Interview sukekiyo Barks (17 mai)

« IMMORTALIS », le premier album du nouveau groupe de Kyo, sukekiyo, attire beaucoup l’attention. L’annonce de cet album a suscité beaucoup d’intérêt et de curiosité. Le groupe engendre alors un véritable engouement. Nous avons réalisé une longue interview avec les cinq membres du groupe mi-avril. Nous espérons que vous allez l’apprécier.

– Ce n’est pas intéréssant lorsqu’il y a un chemin déjà tout tracé
– Nous voulions faire quelque chose de bien (Kyo)

Vous attendez maintenant la sortie de votre album. Comment vous sentez vous ?
Kyo : Nous avions programmé ça il y a environ un an … Presque tout ce que nous avions plannifié s’est réalisé. Ca n’arrive pas si souvent. C’était amusant pour nous. Nous pensons que c’est aussi amusant pour les fans qui ont eu des détails et des informations petit à petit. Je pense qu’il y a un sens de construction. Nous sommes simplement heureux que tout ceci devienne bientôt concret.

sukekiyo semble avoir eu un début mystérieux. Nous ne savions pas qui était dans le groupe au départ. Que pensiez-vous à ce moment là ?
Takumi : Je faisais déjà parti du groupe depuis un long moment, alors j’attendais nerveusement. Je me disais « que va-t-il se passer ? ». J’étais censé le savoir puisque je faisais parti du groupe, mais je n’en savais rien. Nous avions un album terminé, mais aucun concert prévu pour le présenter. C’est alors que je me suis dit « Nous avons fait quelque chose de fou ! ». Je pense que c’est un album fou, et je suis nerveux à l’idée de jouer cet album en live. C’est pourquoi j’ai l’impression que nous avons tout juste fini « la préparation pour la préparation ».
Uta : Oui. C’est exactement ça, « la préparation pour la préparation ».
Takumi : D’une bonne façon, le concert n’a pas été complétement conceptualisé.
Yuchi : Nous n’avons pas joué beaucoup de chansons durant nos deux performances fin 2013. Nous avions terminé toutes nos chansons à ce moment là, mais nous avions décidé de ne jouer que quelques chansons qui représentaient le mieux notre projet.

Mais vous avez fait consciemment un effort pour garder les choses ambigües, n’est-ce pas ?
Yuchi : Ca s’est juste fait comme ça. Il y a quelques chansons que nous ne savons toujours pas comment jouer en live.
Uta : C’est un sentiment à la fois cool et stressant, mais c’est aussi très bizarre. Je n’ai jamais ressenti ça avant. Et bien, pour être honnête, je ne suis pas du tout nerveux (rire). Je n’étais pas si stressé que ça pour notre premier concert non plus …

Mais bien sûr vous ne prenez pas les choses à la légère, n’est-ce pas (rire) ?
Uta : Non, bien sûr que non (rire). Je pense que c’est l’atmosphère de ce groupe. C’est ce qui donne un sentiment bizarre.
Yuchi : Ah, ouais. Je vois ce que tu veux dire.
Uta : La présence de Kyo est quelque chose de vraiment énorme/impressionnant, mais dans un sens c’est confortable (rire). Nous devrions vraiment être stressés, mais nous sommes capable d’être nous même. Tout le monde dégage ce genre d’énergie, et Takumi nous rassemble (en une seule énergie).
Mika : Je pense qu’il y a ce genre d’énergie. C’est comme si nous étions constamment en train d’improviser. On improvise même quand on ne fait aucun bruit. Je pense que je vais faire l’expérience de choses que je n’ai jamais expérimenté auparavant.

Vous faîtes tous l’expérience de quelque chose pour la première fois. Vous avez beaucoup en commun. Beaucoup de groupes se créent un but et des thèmes quand ils se forment. sukekiyo n’avait pas de date limite ou de délai quand vous vous êtes formés ?
Kyo : Ce n’est pas intéréssant s’il y a déjà un chemin tout tracé ou un but. Nous voulions juste faire quelque chose de bien. C’est comme si nous avions de l’argile et que nous nous demandions ce que nous pourrions faire avec. Quand tu crée quelque chose de mieux que ce à quoi tu t’attendais, c’est là que tu es heureux d’avoir fait quelque chose. Nous n’avons pas commencé en prévoyant de faire précisemment telle ou telle chose. On était détendus et on l’a fait comme on le sentait [« à la cool », en gros].
Mika : Kyo nous fait confiance sur beaucoup de choses. Il nous donne des pistes et des conseils et nous laisse faire avec ça. C’est pourquoi c’est confortable, mais pas bâclé. Nous ne pouvons pas faire quelque chose d’intéréssant si nous ne rassemblons pas nos talents/compétences. C’est ça qui nous rend anxieux … Mais nous sommes vraiment libres de faire ce que nous voulons, et c’est excitant.

