Blog de japonais

Bonjour tout le monde !
Une fois n’est pas coutume, dans cet article je vais vous parler de quelque chose qui n’est pas en lien avec les membres de DIR (ou presque).

J’aimerais vous présenter mon « nouveau » blog de leçons de japonais. Je mets des guillemets car il n’est pas si nouveau que ça. J’avais en fait crée un blog de japonais il y a quelques années sur une plate forme différente (sortons de notre zone de confort comme on dit!) eh bien je suis beaucoup mieux sous mon plaid en pilou avec mon bon wordpress adoré.
C’est ainsi que j’ai décidé de le retaper (vous saisissez le jeu de mot ? 8D) entièrement sur wordpress que je gère beaucoup mieux que google blog chaipakoi.

J’ai réfléchi à la façon de vous le présenter, j’étais assez fière de mon « voici mon blog de japonais, cliquez, merci » puis je me suis dis que ça ne serait peut-être pas si mal de vous parler plus… en profondeur ? On se côtoie depuis pas mal de temps maintenant, ça suffit de jouer les timides !

J’ai donc décidé de tout vous raconter, oui, tout. Tout sur mon parcours linguistique depuis le moment où j’ai appris l’existence de ces 5 individus jusqu’à maintenant. Tout sur mes découvertes, mes erreurs, mes montées et pertes de motivation, mes moments de gêne, de fierté, d’où suis-je partie, où est-ce que ça m’a mené ?

Rien n’a été prévu, j’écris juste les choses comme elles me viennent, comme si je vous parlais, et Dieu sait qu’il est extrêmement difficile pour moi de m’exprimer. A l’écrit c’est très moyen et à l’oral c’est une catastrophe donc pardonnez moi pour mon texte qui sera certainement très maladroit.

Bien, allons-y ! (j’ai le trac)

C’est bien sûr à cause de… grâce à Dir en grey que j’ai commencé à étudier le japonais. La première fois que j’ai entendu parler d’eux, c’était il y a 84 ans… ou un peu moins, ma connaissance du japonais se limitait aux mots sushi et karaoke et aux paroles du générique de Sakura cards captor que je ne comprenais absolument pas.
J’ai eu entre les mains le livret de l’album Macabre et j’ai décidé, sans raison aucune, de réécrire les paroles… en japonais, en vrai japonais, avec les signes bizarres et tout. Je les ai donc toutes réécrites, toutes les chansons, entièrement, parfaitement… parfaitement à l’envers. Oui, j’ai tout écrit à l’envers car je ne savais pas dans quel sens ça se lisait. Par exemple, の je l’ai écrit comme un 6, vous voyez le genre.
Voilà mon niveau de japonais à ce moment là.

Je n’ai pas tout de suite commencé mon apprentissage, et ce pour plusieurs raisons :
Tout d’abord je n’avais pas internet, je n’avais même pas d’ordinateur et à cette époque internet était… bref 2006 quoi. Je n’avais pas d’argent pour acheter des livres d’apprentissage, mais surtout, pourquoi apprendre la langue d’un groupe que je vais juste écouter comme ça, de temps en temps, sans plus (oui j’ai vraiment dit ça).
Je n’avais pas l’intention de l’apprendre mais j’aimais beaucoup admirer les paroles. Ces signes, vu dans leur ensemble, avaient quelque chose d’élégant, de mystérieux, de lointain. Je ne les lisais pas, je les admirais comme on admire un tableau au musée.
C’était la même chose pour l’oral. J’adorais écouter Kyo chanter, je ne comprenais rien mais juste la beauté de la langue, ces sons hors du commun, c’était comme écouter l’elfique dans Le seigneur des anneaux, envoûtant.

