Setlist Berlin 01.02

‪Zetsuentai ‬
‪Ningen wo kaburu‬
‪Rubbish heap‬
‪Devote my life‬
‪Keibetsu to hajimari‬
‪Celebrate empty howls‬
‪Aka‬
‪Merciless cult ‬
‪Downfall‬
‪Values of madness‬
‪Keigaku no yoku‬
‪Ranunculus ‬
‪The world of mercy ‬

‪Encore:‬
‪Followers‬
‪New age culture ‬
‪Utafumi‬

Twitter Dir en grey

« 6ème concert de la tournée 2020 This way to self destruction Europe, à Berlin en Allemagne! Nous sommes arrivés à Berlin, la capitale de l’Allemagne! Les murs rempli de graffitis autour de la salle créent une atmosphère unique. Aujourd’hui c’est le dernier concert d’Allemagne, soyons chauds! Heiß werden! »

Manager Fujieda qui adore le nutella

Interview Kyo ROCK AND READ vol.87

[Eh bien préparez vous un thé, je vous propose une petite lecture]

-Vous surprenez peu importe ce que vous portez. C’est incroyable.

Kyo; Ah oui? En fait c’est quelque chose que je voulais faire depuis un moment, je me suis dit que c’était le bon timing. Ce que je ne peux pas faire dans la vision du monde de DIR EN GREY, je le fais avec sukekiyo.

-Vous vouliez le faire depuis longtemps, est-ce une idée qui s’est développée au fil du temps dans votre imagination?

Kyo: J’ai fait un concert avec sukekiyo au Nakano Sun Plaza, on a fait une collaboration avec la marque de vêtements DRESSEDUNDRESSED, les vêtements pour le photoshoot viennent d’eux aussi, que ce soit les vêtements des membres sur scène où la performance des deux hommes masqués, on a tout imaginé ensemble.

-D’où est venue cette idée.

Kyo: Je me suis toujours dit que c’était bien que l’amour ait plusieurs forme. Il n’y a pas seulement l’amour entre un homme et une femme mais l’amour entre deux hommes, l’amour entre deux femmes. L’amour n’a pas de genre. J’avais cette idée depuis longtemps. Et c’est pourquoi j’ai voulu essayé de faire un photoshoot dans ce genre de vêtements.

-Est-ce différent du monde perverti? Vous avez déjà parlé de votre enfance dans « ROCK AND READ ». Quand vous étiez jeune vous avez vécu une expérience traumatisante concernant l’amour, on sent que l’amour a une grande présence en vous.

Kyo: Ça se pourrait. Chaque année il y a de plus en plus d’homosexuels dans le monde. Je pense que le Japon est juste en retard. Pourtant ce n’est plus aussi pertinent qu’il y a 10 ou 20 ans.

-Depuis 1 ou 2 ans le terme LGBT s’est popularisé.

Kyo: Oui. Je ne suis pas homosexuel mais je ne rejette pas du tout ces personnes. Au contraire, je les trouve toujours belles. Il y a un sentiment pur / véritable. Je chante à propos de différents amours avec sukekiyo. C’est pourquoi je ne m’y oppose pas.

-sukekiyo a débuté il y a 6 ans en 2013. Je l’avais déjà demandé à ce moment mais vous aviez ce concept il y a 3 ou 4 ans. Vous êtes resté sur le thème de l’amour depuis ce moment?

Kyo: Ça n’a pas augmenté jusqu’à maintenant, mais c’est vrai qu’il y avait beaucoup de chansons sur le thème de l’amour. C’est comme si ça allait plus loin et que ça se dispersait dans différentes directions.

-Quand vous avez commencé sukekiyo vous avez souvent dit que c’était différent de DIR EN GREY. A ce moment là vous aviez dit exprimer votre conscience féminine dans sukekiyo. La féminité ne peut-elle pas être exprimée dans DIR EN GREY?

Kyo: Non, ce n’est pas ça. Ça ne veut pas dire que les deux sont complètement différents. Cependant, la couleur et l’atmosphère des membres le rendent comme ça naturellement. Ce n’est pas différent mais si les membres de DIR EN GREY changeaient leur aura ou l’atmosphère des chansons qu’ils apportent, alors ce que j’apporte ou ce que j’exprime changera aussi. Si les membres sont différents, l’expression est aussi différente. L’atmosphère, le mode de chanson ou la vision du monde qu’apportent naturellement les membres de sukekiyo est énorme. C’est un peu différent chez DIR EN GREY. Mais on ne le ressent quasiment pas. Le son de la guitare n’est pas tout à fait le même chez DIR EN GREY et sukekiyo. Parce que la façon de la ressentir est différente. C’est comme être différent naturellement.