Un sentiment de confortabilité. Donc vous avez travaillé sans penser au résultat final ?
Kyo : Ouais. Je voulais qu’on fasse tout au feeling.

Se focaliser seulement sur le feeling pourrait en fait nuire au fait de terminer quelque chose. Des fois il est bon de savoir où on va. Ne vous êtes vous pas inquiétés du fait que vous ne pourriez pas être capable de créer quelque chose de cohérent ?
Uta : Non, pas avec ces membres du groupe. Nous avons chacun notre rôle, et nous le tenons d’une drôle de façon. C’est pourquoi quand je me sens coincé, je peux le déléguer (mon rôle) à quelqu’un d’autre (du groupe). Je n’étais pas du tout inquiet.
Yuchi : Ouais, il n’y avait aucune inquiètude. Une fois que nous avons réalisé le travail préparatoire pour une chanson, Kyo vient nous voir avec beaucoup de choses. Ca devient alors plus facile de voir ce que nous voulons faire de la chanson et quelle direction nous voulons lui faire prendre. C’était plus simple d’imaginer ce que nous voulions faire. Ca paraîssait ambigüe, mais en y repensant, j’ai dû suivre un chemin qui était tracé pour moi.
Takumi : Ce sentiment de confortabilité m’a sauvé. Je suis toujours très précis dans ce que je fais. J’y mets vraiment tout mon être et j’ai toujours cette impression que je peux tout faire à 100%. Kyo m’a beaucoup aidé pendant cette période. Uta dirait « c’est bien » en pensant que ça suffit à effacer mon sentiment d’insécurité (rire). Il y a eu beaucoup de moments comme ça, alors j’ai décidé de faire tout ce que je voulais.

Je les ai choisi parce qu’ils sont talentueux, et je ne voulais pas les restreindre. C’était comme « Faîtes ce que vous voulez ». (Kyo)

Je vois. Quand le groupe sera vraiment lancé, cela sera difficile à demander, alors il y a quelque chose que je veux confirmer maintenant. Quand Kyo vous a proposé ce projet, qu’en pensiez-vous ? Takumi, vous êtiez le premier, n’est-ce pas ?
Takumi : Plutôt que d’être invité à prendre part à un projet en tant que tel, c’était plus comme « Pourquoi ne pas faire de la musique ensemble ? ». D’une certaine façon, c’était la dernière chose à laquelle je m’attendais. Je me disais « Quoi ? Je jouerai de la guitare ? » (rire). Faire de la musique ensemble est la routine pour nous, mais sans ce genre de pensées, je me disais « Si j’y pense vraiment, c’est ce qu’il veut dire ! » (rire).

Pour faire court, il ne vous a pas directement demandé de créer un nouveau groupe.
Takumi : Exactement. Ca a commencé de la même façon quand Kyo a commencé à faire de la musique pour DIR EN GREY. En ce sens, c’était vraiment spontané.
Mika : Pour moi, après que mon groupe ce soit séparé (RENTRER EN SOI, Takumi en faisait égalemment parti), je travaillais sur des vidéos, et je jouais seulement de la batterie quand j’en avais envie. Ma relation avec cet instrument avait commencé à changer. Et ensuite j’ai reçu un email … Comment devrais-je dire ça ? Au début j’étais vraiment heureux, et c’était vraiment un grand honneur. J’ai naturellement été conscient du fait que je devais redevenir capable de créer quelque chose d’intéréssant et de haute qualité. Ca devait juste correspondre avec mon emploi du temps, et je ne voulais pas le (Kyo) laisser tomber, alors j’ai décidé de trouver un moyen de m’arranger pour que ça marche pour moi. Et là j’ai ressenti toute cette pression sur mes épaules. J’étais influencé par l’ouverture d’esprit de Kyo, ou son sentiment de liberté, et je pense que c’est une très bonne chose.
Yuchi : Au début, ils m’ont laissé écouté une démo de quatre chansons. Kyo et Takumi les avaient écrites, et cela m’avait laissé une forte impression. Personnellement, j’aime différents types de musique, même sans cela, je me suis dit « J’ai entendu beaucoup de choses comme ça, mais jamais au Japon ». J’ai trouvé que ça sera intéréssant à faire au Japon, et j’étais aussi honoré rien que par le fait qu’on me l’ai proposé, alors j’ai dit « Bien sûr ! ». Mais je pense qu’à ce moment, la forme qu’aurait le projet n’avait pas été décidé.