Ce n’est qu’un an plus tard (je crois) que j’ai décidé d’apprendre le japonais. Il fallait bien que je me fasse à l’idée qu’avec DIR ce n’était pas qu’une relation d’un soir et qu’il fallait passer à l’étape supérieure.
N’ayant toujours pas internet j’ai acheté deux livres, un sur l’apprentissage des kanji et un livre de conversation. J’ai commencé les leçons en élève modèle, assise bien droite à table avec mes livres et mes cahiers. Je faisais bien mes exercices, je me voyais finir ces livres pour débutants et passer à l’étape suivante. Seulement… arrivée à la moitié je commençais à partir à la dérive. Impossible de me concentrer, perte d’intérêt dans ce que je lisais, puis finalement perte de motivation pour ouvrir le livre.
Pourtant ils n’étaient pas compliqués, ce n’était même pas écrit en kana ou kanji, tout était écrit en romaji, l’alphabet latin. Mais voilà, cette façon d’étudier était exactement la même qu’à l’école, cette façon scolaire d’apprendre avec un livre et un cahier, c’est tout ce que je connaissais donc je l’ai automatiquement reproduit sans penser un instant que ça n’avait jamais été efficace pour moi. J’ai eu beau faire 7 ans d’allemand et anglais à l’école, je parle trois mots d’allemand et l’anglais je l’ai appris plus tard par moi-même en traduisant des chansons de groupes américains.
J’ai donc arrêté mon apprentissage pendant un temps. Bien sûr ça n’avait pas été inutile, j’avais appris beaucoup à propos de l’écriture, je savais maintenant lire et écrire quelques mots de japonais, c’était fantastique !
Mais à quoi bon ? Je suis là, seule chez moi, avec mes livres, personne avec qui échanger, personne avec qui m’entraîner, je n’irai de toute façon jamais au Japon, finalement, à quoi ça sert de me prendre la tête avec ça ? Autant apprendre quelque chose qui me servira vraiment ! Et c’est ainsi que je me suis mise à la guitare… ah, la jeunesse.

La vie suivant son cours, je me suis peu à peu entourée de personnes partageant la même passion que moi, que ce soit DIR ou le Japon, et ensemble nous avons décidé d’apprendre le japonais, de nous entre-aider, de nous soutenir dans cette longue épopée. C’était à peu près deux ans après mon premier abandon.
Ma motivation était à son maximum. Avoir des partenaires d’apprentissage, ça change vraiment tout. Nous avions décidé d’apprendre l’alphabet, ces tableaux de hiragana et katakana. Car non, je ne les avais pas encore appris ! Mon livre sur les kanji m’enseignait bah… les kanji !
Nous nous retrouvions donc régulièrement chez moi pour écrire des lignes interminables de kana en nous donnant à chacune des conseils et astuces pour mieux les mémoriser. J’ai rempli je ne sais combien de copies doubles, il reste encore quelques vestiges chez moi d’ailleurs.
Il y a 92 kana en tout, je les ai tous appris en une semaine.
Chacun apprend à son rythme, certains mémorisent les choses plus facilement que d’autres. Je pense être simplement dans la moyenne. Comme beaucoup je mémorise avec une facilité déconcertante les choses les plus inutiles… c’est comme ça.

J’ai donc appris l’alphabet, non sans mal, c’est qu’il faut bien les différencier ces petits signes qui se ressemblent tous ! Puis j’ai commencé le vocabulaire. Du vrai vocabulaire utile, loin des « rivière » et « volcan » que j’avais appris dans mon livre de kanji.
Nous nous faisions souvent des évaluations entre nous, des interrogations ultra rapides, il fallait que les mots sortent le plus vite possible !
Main !
Te !
Visage !
Kao !
Oreille !
Me ! Nan nan nan… MIMI !!!

Et je peux vous assurer que ça fonctionne.
J’ai appris pas mal de vocabulaire et de petites phrases comme ça. J’avais reçu d’autres livres de japonais entre temps et je travaillais principalement avec.
Je commençais doucement à comprendre les paroles de DIR, certains mots par-ci par-là, je bondissais à chaque fois que ça arrivait « j’ai compris ce qu’il a dit !! j’ai compris !! ». Quel bonheur.