-Le style principal de DIR EN GREY dans la composition des chansons est que les membres présentent des idées et les assemblent. Lorsque sukekiyo a commencé Takumi a expliqué que les idées viennent de vous et a parlé des techniques utilisées pour les incarner. Est-ce que ça vous motive d’avantage à exprimer le monde qui se trouve en vous?

Kyo: Non, ce n’est pas ça. Je pense à la vision du monde dans les deux. Par exemple dans DIR EN GREY c’est bien sûr par les paroles mais aussi la vidéo du clip de The World Of Mercy dont j’avais parlé plus tôt, les lives, je pense à l’image entière. C’est pareil avec sukekiyo. Cette vision du monde, cette image, les transmettre aux membres dans une certaine mesure, quand je chante une chanson, pense aux vidéos ou à l’éclairage d’un live, l’image et la vision du monde se solidifient et s’incarnent. A ce moment il s’agit juste de donner un peu plus d’explications aux membres. C’est pourquoi sukekiyo ce n’est pas seulement moi, je ne suis pas en solo. sukekiyo est aussi un groupe.

-Vous ne contrôlez pas tout mais intégrez les pensées et idées de chaque membre et les fusionnez.

Kyo: Bien sûr. Pour la musique je n’aime pas être en solo. J’aime faire partie d’un groupe. Si j’étais en solo il n’y aurait que le chant et du piano, ou de la guitare et du chant, c’est tout ce que je connais. Après tout ça serait le son d’un groupe.

-Pour quelle raison tenez vous à ce point à être dans un groupe?

Kyo: J’y tiens parce que j’aime les groupes, tout simplement. Parce que j’ai pu entrer dans le monde de la musique avec un groupe. Il y a beaucoup de personnes de groupes qui chantent en solo n’est-ce pas. Mais ça ne me correspond pas. Ça pourrait être bien de faire les choses seul en tant que chanteur. Quoi qu’il en soit, je suis fait pour chanter dans un groupe. J’aimerai faire les deux en même temps. Je préfère les groupes.

-Faire un groupe avec des membres permanents.

Kyo: Oui oui, ça ne marche pas bien avec des membres temporaires.

-La motivation qui influence les membres et le fait que ça change en fonction des idées apportées et une bonne chose pour le groupe. Au commencement de sukekiyo le mot « apatride » musicalement parlant est ressorti.

Kyo: Oui, en effet.

– Était-ce un mot clé musical partagé par tous les membres?

Kyo: C’est vieux. Oui en effet. Au départ nous voulions toujours créer quelque chose qui n’existe pas. Bien sûr c’est toujours le cas mais maintenant on ne se fixe plus là dessus. Quand on ajoute le chant dans une chanson, quand tous les sons des membres se chevauchent, c’est une chanson qu’on ne peut nommer.

-Pensez vous que les autres membres voient sukekiyo d’une façon différente?

Kyo: Je pense. La direction à prendre, ce que je veux faire pour la suite, la couleur du son, ces idées viennent parfois de moi. Les membres y réfléchissent et les appliquent.

-Le premier live de sukekiyo était en décembre 2013. Je pense qu’il y avait une attente considérable de la part du public. Quand vous étiez debout sur scène, avez vous ressenti quelque chose d’étincelant ou quelque chose de différent?

Kyo: Je n’y ai pas vraiment pensé au fait que ce soit comme DIR EN GREY ou pas. Je suis resté dans les loges jusqu’à la dernière minute. Je n’ai pas pu changer ma façon de faire pour la première fois.

-Les performances live ont un sentiment grotesque. C’est rempli de chagrin et mélancolie.

Kyo: Aa, mais ça non plus je n’en suis pas conscient. C’est le pouvoir des chansons et des paroles. La mélodie et le chant qui naissent des chansons apparaissent naturellement. Je n’ai vraiment rien changé dans ma tête ou fait les choses différemment.

-Quand vous êtes sur scène vous préoccupez vous de ce que ressent le public?

Kyo: Pas du tout. Je ne m’en préoccupe pas une seconde. Si j’y pense ça devient commercial. C’est mieux d’être soi même. Devant moi il y a des fans mais je ne pense pas qu’il y a des personnes qui veulent se faire leur propre plaisir. Surtout chez les fans de DIR EN GREY et de sukekiyo. Je pense qu’il y a beaucoup de personnes qui aiment voir ce que nous faisons comme nous le voulons. Si ce n’est pas le cas ça n’a pas d’importance pour moi. Je pense comme ça depuis longtemps (rire). Si quelqu’un demandait de faire ce qu’il leur plait je penserais « après tout ce temps? ». C’est pourquoi je n’y pense pas du tout.

-Mais vous avez un autre endroit pour vous exprimer. Q’avez vous ressenti lorsque c’est devenu réel? Par exemple l’impression de cracher quelque chose qui s’est accumulé, vous purifier.