Alors c’était un peu comme, « Combien d’autres personnes vont nous rejoindre ? ».
Yuchi : Exactement. Et c’était aussi comme, « Quel genre de musique allons nous créer ? ». C’est aussi vrai maintenant, mais à ce moment, ce sentiment de total inconnu était excitant.

Et Uta vous a rejoint en dernier. Comme Kyo l’a dit dans le passé, quand il a écouté 9GOATS BLACK OUT (dont Uta faisait parti), il a dit, « La personne qui a écrit cette chanson est géniale ».
Kyo : Ouais. Et c’est comme ça que nous nous sommes retrouvés ensemble, de manière imprévue.
Mika : On s’est retrouvé là où je tournais des vidéos. J’ai retrouvé Uta grâce à quelqu’un qui travaillait avec moi.
Uta : Au début, j’étais bien sûr très surpris. Juste un peu auparavant, mon groupe s’était séparé et j’avais déménagé. Je suis allé dans une agence immobilière avec aucune idée du lieu où je voulais vivre, et quand j’ai décidé de là où je voulais déménager, je me suis en fait retrouvé pas très loin de la maison de Kyo (rire). Alors quand j’ai parlé avec lui, j’ai pensé « C’est parce qu’il m’appelait » (rire). Je pense que c’était quelque chose comme le destin. Ils m’ont d’abord laissé écouter une chanson appelée « elisabeth addict ». A ce moment là, il n’y avait pas de piano dans la chanson, mais quand je l’ai écouté, j’ai été complétement prit dedans. Je me suis dit, « Je dois faire ça ».

Vous avez été attiré pas parce que vous l’avez écouté avec l’oreille d’un auditeur mais avec l’oreille d’un musicien ?
Uta : Je l’ai écouté en tant que musicien. J’ai pensé « Je veux faire parti de ce projet ». Et le point de vue de Kyo me convient, étrangemment. Comme, « Je veux utiliser beaucoup d’instruments différents ». En fait, pendant un long moment j’ai voulu faire quelque chose sans jouer de la guitare. Par exemple, j’adore Radiohead, et les membres jouent chacun de plusieurs instruments, n’est-ce pas ? J’ai toujours voulu faire quelque chose comme ça, un « groupe qui ne fait pas comme les autres ». D’où ces questions et ce sentiment de chevauchement.
Yuchi : Il y a un sentiment de liberté, quelque fois. Le sentiment que nous ne sommes pas attaché à quelque chose.
Uta : Et Kyo n’avait pas décidé où il voulait en venir. Et c’était une raison de plus qui m’a donné envie de rejoindre le groupe. Donc pour moi, il n’y avait que des points positifs.

Pour faire simple, vous ne pensez pas que tel membre doit jouer tel instrument, vous pensez plus que vous êtes un groupe de personne qui fait ce qu’il veut et peut ?
Takumi : C’est ça. Je pense que c’est l’explication qui convient le mieux.
Kyo : Par exemple, pour la guitare, il y a des gens qui peuvent seulement jouer de la guitare, et je pense qu’il y a aussi des gens qui disent, « Seul ce genre de réglage est bon ». Mais quand nous avons tous parlé de comment nous voulions créer quelque chose d’intéréssant sans décider d’un genre, c’était comme, « Si nous pouvons faire quelque chose d’intéréssant, on peut faire ce que l’on veut ». Parce que nous voulions faire ce groupe avec un sentiment de fléxibilité, nous n’avons décidé de rien. Je les ai choisi (les membres du groupe) parce qu’ils sont talentueux, et je ne voulais pas les restreindre. Donc en général je ne leur dit rien. C’est comme, « Faîtes ce que vous voulez ». Mais s’il y a quelque chose qui sort un peu trop du cadre de sukekiyo, c’est le seul moment où je dirai, « C’est un peu différent » et je réajusterai. Je recherche un moyen de créer des choses avec la plus grande liberté possible. Si je les restreins, la raison pour laquelle je les ai choisi perd son sens. Et alors qui ils sont vraiment n’a plus d’importance.

