Live report Dir en grey Paris error 404

La soirée s’ouvre sur un DJ set aux saveurs metal qui, sans être superbement accueilli par l’audience, aura au moins le mérite de ne pas se faire huer cette fois-ci.
Soyons honnêtes, les fans de Dir En Grey ne sont venus que pour une seule chose ce soir, et n’ont pas l’air enclins à s’épuiser plus que ça pour une première partie, mis à part quelques bras levés et têtes remuantes au fond de la salle, la ferveur n’est clairement pas présente.

Mais très vite, l’obscurité se fait pour la tête d’affiche, et l’ambiance change subitement. Les musiciens se mettent en place, et Kyo (chant) entre, vêtu entièrement de noir et de gants blancs. Il apparaît grimé en clown, [Joker] au croisement d’un monsieur mime, [Joker] d’un Joker, [merci] et éventuellement d’un Grippe-sous (Ça) […]. Quoi qu’il en soit, il semble issu tout droit de nos pires cauchemars cinématographiques [Il vous en faut pas beaucoup]. Il serait presque méconnaissable, comparé à leur prestation de l’année dernière, au Trianon. Il faut dire qu’un concert de Dir En Grey est toujours une expérience nouvelle et déroutante, bien que l’on puisse les avoir vus des dizaines de fois. A chaque nouvelle prestation, le quintette semble avoir fait peau neuve, et aujourd’hui, nous sommes embarqués dans leur cirque funèbre. Et il est l’heure du premier numéro.
Les premières notes de Zetsuentai retentissent, et le vocaliste se désarticule, tel un pantin, au rythme de la musique. Sa voix voltige, oscille entre le grave intense et l’hyper-aigu, comme il sait si bien le faire, et voilà l’audience passer du rire aux larmes, car il n’est plus question de sourire. [Quoi? Quand est-ce qu’on a rit? (et pleuré)] Le public le rejoint très vite dans cette danse macabre, en reprenant les paroles en chœur, et c’est désormais lui qui tient les ficelles. Le frontman mène le show tel un Monsieur Loyal, avec une précision sans pareille : s’il écarte les bras, les fans hurlent, s’il chante, ils chantent, s’il se tait, le silence règne. D’une certaine façon, il sembleraient qu’ils aient  Devote [their] lives au groupe [Badam tsss]. Kyo n’est pas un clown voué à nous faire rire, mais bien plutôt à nous hanter, en démontrent ses divers sourires diaboliques, ses rires aliénés, et attitudes démentes. Il se révèle en parfait acteur de Kabuki, de par sa mise en scène, l’élégance de ses gestes très épurés, ses expressions faciales exagérées. De fait, le chanteur nous offre une expérience visuelle complète (contrairement aux reste des musiciens semblant presque immobiles, effacés derrière lui), allant jusqu’à se pendre avec son fil de micro à plusieurs reprises durant la sublime « Aka », en faisant signe de se trancher la gorge, en se frappant réellement avec son micro (à la poitrine et dans la main), ou en faisant semblant de sortir ses boyaux sur The World of Mercy. Il ponctue d’ailleurs à de nombreuses reprises le show par des mic drop assourdissants et théâtraux, laissant entendre qu’il était le seul décisionnaire de la soirée, et rien de positif n’est envisagé. Et pourtant, le leader est vu comme un dieu par l’audience, qui ne cesse de l’acclamer, de l’aduler, voire de lui obéir. Peut-être n’est-ce pas pour rien que la merveilleuse « Merciless Cult » ait toujours un tel écho en live, réveillant la ferveur des fans de la première heure qui pourraient avoir quelques regrets sur le choix des morceaux de ce soir, essentiellement issus de leur dernier album « The Insulated World » (2018). Et cette atmosphère ambiguë, à la fois spirituelle et maléfique est corroborée par les visuels défilant sur l’écran géant derrière eux : des visages de prisonniers, des voûtes, des statues religieuses, des questionnements sur la justice, sur le futur.

Sur les notes de la fédératrice Ranunculus, suivie de près par The World of Mercy issue de l’album éponyme, le groupe disparaît de scène, avant de revenir pour trois morceaux, dont la démente « Utafumi ». Les lumières se rallument, sur une salle à moitié désertée [faut pas exagérer non plus…] pour accéder au stand de merch, au vestiaire, ou pour regagner le métro. Mais si les apparences étaient les bonnes avec Dir En Grey, et que les choses étaient si prévisibles, cela se sauraient. Le groupe revient pour un dernier acte, dédié aux plus fervents fans, restés fidèles à leurs postes.  Sustain The Untruth, issue de Arche, sera la dernière acrobatie des japonais.

https://error404.fr/live-report-dir-en-grey-lelysee-montmartre-08-02-2020/

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s