas encore assez joué pour pouvoir appeler ça un « live ». Nous avons joué trois chansons la première fois, et la deuxième fois nous avons fait un shooting. Donc pour être honnête je pense que nous ne pourrons le voir qu’après quelques concerts supplémentaires.

Je vois. Même maintenant que l’album est terminé vous ne le voyez toujours pas?

Kyo: Non, il y a les chansons et l’atmosphère du groupe mais il n’y a quasiment que des chansons qui peuvent prendre forme en live, c’est une expérience sensorielle. Nous ne sommes pas un groupe qui se complète en écoutant simplement le CD. Je pense que c’est le cas pour tous les groupes dans lesquels je suis. Petit Brabancon est comme ça. J’ai l’impression que nous sommes un groupe pour le live. Pour moi, après la sortie de l’album nous partons en tournée, et lorsque la tournée est terminée c’est à ce moment là que ça se termine.

Qu’est-ce qui vous a fait ressentir que vous étiez « un groupe qui prend forme en live », « un groupe pour les lives »?

Kyo: Mmmh…. Il y a pas mal de chansons violentes et une vision du monde, mais je pense que lorsque nous les jouons en live elles sont assez différentes de la version studio. Comment dire, elles deviennent très rêches, dans le bon sens du terme. L’énergie ressort un peu plus. Je ne pense pas que nous soyons un groupe qui joue parfaitement comme dans la version studio. Surtout que je suis un chanteur qui est influencé par la chaleur du groupe à l’instant T.

Lors du Budokan ou au shooting live du Club Citta ça ne se remarquait pas encore.

Kyo: C’est sûr qu’avec trois chansons c’est un peu difficile à dire. J’étais satisfait de ma performance mais, bien sûr, je ne pouvais pas regarder les membres du groupe et il était difficile de ressentir le son du groupe. Et pendant le shooting… je pensais surtout au shooting donc ça ne ressemblait pas vraiment à un live.

Mais le live au Budokan était sensationnel. Du point de vue du public.

Kyo: Je… ne sais pas.

En tout cas le son était tellement énorme.

Kyo: Aah, apparemment oui.

Mais surtout la puissance du groupe était incroyable. Je viens de parler avec Yukihiro et il a dit qu’après être monté sur scène avec vous il avait réalisé une fois de plus à quel point vous êtes incroyable.

Kyo: Ah oui? J’en suis très heureux.

Mais vous avez toujours l’impression de ne pas avoir de retour de votre performance live?

Kyo: Oui. Je n’entends pas très bien de l’oreille gauche. À cause de ça je ne pouvais pas sentir le groove et faire un live confortablement. Et aussi le son extérieur était très fort, c’était donc très difficile de jouer car le son extérieur était plus fort que le son dans mes écouteurs. Je n’avais rien d’autre que cette image.

Pourtant d’après ce que j’ai entendu il n’y a eu aucun problème.

Kyo: Ah, j’ai écouté un enregistrement sur Line et j’ai trouvé mon chant un peu horrible (rire)

Ah bon. Je vais maintenant vous poser des questions sur l’album. Lors de l’écriture des chansons de l’album, quelle approche avez-vous décidé d’adopter?

Kyo: Ah, je ne m’attendais pas du tout à ce qu’une telle …… chose tiède en ressorte. Toutes les chansons étaient bien. Il y a beaucoup de chansons qui n’ont pas été retenues pour l’album, je les ai toutes trouvées bien. Je pensais « peu importe quelle chanson est incluse ». C’est typique du premier album. J’avais le sentiment que ça allait être un album avec beaucoup d’énergie et un sentiment de groupe.

Aviez-vous comme objectif qu’il ait la force typique d’un premier album?

Kyo: Ah, il y a de ça. Il y a une rugosité et une énergie que l’on ne peut faire ressortir que lorsqu’on vient de former un groupe. Je pense que ce genre de choses devient de plus en plus difficile à exprimer avec chaque album. Je voulais envelopper tout ça.