Kyo: Bien sûr. Mais il y a beaucoup de choses que je veux faire. Ça ne veut pas dire que ça se réduit en faisant sukekiyo.

-C’est ce que je pensais. En effet plus il y a de chansons plus les frontières se dissipent. Votre appétit créatif à toujours surpris les membres de sukekiyo. C’est pourquoi, on ressent que plus vous avez d’endroits où vous exprimer, plus vous vous éveillez.

Kyo: Je ne veux plus m’éveiller (rire). Ça me cause des soucis. Je n’ai pas assez de temps. Si je pouvais le faire sans aucune restriction, je le ferais sans cesse. Mais les membres de Sukekiyo sont aussi incroyables. Même si la sortie n’a pas été décidée, près de 6 chansons ont déjà été finalisées. Je ne sais pas quand ça deviendra un album mais on dit combien de chansons on collecte et ils m’envoient des nouvelles chansons. C’est pendant la tournée de DIR EN GREY. J’en avait reçu de la part du bassiste Yuchi quand nous avons fait le concert à Nagoya. J’avais reçu des arrangements des autres membres donc ça s’est empilé. A l’hôtel à Nagoya j’ai chanté des paroles temporaires tout en passant une chanson sur l’ordinateur, puis je l’ai enregistré dans mon téléphone et je l’aie renvoyée aux membres. J’ai fait la même chose avec d’autres chansons. Voilà comment je procède. Tout le monde travaille vite et veut faire plein de choses. Ils me répondent autant que possible alors je le fais aussi. Voilà comment nous composons les chansons.

– C’est les meilleurs conditions pour un groupe. Lorsque Sukekiyo a commencé, vous l’avez vu comme un projet très conceptuel.

Kyo: En effet. On dit que c’est différent mais cela a toujours été dit.

-Mais en vous écoutant on sent à quel point c’est libre.

Kyo: Oui, je me sens libre de lâcher prise (rire)

– Une des raisons qui rend le groupe conceptuel est la scène. Demander au public de venir dans des vêtements noirs. Maintenant ce sont des places debout mais au début c’était des places assises, c’était très pesant quand le public ne pouvait pas se lever et crier, c’était comme des funérailles.

Kyo: Je pense qu’il y a beaucoup de personnes qui ont fait des lives en interdisant de crier. Mais je n’ai jamais entendu parler d’un live où ça avait été respecté. Je voulais vraiment le faire au début, j’ai pensé que les funérailles étaient vraiment du sukekiyo et personnellement j’aime beaucoup ça. Vous n’avez pas besoin d’autre son que celui des membres. Nous essayons de garder le plus de personnes possible hors de la scène. Il n’y a presque pas de staff sur scène, les membres semblent pouvoir gérer. J’aimerais pouvoir prendre soin de ces parties essentielles à l’avenir mais je les enlève parfois et fait des lives où on peut faire ce qu’on veut. La dernière fois nous avions fait un live où on pouvait faire ce qu’on voulait mais personne n’a bougé. Certaines personnes criaient mais la majorité était silencieuse. Aa, oui, ça ressemble (rire). Il n’y a pas beaucoup de groupe avec un tel lien, je me suis demandé « est-ce que je peux en avoir un? ».

-Avant de commencer sukekiyo vous aimiez les troupes underground et GENET de AUTO-MOD était venu voir un live de sukekiyo. Il y avait en fait une performance live.

Kyo: Je ne connaissais aucun des membres de la troupe et je ne suis pas allé les voir. J’aime Banyuuinryoku mais je n’ai pas fait de recherche ou je ne me suis pas informé à propos d’eux. Au contraire, je ne veux pas étudier. Je veux exprimer ce sentiment comme s’il s’agissait d’un vrai corps, si je m’informe ou apporte des connaissances, ça restera dans ma tête et ça ressemblera à une imitation. D’un autre côté je n’aime pas voir quelque chose fait naturellement et penser à le refaire à l’identique. Je n’aime pas être attaché. Donc je ne veux rien apporter. J’aime ce que j’aime mais je ne fais pas de recherche approfondie. Je chante et bouge toujours aussi naturellement que possible.

-Je vois. Moins vous en savez, moins vous êtes attaché. C’est en 2015 que le premier concert avec le groupe de danseurs Banyuuinryoku a eu lieu. Je pense que la scène étrange et l’expressivité ont largement fait connaitre leur caractère distinctif qui est complètement différent des autres.

Kyo: Surement. Quel genre de réaction chimique se produira lorsque la vision du monde de sukekiyo s’ajoutera à la performance de Banyuuinryoku? Moi aussi je voulais le voir. C’est complètement différent maintenant mais je pense que ça serait intéressant d’avoir de plus en plus de réactions chimiques. N’est ce pas le plus amusant pour nous de nous dire « je me demande comment ça va se passer. C’est excitant » Si vous pouvez voir la forme complète ce n’est pas amusant. Quelque chose comme « ça sera peut être comme ça, comme je l’imaginais c’était comme ça, et donc?… »

-Je pense que vous voulez vous amuser de ce qui pourrait se passer car vous êtes pur / vrai.