La vie étant ce qu’elle est, nous nous sommes perdues de vue et j’ai continué mon apprentissage seule. Mais, vous vous en doutez, ce n’était plus aussi exaltant. Il n’y avait plus de défis, plus d’interrogation, ma motivation a commencé à s’évanouir petit à petit pour complètement disparaître. J’ai donc, pour la seconde fois, abandonné mon apprentissage. C’est là que j’ai compris qu’il me fallait un but, une raison d’apprendre. Vous me direz « mais DIR alors ? » eh bien, les interviews et les paroles étaient trouvables en anglais sur internet (que j’avais enfin) donc pourquoi s’embêter ? (discours de paresseuse qui préfère s’enrouler dans sa couette).
Il me fallait quelque chose de concret, quelque chose qui me force à utiliser le japonais, qui ne me laisse pas le choix. Et cette chose s’est finalement présentée. Deux ans après mon second abandon j’ai eu entre les mains mes premiers billets d’avion pour le Japon. Ça y est, mon but je l’avais. Survivre.
Et là, je vous le dis, je ne faisais pas la maligne. Le bonheur immense que j’ai ressenti à ce moment là a vite laissé place au stresse qui ne m’a pas lâché jusqu’au début du voyage.
J’ai repris les leçons à une vitesse effrénée « Pourquoi j’ai lâché !? J’aurais un bien meilleur niveau maintenant !! » mais c’était inutile de penser comme ça, les choses sont ce qu’elles sont, mon niveau de japonais était semblable à celui d’un enfant de deux ans, et j’allais passer un mois là-bas… seule.

J’ai dévoré mes livres d’apprentissage, j’ai tout relu, réécrit tout ce que j’avais déjà écrit par le passé, révisé toutes mes phrases indispensables, comme lorsqu’on révise à la hâte pour un examen qu’on passe le lendemain.
Mais rien, rien ne restait dans ma tête. Je n’avais que quelques mois avant le grand départ, le temps passait à une vitesse folle, il était clairement contre moi ! Il voulait que j’échoue ! Il ne passe pas si vite d’habitude !
Puis, sans le voir venir, le grand jour est arrivé. J’ai pris ma valise, l’estomac serré, et je me suis retenue de vomir pendant tout le trajet.
Je ne savais plus pourquoi j’y allais, pourquoi j’étais dans cet avion. Je ne pouvais penser à rien. J’avais préparé des livres de conversation dans mon bagage cabine pour réviser en dernière minute avant l’examen, je ne les ai pas touché. Je suis restée immobile pendant 11h.

J’ai dit que j’étais seule, mais en réalité j’ai passé une partie de mon voyage chez un couple d’amis japonais.
J’essayais de parler japonais à chaque occasion, mais rares étaient les fois où j’étais capable de faire une phrase entière sans y insérer un mot d’anglais (heureusement une de mes amies avait pris des leçons d’anglais avant ma venue pour rendre mon séjour plus simple). Et mes phrases en japonais, parlons-en.
Comme je l’ai dit, j’avais tout appris dans les livres. Je ne l’ai su que plus tard mais, c’est la pire des choses à faire. Ce que je pensais connaître, les phrases que j’utilisais avec fierté étaient en fait erronées. Ou plutôt, pas naturelles. Je parlais d’une façon tellement solennelle, je vouvoyais mes amis, je demandais les choses comme « puis-je connaître votre prénom ? », quand j’y repense maintenant ça me fait sourire. Tout le monde me répondait sans me reprendre. Quand je vouvoyais mes amis ils me répondaient en me vouvoyant aussi (avec un petit sourire amusé) et je les remercie, je n’ose imaginer ma panique s’ils avaient utilisé une autre forme que je ne connaissais pas.

Mon japonais s’est incroyablement amélioré au cours de ce voyage. J’entendais parler japonais partout autour de moi, je voyais des kanji à longueur de journée, j’absorbais tout petit à petit. Lorsqu’on m’enseignait une phrase, elle se gravait dans ma tête. Parce que, contrairement à la France, c’était une question de vie ou de mort. « Tu DOIS savoir. Tu DOIS te souvenir. » Là-bas je n’avais pas le choix. Je ne pouvais pas lâcher et me mettre à parler français, ou même anglais. C’était le japonais ou rien.
Rien de ce que j’avais appris avant ne m’a été utile. J’ai tout appris sur le tas, j’ai tout réappris. Comme si j’étais repartie de zéro pour recommencer sur de bonne bases.