Bien sûr, vous pourriez aussi décider de ce que vous voulez précisemment et rassembler les gens qui ont les compétences pour faire ce dont vous avez besoin, mais ce n’est pas ce que vous vouliez faire cette fois. Pour même aller plus loin, Kyo, vous n’aviez vraiment aucune idée de ce à quoi vous vouliez que l’album fini ressemble ?
Kyo : Exactement, exactement. Je pense que si le groupe n’est pas encore mieux que ce que l’on peut imaginer, ça n’a pas de sens, ou ce n’est pas un groupe. Ce n’est pas alors juste un travail en solo ? Quand tes idées changent et évoluent à cause de l’opinion et de la façon de jouer de tout le monde, et c’est comme « Wow, ça peut devenir quelque chose de tellement bien », c’est ce qu’un groupe est. Dans le but de tirer le meilleur de cette situation, j’ai essayé d’éviter de mettre des limites et de laisser tout le monde libre de faire ce qu’ils veulent … et tout remettre ensemble est mon travail.

Mais quand on vous dit de « Faire ce que tu veux », n’est-ce pas plus dur ?
Takumi : Si. (rire)
Kyo : Mais quand je lui dis, « Mets ça en solo », il ne le fait pas. Vraiment, pas du tout. Et il fera même des choses comme changer le tempo. (rire).
Uta: Hahaha!
Kyo : Des fois je me dis, « Est-ce que c’est une autre chanson ? ».
Takumi : Mais des fois c’est comme, « Mais c’est bon aussi, alors faisons ça ». Il y a toujours ce sentiment de synergie (association).
Kyo : Je pense que c’est intéréssant. Alors je n’arrête vraiment personne. Je ne dis même pas, « Ca dépasse trop les limites ».
Takumi : La seule restriction que nous avons eu, c’est la longueur du CD. (rire).
Kyo : J’ai vraiment pensé que nous allions devoir faire deux CDs. Pas l’actuel deuxième CD, mais vraiment deux CDs de nos chansons. Mais c’était un peu trop court pour faire deux CDs. Et nous devions donner aux gens la musique pour les remixs et les collaborations, alors à cause de ça, nous avons dû un peu nous dépêcher. Autrement, je voulais faire deux CDs d’une vingtaine de chansons chacun.

Si vous ajoutez ça à aux remixs et aux collaborations … Alors votre premier album serait soudainement devenu un coffret.
Kyo : C’était vraiment ce que j’avais prévu de faire. (rire).

C’est effrayant.
Takumi : C’est effrayant, en effet. (rire).
Kyo : Au final, nous n’avions pas assez de chansons, de toutes façons.

Nous voulions faire quelque chose de bien, sans égards pour le genre ou l’époque.
Nous avons été capable de combiner chaque personnalité de chaque membre, les compétences pour l’écriture des chansons, et la bizarrerie. (Kyo)

S’il vous plaît, parlez-moi de l’album. Premièrement, à propos de votre réaction et de l’actuelle situation.
Mika : Si nous devions faire un autre album, je pense qu’il serait complétement différent. Cet album exprime notre créativité actuelle. C’est ce que j’en pense. Je veux m’améliorer. J’ai été éclairé par beaucoup de nouvelles choses pendant ce processus. En y repensant, il y a eu beaucoup de choses qui allaient ensemble, mais c’est difficile de les décrire en un mot. C’était comme si nous improvisions, mais en construisant quelque chose en même temps. C’est ce que je pense à propos du processus.