Est-ce difficile à faire quand la personnalité et la direction du groupe sont endurcis?

Kyo: Oui. Comment dire? Je ne sais pas. Je voulais mettre en avant des choses comme la création impulsive, l’énergie impulsive du premier album. Je ne voulais pas que ça ait l’air d’être parfaitement peaufiné ou calculé ou ce genre de chose.

Avez-vous donné des indications à Miya ou antz du genre « je voudrais une chanson comme ça »?

Kyo: Hmmm… quand j’ai pensé que je n’avais pas encore de chanson qui me convenait pour le premier morceau de l’album, je crois que je leur ai donné une petite indication.

Il s’agit de « Don’t forget » composée par Miya n’est-ce pas. J’ai pensé que ce genre de chanson était nécessaire et devait être là, tout en pensant à l’équilibre de l’ensemble de l’album.

Kyo: Mais je n’ai dit ça que pour la première chanson.

Tout le monde dit que vous travaillez très vite, et quand une chanson est écrite vous ajoutez rapidement les paroles et même le chant au complet. Lorsqu’une chanson est composée est-ce que votre imagination éclate d’un coup à l’intérieur de vous?

Kyo: Eh bien, oui. Jusqu’à présent j’avais l’habitude de chanter une chanson en me basant sur mes premières impressions, puis d’apporter quelques petites modifications. Mais avec les chansons de Miya la mélodie du chant est incluse dans la démo. J’ai donc deux versions, une où je chantonne la mélodie et une avec la mélodie de Miya. J’enregistre les deux versions et je prends la meilleure. Ensuite, je décide par moi-même ou je parle à Miya en lui disant: « Essayons celle-ci ». Voilà à peu près nos échanges. La mélodie et les paroles que j’écris sont achevés à près de 95 % lorsque l’orchestre est décidé et que les mesures sont fixées.

Les compositeurs varient dans les chansons de DIR EN GREY et je pense que c’est différent mais, en quoi est-ce différent?

Kyo: C’est bien sûr complètement différent. Je ne connais pas les détails techniques, mais le son est également différent. Hmm, comment dire …… l’atmosphère? L’ambiance? Les riffs sont totalement différents aussi, oui …… Je ne peux pas expliquer concrètement.

Si une chanson différente est composée, une partie différente de vous ressortira dans les paroles ou dans le chant?

Kyo: Oui. Il y a des parties qui ressortent. Mais je n’y pense pas vraiment.

En écoutant cet album j’ai trouvé que Petit brabancon était un peu plus vide d’émotions. Les paroles sont également un peu plus crues.

Kyo: En effet.

Vous en avez conscience?

Kyo: Je pense que c’est le cas, mais j’écris généralement les paroles en fonction de l’image de la chanson, je me dis « eh bien, ça va être comme ça ». Dans sukekiyo les paroles sont beaucoup du point de vue d’une femme. Si c’était DIR EN GREY ce genre de vision du monde aurait de l’importance. C’est assez naturel chez moi, je ne le fais pas de manière intentionnelle.

Cette fois, la sortie de « PHALARIS » de DIR EN GREY (sortie le 15 juin) était assez proche et les périodes de production se sont croisées. Comment utilisez-vous ce temps pour préparer votre esprit? Comment passer vous de l’un à l’autre?

Kyo: Je ne passe pas vraiment de l’un à l’autre. Je le fais de façon assez naturelle. C’est la même chose dans ma façon d’enregistrer, je ne les sépare pas. J’enregistrais DIR EN GREY, Petit Brabancon et l’album de sukekiyo en même temps (rires). Mais je n’ai pas du tout changé ça consciemment.

Donc ça veut dire que les trois se mélangeaient?

Kyo: C’est ça. Je fais juste ce que je veux faire.

Bien sûr, ça vient naturellement de vous-même mais quel est, selon vous, le point commun entre les trois?

Kyo: « Ce n’est pas joyeux » (rire)

(rire) Je vois.