J’ai été complètement seule pendant une partie de mon voyage. Cet épisode avec mes amis était un peu comme un tutoriel avant de me laisser partir seule à l’aventure.
Je devais m’acheter ma nourriture, j’achetais le plus souvent au hasard, d’après l’aspect du machin, si ça avait l’air bon. Je me perdais partout et tout le temps, je savais demander mon chemin (de façon pas naturelle, encore une fois) mais je ne comprenais pas les réponses. Les japonais ont été tellement gentils avec moi, ils essayaient de m’aider le plus possible, d’être le plus compréhensibles possible en faisant plein de grands gestes et s’excusaient de ne pas pouvoir m’expliquer en anglais. Quand je regardais les affichages des trains pour acheter mon billet, il y avait tout le temps quelqu’un qui venait naturellement vers moi pour me proposer son aide.
En fait, je me suis rendu compte que je paniquais dix fois plus quand je cherchais mon chemin en France qu’au Japon.
Pour les concerts de DIR (parce que j’y suis quand même allée pour ça), vous savez là-bas on entre dans la salle en fonction de son numéro, c’est un homme du staff qui dit les numéros dans un mégaphone. Je ne comprends rien à ce que les gens baragouinent dans leur mégaphone en français, alors je vous laisse imaginer ma confusion.
J’allais toujours demander aux fans à quel moment je devais y aller, j’ai toujours été très bien accueillie, ils regardaient mon numéro et me proposaient de rester près d’eux jusqu’à ce que ce soit mon tour. Là ils me faisaient signe d’y aller, avec un gros sourire.
En fait, j’étais complètement paumée, sur tous les plans, mais malgré ça je me sentais sereine grâce à la bienveillance des gens.

Quand je suis rentrée en France j’avais l’impression d’avoir fait un pas de géant concernant mon apprentissage. J’avais beaucoup plus appris en un mois au Japon que durant toutes ces années passées à étudier chez moi.
D’ailleurs j’avais entendu qu’une année au Japon équivalait à 10 ans d’apprentissage en France. Au début je me disais que c’était exagéré. Finalement pas du tout. C’est réellement ce que j’ai ressenti.

Je suis rentrée avec la ferme intention d’apprendre le japonais sérieusement, sans abandon, avec une méthode nouvelle.
J’ai rangé mes livres d’apprentissage dans ma bibliothèque, j’ai cherché des correspondants japonais sur internet, j’ai appris des dialogues en japonais sur des sites japonais, j’ai regardé la tv japonaise en ligne, je lisais les journaux japonais bref, j’y suis allée à fond. Je voulais apprendre le VRAI japonais, comme il se parle là-bas, comme il se parle dans la vie de tous les jours, pas des phrases prout prout à base de «pourriez-vous avoir l’obligeance de ».
J’ai rapidement trouvé un correspondant qui voulait apprendre le français. Nous faisions une leçon par webcam une fois par semaine, le dimanche. Toute la semaine j’apprenais des dialogues par cœur, j’apprenais des kanji (30 par semaine) je lisais le journal tous les matins, je regardais des émissions japonaises tous les jours et tous les dimanche je lui montrais ce que j’avais appris. Nous avons fait ça pendant quatre ans. Le fait d’avoir quelqu’un à qui montrer ses résultats, son avancement, était extrêmement motivant.
Il apprenait le français, il avait comme moi à l’époque acheté des livres d’exercices et des guides de conversation. Il était parti de zéro et parlait français d’une façon tellement étrange. Je lui ai demandé « d’où tu sors ces phrases ? » il m’a montré ses livres. C’est là que j’ai compris à quel point les livres d’apprentissage étaient contre productifs.
Il a voulu me montrer quelque chose une fois, une brochure je crois. Il m’a dit en français « veuillez patienter un instant s’il vous plaît ». Je lui ai alors répondu « je patiente » avec un petit sourire. Et c’est là, c’est à ce moment précis que je me suis vue en lui, voilà exactement la façon dont je m’exprimais au Japon, et j’avais eu la même réaction que les japonais, j’ai suivi, amusée.
Bien sûr je lui ai expliqué qu’il pouvait simplement dire « attends ».