Kyo: C’est pourquoi je ne suis pas si différent des fans.

-Quand vous partagez la scène avec les danseurs, on veut connaitre l’histoire qu’il y a derrière tout ça. Ça accentue l’intérêt. N’était-ce pas planifié?

Kyo: Même si c’était ça, ce n’est pas vraiment ce à quoi je pensais en le faisant. On fait seulement ce qu’on veux faire. Même si l’histoire est grand en quelque sorte, on n’ose pas donner de réponse complète. N’est-ce pas ennuyeux? Parce qu’il n’y a qu’une seule réponse. C’est pourquoi on peut y penser de différentes manières. et ne pas donner de réponse c’est un peu bizarre. Je ne veux pas que ça se produise. Les personnes pensent et détiennent des choses différentes, le vrai et le faux est également différent. Ressentir les choses naturellement, ce qu’on ressenti ces personnes est leur réponse. C’est bien comme ça. Quand les réponses de tout le monde se connectent, tout se disperse et c’est très bien. C’est pourquoi ce n’est pas ce que je visais mais si c’est ce que ça donne c’est très bien. Je ne pense pas avoir toutes les vérités donc je veux que vous ressentiez les choses librement.

-Mais les couleur de sukekiyo sont la tristesse. Ça ne prend pas direction heureuse.

Kyo: C’est la base. Je n’accepte pas les choses heureuses. Je me demande pourquoi. Je ne sais pas, je veux être heureux.

-Un vrai sentiment?

Kyo: Oui. Mais je ne peux pas. Avoir une telle personnalité. Je ne suis pas assez pur pour rendre les gens heureux (rire)

-Vous dites ça en riant (rire)

Kyo: Je pense que même s’il y a toujours des gens qui ont l’air heureux, ils portent forcément quelque chose de sombre. Mais bon, je pense que ça va si on se sent bien.

-Les personnes qui pensent comme ça ne veulent jamais être invitées à un mariage. Elles ne sont pas invitées.

Kyo: Hahaha! Mais peu importe qui est invité, je pense que 10% ou 20% sont inutiles. A la télé il y a des mariages et des nouvelles joyeuses. Non, ils ont l’air heureux mais ils prennent peut être des médicaments.

-Je vais jeter les journaux des arts du spectacle (rire)

Kyo: Si je ne pense plus comme ça je ne peux pas vivre. Peut-être que les gens qui sont 100% heureux peuvent célébrer le bonheur des gens à 100%. Je n’ai pas ça donc je ne peux pas me permettre de célébrer le bonheur des gens à 100% (rire). Je ne veux pas être considéré comme une bonne personne. Je suis comme ça. Je pense que c’est bien d’avoir une seule personne comme ça.

-Mais pourquoi? Vous savez que vous pouvez ne pas célébrer le bonheur des autres? Il y a des personnes qui ne se regardent pas et détournent les yeux de leur personnalité.

Kyo: Oui, il y en a. Je la vois. Moi je la vois. Je pense que je suis vraiment tout en bas. Je suis clairement tout au fond. Après tout c’est moi… C’est ma personnalité. Donc quand je parle à des gens on me dit souvent « n’est-ce pas plus amusant pour vous? » je ne pense pas du tout que ce soit le cas. La raison est le fait que je sois au fond tout en aillant beaucoup d’ambition. Il y a beaucoup de choses que je veux faire et elles sont connectées. C’est effrayant. Je ne suis pas toujours satisfait de ce que je fais. Quand je me dis que j’ai fait quelque chose de bien, le lendemain je me dis « c’est vide » donc je sens toujours que je ne suis pas satisfait. Et bien sûr quand je pense que ce que je fais est bien, je me dis toujours qu’une autre personne aurait fait mieux. C’est vraiment être tout au fond. Je pense que tout le monde est au dessus… à bien des égards. Quand les gens de l’entreprise me parlent et disent « ça doit être bien d’être vous » je trouve ça insupportable.

-Mais vous faites toujours des tournées mondiales à laquelle tout groupe aspire, et des festivals à l’étranger etc, ce n’est pas bien?

Kyo: Non pas moi. Il y a peut être des gens qui l’envient mais moi j’envie ceux qui ne font que des tournées au Japon. Je me dis « remplacez moi s’il vous plait ». Je ne veux pas aller à l’étranger. Si vous voulez nous voir, venez depuis l’étranger. C’est bas mais, pourquoi c’est moi qui doit y aller? Je sais que les étrangers veulent nous voir mais si c’est le cas, venez au Japon. Pourquoi c’est moi qui doit y aller? Je ne déteste pas les étrangers. C’est juste que c’est compliqué.