Kyo: Je n’en suis pas vraiment conscient. Il y a des jours où j’enregistre à la fois DIR EN GREY et Petit Brabancon dans la même journée, et là encore il y a des différences subtiles le jour suivant. Mais je n’en suis pas conscient. Ca se fait naturellement…

Lorsque vous avez trois groupes qui travaillent en parallèle, les personnes avec lesquelles vous travaillez sont différentes, il y a donc une stimulation différente et différentes choses en ressortent.

Kyo: Oui, c’est vrai. Les gens qui ne font pas ça disent souvent « fais-le avec DIR EN GREY » ou « fais-le avec sukekiyo ». Mais du point de vue de ceux qui le font, si les membres sont différents, ça change naturellement. … mais je suis déjà limité.

Avec trois groupes? (rire)

Kyo: Oui (rire)

Par exemple, quel genre de compositeur est Miya pour vous?

Kyo: Très minutieux (rires). Je pense que je suis plutôt le genre de personne opposé. Pour moi c’est normal que chaque performance live soit différente. Je suis le genre de personne qui prend soin de moi le jour même, qu’il s’agisse de répéter ou d’enregistrer, mais Miya est un perfectionniste. Le genre de personne que je ne pourrais pas être. C’est intéressant.

Kaoru de DIR EN GREY semble aussi être le genre de personne qui travaille de façon précise, c’est aussi différent de lui?

Kyo: Kaoru travaille aussi précisément, mais dans le cas de DIR EN GREY, comment dire, chacun de nous se complète. Kaoru est également très strict lorsqu’il s’agit de jouer ses propres chansons, mais il ne me dit rien du tout. En ce qui concerne Miya, il compose aussi lui même les mélodies. Ce n’est pas qu’il est individuel, c’est plutôt qu’il précise différentes choses. Je suppose qu’il a une certaine image en tête pour chaque chanson. Je pense qu’on pourrait dire qu’on change un peu plus dans un groupe et qu’on s’adapte …….. Oui. Tout ce que je peux dire, c’est qu’il est très minutieux (rire).

Dans une interview précédente, Miya a mentionné à plusieurs reprises que Petit Brabancon enregistre chaque partie séparément, mais qu’il aimerait le faire avec tous les membres ensemble si possible, comme « Un, deux, trois! ».

Kyo: On a tous un style d’enregistrement différent. Je suis plutôt le genre de personne qui veut chanter quand je veux chanter. Si je ne suis pas d’humeur à chanter quand nous faisons le « un, deux, trois! » je ne peux pas enregistrer avec une bonne tension. J’enregistre à 3h du matin ou 7 ou 8 heures du matin et je l’envoie.

N’est-ce pas dur pour votre gorge?

Kyo: C’est plus facile comme ça. Lorsque nous enregistrons en studio, si l’état de ma gorge est mauvais nous devons annuler la session. Ca causerait beaucoup de problèmes à beaucoup de gens. Mais c’est moi qui connais le mieux ma propre condition, et je peux donc enregistrer quand je suis dans les meilleures dispositions et que ma gorge est dans de bonnes conditions. Je peux également utiliser mon temps de manière efficace. Je n’aime pas être restreint.

En d’autres termes, la situation dans laquelle vous enregistrez est différente à chaque fois, donc votre façon de chanter change en fonction de votre humeur et de la situation.

Kyo: C’est ça. Les chansons de Yukihiro contiennent aussi ses mélodies. Les mélodies qu’il crée sont des mélodies que je n’aurais pas ajoutées. Je les ai combinées avec des mélodies que j’ai créées moi-même. C’est une bonne accroche pour l’album. Mais pas trop accrocheur. J’ai fait en sorte que ça s’inscrive dans le cadre actuel de Petit Brabancon, avec un équilibre qui en ferait une bonne accroche. Puis j’ai terminé le chant. Nous avons réenregistré la guitare et quand nous sommes passés à la prise principale, j’ai été contacté par Yukihiro. Il m’a dit : « Je veux que tu l’écoutes une fois et que tu réenregistres si c’est possible. » Je me disais qu’il n’y avait rien à réenregistrer. Après avoir enregistré un ou deux endroits qui n’allait pas, j’ai voulu réenregistrer la totalité. Environ 90% de l’enregistrement s’est fait sans problème. L’atmosphère peut donc être complètement différente de celle de l’enregistrement précédent. Je suppose que ça dépend du jour.