C’est un enregistrement du processus d’enregistrement et du temps que vous avez passé ensemble. Et le projet achevé n’est pas vraiment le point final ?
Mika : Oui. En même temps, nous avons beaucoup apprit sur Kyo. J’étais vraiment impatient d’entendre l’album terminé.
Uta : C’est dur pour moi aussi de décrire ce processus en un mot. En un sens, cela m’a semblé fini. J’ai eu l’impression d’être prêt pour le projet suivant. Bien sûr, je pense que nous avons fait la meilleure chose possible à ce moment. Je suis confiant pour l’album, mais au final, c’est un enregistrement de ce qu’il s’est passé à ce moment là.

Que répondriez-vous à quelqu’un qui vous demanderez, « Tu joues dans sukekiyo ? Quel genre de musique c’est ? ».
Uta : Je dirais probablement, « Tu dois écouter l’album pendant deux ou trois jours de suite pour comprendre ». Je pense qu’il faut l’écouter toute la journée pour le comprendre. Honnêtement, je ne sais pas encore comment le décrire. Je suis mauvais pour ça. Je l’ai toujours été. Comme je l’ai dit tout à l’heure, c’est le meilleur de nous même à ce moment. Cependant, je pense ne plus être dans ce moment … En un sens, j’ai un peu peur pour ce qui arrivera après. Nous devons faire quelque chose d’encore mieux.
Yuchi. C’est vrai. Je n’y suis plus non plus (rire). Une partie de moi pense, « C’est déjà fini ?! ». Jusqu’à maintenant, créer des albums était très difficile. Ca prenait toujours beaucoup de temps, de l’énergie physique et mentale … C’était comme si je ne pouvais pas en voir la fin. C’est la première fois de ma vie que je me dis, « Wow, c’est déjà fini ? ».

Je suis sûr que vous avez mit toutes vos forces dedans.
Yuchi : Oui. Mais j’ai eu l’impression de ne pas m’amuser en le faisant. Je n’ai aucun souvenir d’avoir eu des difficultés. En écoutant les chansons de Kyo et Takumi la première fois, je me suis dit que l’album allait être intemporel. Ce n’est pas un album du 21ème siècle ou de 2014. Il existe par lui même/il est unique. Les Beatles et Pink Floyd avaient certaines choses comme des techniques d’enregistrement, des technologies et un contexte qui a seulement existé à leur époque. Même avec cette époque qui définit ces éléments, tu peux les écouter sans te dire que c’est « vieux ». Je pense que cet album est comme ça et pas rattaché à une époque. Bien sûr, chaque époque a son propre style et la mode te fait dire, « Oh cette chanson était populaire à l’époque. » Il y a beaucoup de chansons comme ça, mais je pense pas que ce soit le cas pour notre album. Peut-être que je suis partial, mais si j’aime quelque chose, je peux l’écouter pendant des années. Je pense que nous avons été capble de faire ce genre de CD.
Takumi : Je suis dans ce groupe depuis un moment, alors bien sûr je me suis dit « Oh, nous avons enfin terminé ! ». Je ne pouvais pas croire que nous avions vraiment fini. Beaucoup de temps s’est écoulé depuis la phase de conception initiale. J’ai réalisé que beaucoup de mon sang est dans ce projet. Bien sûr, je pense au prochain projet. Mais pour l’instant, je pense aux concerts et à comment nous allons jouer l’album en live. En fait nous avons des chansons que nous n’avons pas encore jouées ensemble. Comme le titre, « IMMORTALIS », je pense que nous avons fait quelque chose qui ne mourra jamais. Comme Yuchi l’a dit tout à l’heure, je ne m’intéresse pas aux tendances et à la mode non plus. Je veux écouter du Bach et du Mozart tous les jours (rire). Ils ont 200 ou 300 ans et ne sont pas passés de mode. C’est ce que je veux écouter en premier quand je me réveille le matin. Je pense sincérement que nous avons été capable de faire un album qui perdurera dans le temps comme ça. C’est pourquoi je me moque de savoir si notre album s’intègre en 2014.

Je pense que c’était assez inhabituel de parler de musique qui date d’il y a 300 ans quand on parle d’intemporalité !
Yuchi : Hahaha!
Takumi : Mais c’est comme ça (rire). Nous utilisons pleins de nouvelles technologies. Comme échanger Pro Tools files. Mais je sens toujours l’intemporalité dans mon coeur.

D’une certaine façon, vous avez fait un album (de musique) classique ?
Takumi : Oui. Il durera pour toujours. Il ne se finit pas maintenant, mais il ne changera jamais. Je pense qu’il sera le même pour toujours.