-C’est stressant de voyager à l’étranger.

Kyo: Le voyage aussi, avant d’aller à l’étranger [en Amérique] on a un entretient au Japon pour le visa. C’est ça qui est stressant. Je ne parle pas du tout anglais et on me demande en anglais des trucs comme « vous partez pour combien de temps? », « quel est votre profession, que faites vous? ». C’est que du stresse.

-Vous avez mentionné qu vous n’étiez pas satisfait mais vous avez probablement ressenti du plaisir la première fois que vous étiez dans un groupe et que vous vous êtes tenu sur scène, je pense que la performance live était satisfaisante.

Kyo: Tout a commencé à partir de là.

-Quand est-ce que ce sentiment d’insatisfaction a commencé?

Kyo: C’est depuis quand déjà. Au moment où j’ai commencé sukekiyo, avant ça je tournais en rond dans la musique, mais quand je suis sorti, quand j’ai pensé que tout allait bien le monde s’est trop élargi. C’est très grand. Aussi, écouter différents genres de musique est très stimulant. Je me suis dis « il y a un tel monde ». Même quand vous regardez un dessin / une peinture il y a beaucoup de sentiments. Quand je touche à ce genre de chose j’espère ne pas m’exprimer par la technique. Parce que je suis bas, c’est toujours embarrassant d’exprimer ce genre de chose pour quelqu’un qui n’a jamais dessiné ou prit de photo. Il y a beaucoup de personnes différentes, personne ne se ressemble. Si la personne crée naturellement, dessine naturellement, s’exprime naturellement, elle ne ressemblera pas aux autres, donc je me suis dis que c’était bien comme ça. Si vous n’avez pas besoin de technique le frein qui est en vous disparaît. Les choses que je veux faire se sont multipliées.

-Donc vous avez commencé à peindre, à prendre des photos, à faire des expositions etc, à vous exprimer de diverses façons.

Kyo: Oui. Je pense que c’est bien même sans talent. Ça me ressemble. Certaines personnes disent que ce n’est pas bien, peu importe la qualité de la peinture. Ou alors « je ne comprends pas trop mais c’est bien ». Ça dépend des gens. Ça me préoccupais et je n’ai pas pensé aux basiques ou à étudier à partir de zéro. En fait je n’ai jamais étudier le chant ou pris de leçon. Les professeurs de chants doivent penser que je n’ai pas les bases mais ça ne m’empêche pas de chanter. Je fais juste ressortir mes émotions. Dans beaucoup de travaux les émotions sont bloquées, si je peux les faire ressortir c’est bien. Le monde s’élargi quand on change notre position.

-Et en même le sentiment d’insatisfaction s’intensifie.

Kyo: C’est vraiment ça. Les choses que je veux faire tourbillonnent dans ma tête, et il y a aussi beaucoup de choses qui apparaissent d’un coup. Dès que ça flash je le fais. Quand je suis allé au bureau aujourd’hui j’ai parlé avec les employés en attendant, et quelque chose m’est venu en tête. Ça arrive comme ça. C’est arrivé deux ou trois fois pendant notre discussion. Ça arrive souvent. Je fais attention à ces flashs quand ils apparaissent.

-Chez sukekiyo et DIR EN GREY la vitesse à laquelle vous travaillez pour le chant, du début à la fin de la création, est surprenante.

Kyo: Je n’ai jamais vraiment comparé. C’est vrai?

-Les membres le disent souvent. Même si l’arrangement de la chanson n’a pas été déterminé en détail, l’enregistrement du chant est déjà terminé.

Kyo: Eh bien, oui en effet.

-Est-ce que c’est une information correcte!?

Kyo: Pour moi c’est normal. Je ne regarde pas la vitesse des autres. Il n’y a rien de spécial, c’est juste que je déteste être en retard. Je suis arrivé 0 minute avant l’heure. Je suis du genre à vouloir terminer ce que je veux faire le plus vite possible et commencer autre chose. Je rallonge rarement les concerts aussi . Même si je change de maquillage dans les loges, je reviens très vite près de la scène. Si vous pensez que l’attente pour le encore est longue, ce n’est pas de ma faute (rire). Je n’aime pas faire les choses lentement quand je peux les faire rapidement. Le temps est le même pour tout le monde mais il est limité. Selon la façon dont vous utilisez votre temps, tout peut changer, comme votre façon de vivre ou ce que vous pouvez faire. C’est pour ça qu’il y a des moments où le temps est précieux. Bien sûr il y a aussi des personnes qui créent de bonnes choses en prenant le temps de réfléchir, je ne le nie pas du tout. Mais chez moi ça vient d’un coup. C’est ma façon de faire, je ne peux pas la changer.