À l’inverse, avez-vous l’impression que la plupart des chansons ne sont faites qu’en une seule fois?

Kyo: Oui. En général, une chanson… me prend une heure à peu près. Je n’enregistre pas vraiment par partie. Ma gorge est légèrement différente selon les jours. J’essaie de finir une chanson en une journée.

Par exemple, dans les chansons de la seconde moitié de l’album, à partir de la 8e ou 9e chanson, chaque phrase est chantée d’une manière différente et dans un ton différent, je me suis demandé combien de voix vous aviez utilisé.

Kyo: Malgré les apparences je me retiens beaucoup.

Vous vous retenez?!

Kyo: Je me retiens beaucoup avec Petit Brabancon. Il n’a pas l’image d’un groupe qui change constamment de voix. Parce que je suis déjà au maximum avec DIR EN GREY. Là je me suis restreint.

Je vois. Est-ce les paroles qui viennent en premier? Ou bien le chant?

Kyo: Les deux viennent quasiment en même temps, je chante la chanson rapidement, et environ 70% du temps je crée la façon dont je veux chanter cette partie. Ensuite, pendant la session d’enregistrement, j’enregistre en écrivant les paroles. Je fais les deux en même temps à ce moment là.

Vous dites que vous chantez et écrivez les paroles en même temps?

Kyo: Je ne pense pas avoir déjà écrit les paroles en premier et tout chanté en une seule fois… C’est pas que je ne l’ai jamais fait, mais presque.

Pourquoi le faites-vous de cette façon?

Kyo: C’est peut-être mon humeur (rire). Je n’y pense pas vraiment. J’ai juste essayé de le rendre facile à faire et ça a donné ça.

Par exemple, dans la chanson « I kill myself », il y a un contraste extrême entre la partie « parlé » et la partie « cri ».

Kyo: Je ne sais pas. Selon la chanson, Miya peut demander quelque chose comme « un peu plus comme ça ». Ca se reflète dans les chansons.

Est-ce que Miya a spécifié une mélodie dans « I kill myself »?

Kyo: Je ne m’en souviens plus (rire). Les mélodies que j’ai écrites et celles que Miya a écrites sont toutes mélangées, donc je ne m’en souviens pas clairement. « Est-ce que je pourrais faire quelque chose qui ressemble à du rap? » ou « essayons d’étendre le refrain » J’ai essayé et je me suis dis: « Celui-ci est mieux » ou « Je pense que la mélodie que j’ai écrite est mieux ». Ce n’est que depuis Petit Brabancon que je chante des mélodies que les autres membres ont écrites, bien que ça a aussi été fait au début de DIR EN GREY. Je ne le fais donc pas avec ma sensibilité, mais j’essaie de chanter la mélodie qu’on m’a donnée en pensant à ce qu’elle pourrait signifier, puis j’essaie de la décomposer dans mon esprit et de la travailler. Miya a probablement une image claire de ce qu’il veut faire. Je pense que la mélodie vient à lui quand il compose une chanson. Ce serait bien si je pouvais y ajouter quelque chose et la rendre plus fraiche, donc j’incorpore beaucoup de choses différentes.

Mais même si les compositeurs des chansons sont différents, lorsque vous les chantez elles font complètement partie de votre univers, c’est incroyable.

Kyo: Ah bon? Bah, si c’est un chanteur avec une forte individualité, peu importe qui chante quoi, vous devenez cette personne (rire)

Que pensez-vous des chansons de antz?