Kyo, ils disent des choses étonnantes.
Kyo : Vous avez raison (rire). Je voulais vraiment faire quelque chose qui n’avait aucun genre et aucune époque. Je voulais juste faire quelque chose de bien, et je pense que c’est ce que nous avons fait. Nous avons été capable de combiner chaque personnalité de chaque membre, les compétences pour l’écriture des chansons, et la bizarrerie. Je les ai tous choisi parce qu’ils sont dingues (rire).

Penez-vous tous la même chose ?
Mika : Je pense que c’est un sacré compliment (rire).
Takumi : Mais c’est dur à dire parce que nous sommes tous dingues.
Kyo : Et nous n’avons pas mit deux ans à faire ce CD. C’était comme, »‘C’est déjà fini ? ». Ce seul fait me fait dire que nous sommes dingues (rire).

Kyo est comme de la famille, peut-être comme un grand frère.
C’est comme s’il me connaissait mieux que je ne me connais moi-même. (Takumi)

Je ne dirai pas le contraire (rire). Mika, vous avez dit plus tôt, « J’ai pu voir les différents côtés de Kyo ». Quelles sont les choses que vous avez apprises sur lui ?
Kyo : Huh ? On va vraiment parler de ça (rire) ?

C’est une chance unique (rire) ! Ne vous retenez pas.
Takumi : Ahaha!
Mika : Il utilise différentes approches et différentes voix avec DIR EN GREY, et il en utilise des nouvelles avec sukekiyo. Par exemple, j’étais assez choqué quand j’ai entendu la démo pour « Hemimetabolism ». Je me suis demandé ce que ça allait donner en live. Il y a beaucoup de choses choquantes pendant la production de l’album. On se demandait quelque chose comme, « Quel genre de chant va-t-il faire ? ». Et il revenait avec des trucs fous. Alors bien sûr, après je disais, « Je veux jouer de la batterie d’une façon dingue aussi » (rire).
Yuchi : Il aurait tout accepté du moment que c’était intéréssant. Ca va peut-être paraître malpoli de ma part, mais il m’a encore fait réalisé à quel point il est savant à propos de la musique. J’imaginais qu’il faisait de la musique de manière plus émotionelle. En fait, tout a une raison, et il voit la musique sous tous les angles. C’est pourquoi il a un pouvoir si persuasif quand il met des paroles sur quelque choses. Tout a un sens.
Uta : Cela peut être problématique pour son image, mais il est comme un grand frère. Comme un frère aîné.
Kyo : Ahahaha!
Uta : Par exemple, il est très gentil quand il donne son opinion. J’ai en fait un frère plus âgé, et il est vraiment comme ça. C’est pour ça que c’est un peu … thérapeutique (tout le monde rit). Désolé, j’ai parlé de quelque chose qui n’a rien à voir avec la musique (rire).

Mais c’est en parti pourquoi cela est arrivé.
Uta : C’est vrai. C’est pourquoi il y a cette atmosphère. Pour être honnête, au début j’étais surpris par la différence entre Kyo sur scène et son comportement normal dans la vie. Il est vraiment intimidant sur scène, mais vraiment très gentil quand il n’est pas sur scène. C’est particulier. C’est le seul mot possible pour décrire ça.
Kyo : Hehe.
Takumi : Nous avons été ensemble pendant si longtemps, il est comme de la famille ou un grand frère (rire). Des fois c’est comme si Kyo me connaissait mieux que je ne me connais moi-même. C’est pourquoi je tiens vraiment compte de ses conseils sur tout. Il est souvent arrivé qu’il me dise, « Ca devrait être mieux si tu fais ça, n’est-ce pas ? ». Et je lui répondais « Comment tu le sais ?! ». C’est un peu effrayant (rire).

Kyo vous observe à travers une boule de cristal et vous protège.
Kyo : Hehe.
Takumi : Non, mais vraiment, on dirait (rire). Des fois j’ai l’impression qu’il me regarde quand j’écris des chansons. Quand j’ai des difficultés et que je me demande ce que je peux faire, il me transmet ce message « Tu devrais faire ce que tu aimes » (rire).