-C’est mieux d’exprimer quelque chose qui est apparu d’un coup, la qualité est meilleure.

Kyo: C’est vrai. Si je n’exprime pas ce qui m’est venu d’un coup c’est stressant. Je suis là « je veux faire ça, et ça… » je n’ai que ça en tête. Je suis déjà stressé.

-Nous avons tous le même temps mais, il y a longtemps, Tommy, le directeur de la compagnie a dit « Kyo n’aura pas une longue vie »……

Kyo: C’est horrible (rire).

-Parce que vous êtes du genre pressé.

Kyo: On me dit souvent que je suis pressé mais ce n’est pas le cas, pour moi tout le monde est juste lent (rire). Je suis normal, je ne me précipite pas. Je fais les choses normalement. De mon point de vue ce sont les gens autour de moi qui sont lents. Dire que je suis pressé est un malentendu.

-Je pense qu’il y a beaucoup de gens qui réduisent leur diversité musicale en vieillissant. Mais chez vous j’ai l’impression que ça augmente de plus en plus.

Kyo: Non non, pas du tout.

-Je pense que la musique que j’écoutais quand j’étais jeune était la meilleure, avec un champ de vision plus large. Les gens deviennent plus étroits.

Kyo: Aa, je comprends ce que vous voulez dire. Récemment j’aime écouter Madonna. J’avais commencé à écouter ces dernières années. Je n’aimais pas tellement.

-Vous n’écoutez pas ses derniers albums mais ce qu’elle a fait dans les années 80?

Kyo: Oui, c’est ancien. Le son cheap des années 80 est en moi maintenant. Je fais ce genre de demande aux membres. J’aime vraiment le son cheap de cette époque. Je me demande si je peux créer de bonnes choses avec sukekiyo avec ce genre de son. Mais je n’ai pas l’impression d’être si diversifié. Je n’écoute et ne m’informe pas tant que ça sur la musique. Je la sens naturellement.

-Le dernier album de sukekiyo est « INFINITUM ». Je pense que l’ampleur et la profondeur musicale ont atteint un niveau hors du commun. Il y a bien sûr du progressisme, de l’électro et des chansons délicates. Je sentais qu’il se passait quelque chose dans le groupe avec tous ces éléments.

Kyo: Les membres sont géniaux. Je trouve qu’ils sont géniaux, vraiment. Tout en faisant ce que je veux faire, je veux le faire de cette façon, ils arrivent parfaitement à introduire ce dont on a parlé.

-Quand vous dites que vous aimez le son cheap des années 80, avez vous une réponse immédiate?

Kyo: Oui oui. Les choses sont expliquées une par une, bien assimilées et prêtes. N’est ce pas un travail incroyable?

-Je pense que les choses que vous leur présentez sont différentes pour chaque chanson. mais est-ce qu’il vous arrive de leur présenter les choses d’une autre façon?

Kyo: Oui, c’est réciproque. Il y a une chanson dont je ne m’attendais pas. je me suis dis « hein, ça? » mais je l’ai ajouté dans la chanson. Et ça donne une bonne forme. C’est la chanson « dorothy ». Je me suis dis « on est arrivé jusque là, on le fait ». Takumi qui a composé la chanson l’a présentée comme un défi, quelque chose qui peut être intéressant à faire. Nous nous sommes amusés et sommes partis dans plusieurs directions.

-Est-ce que chaque membre continue de proposer des choses pour inciter ses collègues?

Kyo: Tout le monde propose des choses ensemble. Tu es allé là, alors je vais là. Oh tu es allé ici, alors je vais un peu plus loin. En empilant les choses comme ça, ça devient du sukekiyo. Dès que les propositions sont assemblées c’est du sukekiyo.

-La production est rapide mais saine.

Kyo: C’est ce que je pense. Je ne décide pas d’une date de sortie, je compose quand j’en ai envie et quand j’ai le temps. Au lieu d’étudier pour un examen, j’étudie sans qu’il y ait d’examen de prévu. C’est libre. Comme jouer quand tu veux jouer et étudier quand tu veux étudier. Et se dire finalement ça serait bien d’étudier. Comme « on s’en fiche des examens » (rire). C’est pourquoi même pendant la tournée de DIR EN GREY je recevais des nouvelles chansons de la part des membres. Même si la sortie n’est pas décidée.

-Ils savent que vous êtes occupé pendant les tournée donc ils envoient juste des chansons (rire).

Kyo: Non non, ce n’est pas un problème. Il y avait beaucoup de tension. Est-ce que je l’envoie à ce moment? C’est intéressant, n’est ce pas? Il y a une réponse tout de suite. Ce sont les meilleurs.

-Vous vous amusez aussi dans ce processus. Il n’y a pas beaucoup d’exemple de project band qui tiennent aussi longtemps, mais vous avez déjà passé 6 ans avec sukekiyo et tous les membres ont un appétit musical plus fort qu’au début.