Kyo: Je dirais qu’elles sont faciles à comprendre. Les chansons des autres membres aussi sont faciles à comprendre, mais c’était plus facile pour moi de comprendre. Je peux dire que c’est simplifié. Je ne sais pas si antz dit « C’est ça! » mais qu’il pense « je le voyais autrement » en ce qui concerne les mélodies que j’écris mais pour moi personnellement, elles étaient faciles à comprendre.

En ce qui concerne l’album dans son ensemble, Miya a écrit les chansons qui forment le tronc de Petit Brabancon.

Kyo: En effet.

C’est comme si les chansons d’Antz ou de Yukihiro s’étendent comme les branches.

Kyo: Ca pourrait être ça. Mais nous n’avons pas encore joué en live. Je ne pense pas qu’il soit très courant de faire un premier album sans avoir joué en live. C’est pourquoi j’ai l’impression d’explorer.

Par exemple, quel genre de chansons est-il plus facile de chanter, d’écrire les paroles ou de créer sa propre vision du monde?

Kyo: Toutes si ce n’est pas une chanson pop. Je ne suis pas bon pour les trucs pop. À moins que ce ne soit quelque chose comme ça, ce n’est pas facile ou difficile à faire. Tout le monde sait que si c’était le cas [si c’était de la pop] je ne l’aurais pas fait.

(rire) Pourquoi détestez-vous à ce point les chansons pop?

Kyo: Je ne sais pas. Je ne les accepte pas.

Est-ce également le cas lorsque vous écoutez de la musique habituellement?

Kyo: Oui, je n’écoute pas beaucoup de musique d’habitude. La seule musique pop que j’écoute est Nakamori Akina. [La bonne pop des années 80 ❤️]

Je ne sais pas si c’est lié, mais le monde de vos textes a une sorte de ressentiment, ou de complexe, ou de colère et de frustration très forte envers le monde.

Kyo: Oui.

J’ai senti que c’était particulièrement fort sur cet album.

Kyo: Eh bien, c’est peut-être le cas. Mais ça fait longtemps. J’aime les films. Mais je ne regarde pas les films qui se terminent bien. C’est similaire à ça.

Vous regardez un film et vous vous dites: « Wow, une fin heureuse, j’ai été trahi! » un truc comme ça?

Kyo: C’est ça, je me dis « il va être sauvé? ». Je n’aime pas ça.

Vous préférez les fins tristes?

Kyo: Les fins tristes sont plus réalistes. Il y a un sentiment d’empathie, du genre « les choses ne se passent jamais bien n’est-ce pas ». Quand je regarde en arrière, je n’ai pas vraiment l’impression que les choses se soient bien passées. Les fins heureuses sonnent fausses.

Mais vous n’aimez pas que votre vie quotidienne soit compliquée, n’est-ce pas?

Kyo: Oui. Ce n’est pas que je sois malheureux chaque jour de ma vie. Mais je ne pense pas vivre ma vie comme je l’imaginais.

Ne serait-il pas mieux de vivre heureux chaque jour?

Kyo: Je veux vivre. Mais je ne peux pas vivre (rire). Je pense que c’est ça la réalité. Oui.

Réussir à faire les choses, être heureux, vous amuser. ……

Kyo: Je le fait, mais je n’y n’arrive pas… Je pense que c’est le destin. Parce que je suis pessimiste. Même si quelque chose de bien arrive, je pense « Oh, il y aura quelque chose de mauvais demain ». Même si quelque chose de bien arrive et que je me sens bien, j’ai l’impression que ça va immédiatement retomber. Je ne pense pas de manière très positive.

Vous êtes le genre de personne qui, même lorsqu’elle s’amuse pense à ce qui se passera quand ce sera fini?

Kyo: C’est ça. C’est pour ça que je détestais les dimanches avant, hahaha!

Je vois.

Kyo: Je ne me compare pas aux personnes au-dessus de moi, mais je ne me compare pas non plus aux personnes en dessous de moi, qui sont plus malheureuses que moi. Je vis comme je suis, au jour le jour… sans trop regarder autour de moi, je suis ce que je suis. Je vis ma vie en me disant « C’est comme ça que je vis ». Ca ne conduit pas souvent à une pensée positive.