Peut-être qu’il peut dire à quoi les gens pensent quand ils travaillent.
Kyo : Oui. Ca peut paraître bizarre, mais je voulais travailler avec des gens honnêtes. C’est difficile de travailler avec des gens brisés. C’est plus facile de travailler avec des gens honnêtes.

Les gens brisés travaillent ensemble honnêtement sans restrictions. Peut-être que c’est comme ça que la musique a été crée. Avez-vous eu une nouvelle façon de chanter, en créant des mélodies, ou en écrivant des paroles qui ont été apportés par ce nouveau processus ?
Kyo : Hmm … Je n’ai jamais eu ça avec DIR EN GREY, mais récemment, mes paroles réunissent plus les gens. Elles sont plus humaines. Cet élément est nouveau.

De manière plus symbolique, par rapport à « l’amour » ? Si vous exprimiez l’amour avec DIR EN GREY, je pense que ce sera quelque chose de très profond et abstrait comme l’amour humain. Je pense qu’ici vous chantez un amour entre « toi et moi » (quelque chose de plus personnel et plus concret).
Kyo : Ouais, c’est vrai. Cette distance est différente. Je pense que j’ai été amené à ça parce que la musique appelle à ça.
Takumi : Mais nous n’avons jamais consciemment essayé d’apporter ce genre de paroles à la musique. Je ne pouvais pas imaginer quelque chose qui réunit comme ça à ce que nous faisions. Mais quand nous avons en fait fait cette chanson, et que Kyo l’a chanté … Son chant en tant que tel est une mélodie en plus de la musique.
Kyo : Hey hey (rire).
Takumi : Mais c’est vrai.

« Je pense que les gens qui ont été d’accord pour faire les remixs sont des gens qui pensaient que ce projet était intéressant. »
« Tout le monde s’est amusé et c’est comme ça que ça a prit forme. Et c’est pourquoi je pense c’est bon. » (Kyo)

Et à propos du deuxième CD, qui est inclue dans la version limitée de l’album. Il comprend des remixs et des collaborations réalisés par de grands artistes, mais aviez-vous décidé à l’avance qui ferait quelle chanson ?
Kyo : Non, nous avons donné à chaque personne trois ou quatre chansons qui étaient finies à ce moment là et nous les avons fait choisir. Mais au final, il n’y avait pas beaucoup de choix, bien sûr.

Votre tout premier CD était terminé, et au même moment vous avez aussi réalisé une autre interprétation de vos chansons. Je pense que c’est inhabituel pour un premier CD.
Takumi : C’est pourquoi c’était motivant. Bien sûr il y a une version complète et originale et la composition est comme, « C’est parce qu’il y a ce genre de relation (entre nous [sukekiyo]) que c’est c’est comme ça » ; mais quand j’ai écouté les remixs, j’étais surpris et je me disais « Ah, ils ont utilisés ces éléments là ? », ou « Oh, je comprends ». Parce que je suis une des personnes qui a créé la version originale, il y a un certain plaisir à pouvoir entendre ça. C’est comme être connecté à l’antenne de cette personne (qui a fait le remix). Et être capable de l’apprécier entièrement est notre privilège.
Yuchi : Il y a des moments où j’ai pensé, « Ah, avec cet arrangement, ça aurait été bizarre si l’original avait été comme ça », et aussi des moments caractéristiques des remixs où j’ai pensé, « Avec cet arrangement, on entend bien le chant de Kyo ». En ce sens, j’ai écouté avec l’oreille d’un auditeur, et à cause de ça, je pense que ça vaut le coup d’être écouté.
Mika : Il y avait clairement une partie de moi qui pouvait apprécier d’écouter normalement. Et il y aussi ce que j’ai écouté en travaillant avec eux (les personnes qui ont fait les remixs). Et tous les artistes sont mes aînés dans la musique, alors une partie de moi voulait analyser les chansons et pensait, « alors c’est comme ça qu’ils décomposent ».

C’était à la fois de la recherche et du plaisir. Qu’en pensiez-vous, Uta ?
Uta : Uh, pareil que les autres. (rire) Vraiment comme les autres. J’ai apprécié en tant que fan, et c’était aussi une expérience enrichissante … Juste ça.