J’ai donc gardé le rythme pendant quatre ans. Il a arrêté l’apprentissage du français entre temps car c’était trop compliqué mais nous avons continué les leçons pour moi.
Je sentais que j’avais progressé, je comprenais beaucoup plus de choses, j’arrivais un peu à suivre en regardant la tv japonaise, je lisais le journal plus facilement.
Je suis finalement retournée au Japon pour cinq semaines, quatre ans après mon premier voyage. Et quel changement. Je suis allée dans la famille de mon correspondant quelques temps, je discutais avec sa femme, son fils, je comprenais quasiment tout. Ils parlaient clairement, pas trop vite, je pouvais tenir une conversation simple. Je ne m’étais pas rendu compte que j’avais progressé à ce point. Mon correspondant me l’a lui même dit « tu es devenue très douée » j’ai pensé « je le découvre aussi ».
Comme pour mon premier voyage, j’ai passé deux semaines seule pour visiter d’autres villes. Je n’avais plus peur de parler aux gens, je savais ce que j’achetais au supermarché (la plupart du temps) je ne me perdais plus, ou très rarement, et quand ça arrivait je savais demander mon chemin de façon naturelle, les japonais me répondaient aussi naturellement, plus besoin de faire des grands gestes et de s’excuser parce que JE n’ai pas le niveau.
Ce voyage a été complètement différent du premier. Je voyais le pays sous un autre angle, tout ce que j’ai fait a été beaucoup plus simple quand tout avait l’air d’une épreuve à surmonter quatre ans plus tôt.
Je peux dire que j’ai beaucoup plus profiter de mon voyage par rapport à la première fois.
Par contre je demandais encore aux fans de DIR devant la salle ce que le mec racontait dans son fichu mégaphone.

Je suis rentrée en France et nous avons cessé les leçons. Depuis quelques mois je me rendais compte que j’avais de moins en moins de questions à lui poser. Quand j’apprenais un dialogue je comprenais tout. Les leçons n’étaient plus nécessaires.
Et alors que j’imaginais le plus dur derrière moi, j’ai été confronté au pire. J’ai vu un mur géant se dresser devant moi. J’avais atteint le stade « intermédiaire » (orage qui éclate).
Je ne suis plus débutante, je ne suis pas experte. Que suis-je ?
J’ai beau regarder des leçons sur internet, tout est trop simple. Je fais les exercices sans y penser, j’ai 100% partout, les dialogues ne m’apprennent plus rien. Je n’avance plus, je n’arrive pas à faire un pas de plus. Je cherche des sites d’exercices, de leçons avancées, je ne trouve rien. Tout est fait pour les débutants.
Je dois me faire une raison, il faut avancer par moi-même. Il n’y a plus de site internet pour m’indiquer le chemin. J’ai cherché des textes, des romans, n’importe quoi à traduire du japonais. A côté de ça j’ai commencé mon blog de leçons. Devoir expliquer les choses m’a fait énormément travailler. Même pour les choses les plus basiques, il ne suffit pas de dire « c’est comme ça » mais « pourquoi c’est comme ça ». La plupart des blogs de japonais que je regardais en français et en anglais ne précisaient jamais. Le japonais est, comme le français, une langue pleine de nuances.
Pour vous donner un exemple, sur tous les blogs vous verrez que « hai » signifie « oui ». Certes. Mais jamais on vous expliquera dans quelle situation il s’utilise, qu’il ne s’utilise pas forcément comme en français.
Je déteste apprendre des choses bêtement sans les comprendre. On peut me dire « ça se dit comme ça », je demanderai alors « ok, pourquoi ça se dit comme ça ? » et c’est là que je n’ai jamais de réponse.
C’est quelque chose que j’avais réalisé avec mon correspondant. Il m’avait demandé une fois «quelle est la différence entre du café, le café et un café ? ». Je n’ai jamais dit un « heuuuu » aussi long de ma vie.
Ou cette question : « Tu dis toujours « mais oui », « mais non », c’est quoi ce « mais » ? ». Je vous mets au défi de répondre à ça, là tout de suite.