Kyo: Tout le monde travaille en s’amusant, vraiment.

-C’est quelque chose qu’on ne pourra jamais enlever à sukekiyo, savez vous ce qui fait la base principale du groupe?

Kyo: Je ne peux rien dire. Il n’y a pas de mot pour le retranscrire. Mais il y a quelque chose. Il y a une ligne dans sukekiyo et nous pouvons faire les choses sans en sortir. Après tout, la base principale de sukekiyo se sont peut-être les chansons, ou l’atmosphère ou les sentiments qu’on ressent pendant les lives. C’est pourquoi on le fait naturellement. sukekiyo n’a rien de particulièrement féminin ou facile à comprendre. Cependant tous les membres savent quelle est la ligne de sukekiyo. Ça n’a pas été dit explicitement mais je pense qu’elle se ressent.

-Comment en parlez vous avec les membres?

Kyo: Tout le monde parle du son mais on ne parle pas vraiment de la forme dans son ensemble. Si c’est une vague image d’une chanson je dis « pour la prochaine j’ai ce genre d’image ». Je suppose que l’idée est de savoir comment chaque membre interprète ce que j’ai dit, le colorer et l’agrandi.

-Ça ressemble vraiment à un groupe. Enfin, je sais que c’est un groupe (rire).

Kyo: C’est un groupe et je suis vraiment libre. Parce que c’est fatiguant quand il y a des délais et des dates de sortie. Autant que possible, j’aimerais que les membres fassent les choses librement, je dis seulement que ça serait bien de sortir quelque chose dans l’année. Alors, quand chaque personne a le temps, on compose quelque chose. N’est ce pas la meilleure façon de composer? Sukekiyo travaille dans ce genre de tension. C’est pourquoi on fait parfois calmement des chansons inachevées en live. N’est-ce pas intéressant?

-Quand vous ne faisiez que DIR EN GREY, les mélodies et les paroles changeaient brusquement pendant les lives. Dans sukekiyo vous le faites aussi bien sûr, mais vous ajoutez également des nouveaux instruments qui change la perception de la chanson.

Kyo: Les autres membres sont aussi intéressés (rire). Wow, vraiment, comment tu fais ? Je le fais le jour des répétitions et si ça na va pas bien sûr je ne le fais pas. C’est un minimum, mais en général ça amuse tout le monde. Ça conduit finalement à la croissance de la chanson. Ça serait pas bien de le faire pour l’enregistrement ? Chaque fois que nous faisons un live les chansons changent. En fait j’ai toujours envie de faire un album après un live ou une tournée mais je ne peux pas, donc je fais les lives sérieusement en créant un environnement aussi proche que possible des membres. Je ne peux pas expliquer mieux que ça. C’est la même chose avec DIR EN GREY. D’après moi, je fais les deux très sérieusement. Je ne le fais pas comme un simple travail.

-Aussi, les lives c’est un endroit pour annoncer les compositions.

Kyo: C’est ça.

-Pensez vous que les lives sont un endroit pour la création?

Kyo: Oui. Je ne dis pas aux fans « on a composé cette chanson, écoutez là s’il vous plait ». On aime la jouer donc on la fait même si elle n’est pas complète.

-On se demande comment sera cette chanson au prochain live, bien que ce soit une chanson qu’on connait de l’album on espère un changement et une différence émotionnelle.

Kyo: Même si c’est un live on décide de la construction et du développement, la setlist ne change quasiment pas, ça augmente bien sûr le degrés de perfection. En tant que professionnel je comprends mais ça ne m’attire pas vraiment. En tant qu’être humain mes émotions sont différentes chaque jour. Quelque fois je me sens bien, quelque fois je me sens mal. Je veux les faire ressortir directement. Je veux toujours le faire de façon crue / brute. Je suis attiré par les choses déformées. A chaque fois que vous venez à un concert il n’y a rien d’identique. Bien sûr c’est comme ça pour la plupart des groupes mais, la distorsion est à chaque fois différente et plus grosse. Je me dis que c’est ce qu’est sukekiyo.

-Ce « ROCK AND READ » sortira le 25 décembre. Ceux qui le lisent vous verront quelques jours plus tard à Shibuya. Ce sera un live du nouvel an exceptionnellement rallongé.

Kyo: Je voulais faire un live de fin d’année mais je ne pouvais pas le faire si le planning de DIR EN GREY était complet. J’ai d’abord décidé du planning de DIR EN GREY et ensuite celui de sukekiyo quand je suis libre. C’est comme ça que ça a pu se réaliser. C’est bien de ne pas être heureux comme nous pour la nouvelle année.

-En plus c’est à Shibuya que les gens font du bruit sur le passage piéton.