Mais je pense que quand vous avez annoncé ces collaborations, les réactions dans le monde entier devaient être amusantes, surtout pour Kyo.
Kyo : Et bien, oui. C’est moi qui me suis le plus amusé … J’ai eu un sentiment d’auto-satisfaction. Mais je pense que ce que j’ai apprécié c’est aussi ce que les fans ont appréciés.

Dans le matériel utilisé pour l’album, Kyo a utilisé les mots « simple plaisir ». Le mot « plaisir » est parfois prit à la légère, mais parce que cela signifie aussi, « Est-ce que tout le monde s’est amusé, du plus profond de leurs coeurs ? ». Je crois que nous devrions penser au produit final comme ça aussi. Ceux qui font de la musique aussi.
Kyo : Ouais. Je pense que les gens qui ont été d’accord pour faire les remixs sont les gens qui pensaient que ce projet était intéressant, et j’ai été capable d’apprécier l’excitation de me demander ce qu’ils pourraient créer … et je pense que les gens qui les écouteront penseront la même chose. Et c’est pourquoi je pense que c’est bon.

En même temps, je pense que les mots cachent derrière cette idée que, « la musique créée par des gens qui n’aiment pas du plus profond de leurs coeurs et dont les auditeurs écoutent seulement par habitude ne peuvent pas être amusés et devraient être éliminés ».
Kyo : Ouais. Peu importe quelle est l’intention des gens qui produisent un travail, n’est-ce pas vraiment juste une forme d’amusement pour ceux qui l’écoutent ? Pour certaines personnes, il y aura des nuances profondes, mais pour celles qui ne ressentent pas la même chose, il n’y aucune différences avec la musique que l’on entend dans la rue. Alors dans une conversation de tous les jours, ces gens doivent dire, « Kyo fait quelque chose d’étrange ». Si tant que nous sommes vivants, notre musique devient un sujet de conversation, alors je pense que sukekiyo a un sens. A travers la musique, comme quand nous avons annoncé petit à petit qui nous avions choisi pour faire les remixs, à chaque fois cela devient un sujet de conversation et c’est une raison pour que les gens s’enthousiasme, n’est-ce pas ? Rien que cela a un sens. Alors c’est simplement de la musique, mais je pense que cela offre aussi quelque chose qui n’est pas simplement de la musique.

Juste à cause de ça, je m’amuse déjà assez, mais après les concerts qui été déjà décidés, vous avez une sorte de plan, n’est-ce pas ?
Kyo : Et bien nous avons des plans, de façon abstraite (rire). Nous sommes complètement en mode live maintenant, mais quand cela sera terminé, bien sûr une partie de nous dira « Et bien, qu’allons nous faire après ? ». Par ailleurs, à propos des prochains concerts, à Kyoto, nous voulons donner une performance devant des gens qui devront porter des vêtements de funérailles, et personnellement je pense que ça serait bien de faire ça tout le temps. Mais c’est un souhait égoïste (rire). J’aime beaucoup l’idée de tout le monde en noir, ne bougeant et ne parlant pas. Je ne veux pas forcer les gens à faire ça, mais je voulais essayer au moins une fois, alors j’ai décidé de faire ça cette fois à Tokyo.

Uh. Cette façon de penser est étrange (rire).
Kyo : Hahaha ! Chaque groupe peut faire comme il veut, et les fans de chaque groupe s’amusent, n’est-ce pas ? Mais je pense que ça serait bien si un groupe n’était pas comme ça. Même si d’un côté ça ne serait pas si excitant. Comme … Parce que ça existe déjà, ça serait bien que l’exact opposé existe. Je pense que c’est bien pour nous d’être absolument marginaux. Mais bien sûr, je veux que tout le monde soit libre de faire ce qu’ils veulent. C’est juste que mon désir égoïste est extrême (rire).

Pour faire court, vous dîtes, « C’est bien de participer à une expérience d’amusement non standard ».
Kyo : Ouais. C’est exactement ça.

 

Merci beaucoup à Mélissa pour la traduction!

sukekiyo

Deux dates japonaises ont été ajoutées:

Le 4 octobre à l’Akasaka Blitz à Tokyo

Le 16 octobre au Tokyo Kinema Club.
Cette dernière date est interdite aux moins de 18 ans. Il faut venir en noir, ne pas faire de bruit pendant le concert, éviter de rentrer ou sortir pendant le concert. Ça sera un concert filmé.