Vous aviez déclaré que vous ne vous considériez pas comme ayant réussi. Si le succès n’est pas votre objectif premier, où est votre motivation pour faire de la musique?

Kyo: Je veux juste faire une musique que je trouve cool, et je veux faire des concerts que je trouve cool. Mais quand je fais ça, mes idéaux deviennent de plus en plus élevés, donc je ne suis jamais satisfait. Je désespère de la différence entre la réalité et moi-même, et j’ai toujours l’impression de ne pas être assez bien. Bien sûr, il y a des jours où j’ai l’impression d’avoir fait un bon album ou d’avoir fait un bon live. Il y a des jours où je ressens un sentiment de réussite, mais il disparaît au bout de trois jours ou une semaine. Je pense « j’aurais pu en faire plus. J’aurais dû en faire plus ».

Alors, que pensez-vous de cet album de Petit Brabançon?

Kyo: Je ne peux pas vous parler de cet album car nous ne l’avons pas encore joué en concert. J’ai fait tout ce que j’ai pu.

Quel est votre but avec Petit Brabancon?

Kyo: Heu… mmmh, eh bien… musicalement parlant, je voulais avoir un groupe qui soit plus agressif et qui ait un sentiment de puissance. Je voulais être dans un groupe avec des personnes différentes. Je suppose que c’est la première chose. Je veux jouer avec plus de gens, ouvrir de nouvelles portes et me lancer des défis.

En ce sens, les membres de Petit Brabancon ne se connaissent pas encore assez bien, y a-t-il une possibilité que d’autres choses soient faites?

Kyo: En effet. Mais je pense aussi que c’est bien comme ça. Nous n’avons pas besoin de mieux nous connaître. Nous avons de bonnes relations avec DIR EN GREY et sukekiyo, mais nous ne nous connaissons pas particulièrement.

Vous ne semblez pas du tout communiquer entre vous.

Kyo: On ne communique pas du tout. Je ne connais même pas leur adresses… Ce n’est quasiment que des échanges professionnels et quand je les vois aux concerts je leur demande « tu as vu la série l’autre jour? » ce genre de chose. C’est à peu près tout. Je ne pense pas être le genre de personne trop amicale avec les membres…. qui leur parle et les comprend et qui fait de la musique avec eux.

Aah, je comprends.

Kyo: C’est comme si je répondais avec mon chant aux sons qui sortent naturellement…… j’aimerais que nous puissions mieux nous comprendre à travers autre chose que des mots.

L’idée de départ lorsque vous avez formé le groupe était une musique extrême, mais quelle est l’idée que vous vous faites de la musique extrême?

Kyo: Je ne pense pas qu’il s’agisse uniquement d’un style de son fort et lourd. C’est savoir s’il y a quelque chose qui vous colle à la peau. Comme une explosion impulsive…… quelque chose d’instable.

Aah, troublant, déstabilisant.

Kyo: Pas trop parfait. Inachevé. Terminer volontairement d’une façon inattendue. Pas facile à comprendre. Qui ne soit pas trop perfectionné…… rêche, dans le bon sens.

Je vois. Comment se passera la tournée?

Kyo: La tournée… ça a l’air fatiguant. C’est très fatiguant d’exploser d’émotions. Il y a beaucoup de chansons enragées faciles à comprendre, c’est donc très fatiguant de rester en colère pendant plus d’une heure (rire).

Mais c’est ce que vous vouliez faire.

Kyo: Oui. C’est ce que je voulais faire.

Je vois. A quoi voulez vous que le groupe ressemble dans le futur?

Kyo: En premier lieu, je pense qu’il est très important de voir ce qui ressort des concerts et des tournées. Je pense que chaque membre ressent les choses différemment. Chaque membre trouvera des idées pour améliorer les choses. Je me demande quel genre de réaction chimique se produira lorsque nous nous croiserons à nouveau lors de la sortie de chansons ou de la création de nouveaux titres. J’ai hâte de voir tout ça.

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