J’ai donc appris beaucoup de choses sur le français quand je le lui enseignais. Les natifs ne sont pas forcément les mieux placés pour enseigner une langue, justement parce qu’ils parlent à l’instinct, sans réfléchir au sens des mots, aux règles de grammaire. On ne fait que reproduire ce qu’on entend. Alors que quelqu’un qui a appris une seconde langue saura beaucoup plus facilement l’expliquer, parce qu’il l’aura apprise d’une autre manière. Il aura dû travailler dur pour la comprendre.

C’est ce qui m’a poussé à créer mon blog de japonais, je voulais proposer aux apprenants ce que j’ai cherché partout, des explications précises, pas une simple liste de vocabulaire à apprendre sans contexte comme on peut en trouver sur les applications de langues type Babel et compagnie (si ces applications fonctionnent pour d’autres tant mieux).
Aussi, j’ai remarqué qu’il n’y avait pas beaucoup de leçons intéressantes pour les francophones. Si on s’en tient qu’au contenu en français on est très vite limité. Je n’ai jamais trouvé quelque chose qui me convienne.
Et puis, je vais peut-être en vexer quelques-uns mais, quand il y a des leçons en français ça tourne souvent autour des mangas et anime. Des leçons et exercices qui font référence à Naruto ou One piece ne m’attirent pas du tout. Je ne connais pas, je me fiche de savoir dire « Naruto utilise (insérer le nom d’une technique) ».
Le japonais utilisé dans les manga ou anime n’est pas naturel. Il y a beaucoup de choses qu’on ne dira pas dans la vraie vie réelle des vrais gens.
Les personnes qui apprennent le japonais ne sont pas forcément des fans de manga qui écoutent Hatsune Miku en cosplay de Pikachu. Voilà, c’est dit.

J’ai rédigé mes leçons en me mettant à la place des nouveaux apprenants. On sait à quel point ça peut être difficile, que ce qui est naturel pour nous ne l’est pas forcément pour la personne qui apprend. C’est très important de garder ça en tête quand on enseigne.

De plus, personne n’est au même niveau. J’ai moi-même donné des leçons de japonais à certaines personnes et souvent des choses que je considérais faciles ne l’étaient pas pour elles.
J’ai lu beaucoup de blogs qui expliquaient une règle de grammaire comme «ça se dit comme ça, c’est simple, pas la peine de s’attarder là dessus ». Eh bien excuse moi mais si, il faut s’attarder parce que je n’ai rien compris.
Je pars du principe que le japonais n’est pas à la portée de tout le monde. C’est une langue « facile », plus simple que le français, mais c’est tellement différent de ce qu’on connaît. Rien qu’apprendre l’alphabet peut-être une barrière pour beaucoup de gens.
J’en connais qui n’ont jamais réussi à le mémoriser même après 3 mois.
On ne voit pas de japonais partout comme on peut voir de l’anglais, cette langue n’est familière pour personne chez nous, sauf pour les fans de culture japonaise.
Vous pouvez faire le test. Vous n’impressionnerez personne en disant que vous parlez anglais, allemand ou espagnol, par contre vous verrez des yeux s’écarquiller si vous dites que vous parlez japonais.

J’ai donc travaillé sur mon blog tout en faisant des traductions de texte et c’est ainsi que j’ai pu petit à petit traduire les chansons de DIR, les messages sur les réseaux sociaux et finalement les interviews. J’avoue qu’ils me donnent parfois du fil à retordre quand ils utilisent des expressions que je ne connais pas.
Les vidéos en direct sont encore un peu compliquées, ils parlent vite et n’articulent pas, j’ai toujours la goutte de sueur sur la tempe quand je fais un rapport pour le blog héhé.