Kyo: C’est Shibuya, mais c’est bien que des gens tout en noir se rassemblent et fassent encore plus de bruit. C’est bien qu’il y ait des gens comme ça. C’est une cérémonie d’ouverture, vous pouvez crier, vous pouvez être violent, vous pouvez faire ce que vous voulez, c’est nouvel an.

-Si c’est nouvel an vous pouvez faire ce que vous voulez, c’est une bonne façon de voir les choses (rire). C’est une fête libre.

Kyo: Oui. C’est bien d’avoir des jours comme ça. Parce qu’il y a aussi des jour où on ne peut pas bouger.

-Avez vous prévu de présenter des nouvelles chansons à nouvel an ?

Kyo: Nous allons faire un live en deux parties et nous présenterons une chanson à chaque fois. Donc il y a 2 nouvelles chansons. On peut le faire même si elles ne sont pas encore terminées. J’ai décidé quelles chansons jouer donc je les jouerai absolument.

-L’harmonie entre les membres lors de l’exécution des chansons en live se reflète également dans la chanson jouée, n’est-ce pas? Je pense que les personnes qui seront devant vous ce jour là deviendrons une illustration de clameur / vacarme. Cela pourrait-il changer l’harmonie des nouvelles chansons ?

Kyo: Oui, bien sûr. Jusqu’à maintenant le public ne bouge pas, ne crie pas, la seule réaction chimique est entre le son des membres et l’atmosphère de la salle. Dans cette cérémonie d’ouverture, ce qu’on fera sera impacté par la réaction du public, qu’est ce que ça donnera à l’enregistrement ? Je pense que ça va changer.

-Et une tournée a été décidée pour février prochain.

Kyo: C’est une tournée supplémentaire parce que je n’ai pas assez joué INFINITUM. Je ne sais pas combien de nouvelles chansons seront ajoutées mais je veux faire une nouvelle tournée de l’album car je ne l’ai pas assez fait et je voudrais montrer de nouvelles couleurs.

-La première date de la tournée sera le jour de votre anniversaire le 16 février.

Kyo: Oui, en effet. Je ne m’en soucis pas vraiment. Je le fais seulement pour les fans.

-Moi aussi ça m’intéresse. Vous ne voulez pas célébrer le bonheur des gens (rire) mais vous voulez fêter votre anniversaire.

Kyo: Aa, je célèbre finalement, je suis du genre à me dire « c’est l’année prochaine de toute façon ». Je vis avec l’idée qu’il n’y a rien qui dure toute une vie. Parce que c’est long ou court. Je dis « merci » tout en pensant que je ne serai plus là dans quelques années. Je suis honnête. Tout le monde devrait penser comme ça. On ne montre pas cette mauvaise partie parce que nous sommes des adultes (rire).

-Je suis confus (rire) Vous aviez vos jambes à l’air pour le photoshoot, vous aviez tous ces tatouages ?

Kyo: Ce n’est pas grand chose, je n’ai pas encore tout rempli.

-Même si vous dites qu’il n’y en a pas beaucoup, c’est un moyen de montrer que votre corps est une œuvre.

Kyo: Eh bien, oui. Mais j’y mets des tatouages seulement parce que je le veux.

-Vous n’êtes pas satisfait et vous en voulez plus ?

Kyo: C’est ça. C’est comme la coiffure, ça change tout le temps. Je me fatigue.

-Vous n’avez pas encore trouvé la forme idéale, vous questionnez vous sur ce que vous n’avez pas encore fait ?

Kyo: Il n’y a pas d’idéal. Pour dire les choses simplement, je voulais être beau. N’est-ce pas ce que tout le monde pense ? Mais je ne peux pas l’être (rire). Donc je n’ai pas d’idéal. Ce n’est pas une pensée positive que de détenir un idéal qu’on atteindra jamais…. (rire). Donc je me fatigue moi-même. Certaines personnes ont une vie difficile et ne peuvent pas gaspiller leur temps. Je veux avoir plus de temps. Mais je ne peux pas me le permettre parce que je ne suis pas satisfait.

-Quelle est la chose que vous voulez le plus maintenant ?

Kyo: Du temps. Aussi, je voudrais rester en forme sans dormir. J’ai supprimé le sucre. C’est comme un jeu qu’on endure depuis 3 mois avec les fans, ils disent qu’ils ne prennent pas de sucre. Ça m’énerve de me dire que j’ai supprimé une des choses chose qui me faisait le plus plaisir (rire). Bien que ça soulage du stresse.

-C’est différent que de se réprimander de façon stoïque. Même si ça a l’air stoïque c’est amusant tout en étant frustrant.

Kyo: Oui, en effet.

-Du côté de la musique, avez vous un peu économisé en créant un autre endroit d’expression avec sukekiyo?

-Bien sûr. Nous avons quelques albums, je ne veux vraiment pas être arrêté / restreins.