Je suis ensuite allée au Japon une troisième fois pendant trois semaines, deux ans après mon second voyage et tout s’est très bien passé. Cette fois j’y suis allée avec une amie donc je n’ai pas séjourné chez des amis japonais. Et cette fois (je suis très fière de vous l’annoncer) j’ai compris ce que monsieur mégaphone disait devant les salles de concert (je suis toute émue). Je faisais ce que j’avais à faire sans problème, j’étais loin, bien loin de mon premier voyage.

Maintenant je continue mon apprentissage, j’en apprends beaucoup grâce au groupe, j’en apprend beaucoup à chacun de mes voyages. Je ne regarde plus les traductions en anglais des paroles et des interviews depuis longtemps. Je me suis rendu compte que ce n’était pas fidèle à ce qu’ils disent réellement. Il y a beaucoup de raccourcis. Quand je traduis pour ce blog j’essaye de traduire le plus précisément possible, ce qui peut donner parfois des phrases un peu étranges, je le sais. On ne peut pas faire du mot à mot c’est certain, mais c’est important d’essayer de retranscrire leurs paroles le plus fidèlement possible. Certaines nuances sont impossibles à traduire en français, et ça m’embête beaucoup à chaque fois, mais je fais de mon mieux.

Voilà, je crois avoir tout dit.
Je vous mets enfin le lien du blog :

https://comprendrelejaponais.wordpress.com/

Allez le voir si vous voulez commencer le japonais, si vous voulez continuer votre apprentissage ou simplement par curiosité. D’autres leçons seront ajoutées petit à petit.

2 réponses à “Blog de japonais

  1. Merci beaucoup pour ce partage d’expérience, et du blog !
    Ça faisait justement plusieurs semaines que je me demandais à quelle occasion je pouvais vous demander comment vous avez appris le japonais.
    J’adore cette langue mais ça fait des années que je suis « débutante »… J’ai pas mal de connaissances théoriques mais je n’arrive pas du tout à pratiquer concrètement, à être à l’aise en compréhension et expression orale, à progresser. Et même en étant rigoureuse et assez passionnée c’est super dur de garder une réelle motivation, un bon rythme et une bonne méthode surtout quand on a personne avec qui échanger.
    C’est très stressant de voyager au Japon si on ne se débrouille pas en japonais. Et je suis encore plus stressée avec cette histoire d’appel de numéro pour les concerts haha
    Personnellement j’aime bien l’application « Ja sensei » pour réviser les kanji et le vocabulaire. Y’a aussi de bonnes bases pour les débutants (grammaire, compréhension orale etc).

    En tout cas j’ai hâte de lire votre blog !
    Merci aussi pour toutes les traductions que vous faites et désolée pour ce pavé.

    • Oh! Pas besoin d’occasion, il suffit de me demander directement haha 😛

      Je crois qu’on a tous plus ou moins les mêmes problèmes quand on apprend une nouvelle langue. On ne sait pas comment avancer, on n’ose pas parler etc. Je donne plusieurs techniques sur le blog par rapport à ça, j’espère que ça aidera!

      Pour les voyages au Japon, dans les grandes villes il y a pas mal de choses écrites en anglais et en romaji donc on s’en sort. Après pour un voyage plus immersif c’est vrai que c’est mieux de pouvoir communiquer avec les gens.
      Mais comme dit, ils sont vraiment sympas, le moindre mot qu’on peut dire en japonais les fait tout de suite nous encourager, même si on dit seulement « merci » ils sont tout contents 😅 Donc le stresse disparaît petit à petit et on se sent plus à l’aise.

      J’espère que le blog aidera, je l’ai vraiment fait dans ce but. Et d’ailleurs si tu as des questions surtout n’hésite pas!

      J’adore les pavés, merci beaucoup pour ton retour! ☺️

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